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Publié par Saoudi Abdelaziz

Danger sur la production nationale

 

par G. O. Le Quotidien d’Oran, 24 août 2011

 L'UGTA appelle le gouvernement à prendre des mesures urgentes «dans la perspective de la mise en œuvre du démantèlement tarifaire prévu par les accords d'association et la future adhésion de l'Algérie à l'OMC».

Elle lui suggère d'actualiser l'instruction n°1 du 7 janvier 1997 portant sur «la promotion de la production nationale.» Elle demande ainsi à Ahmed Ouyahia qui en a été le signataire, d'exiger des institutions de l'Etat et des entreprises nationales, toutes catégories et toutes activités confondues de consommer production nationale. La Centrale syndicale lui recommande en outre «à court terme» que les productions des céréales, du lait, du rond à béton, des médicaments de base «considérés comme productions ne nécessitant pas une maîtrise technologique importante et dont la consommation s'avère quasi inélastique, devraient faire l'objet d'une promotion rapide.» Ceci engendrera, selon elle, une réduction de la facture des importations de l'ordre de 12 milliards de dollars soit 10% du PIB et un équivalent de 300 000 emplois permanents. Le démantèlement tarifaire prévu par l'Accord d'association, doit selon elle, être progressif et lié et conditionné par un transfert technologique réel et un accès aux marchés internationaux. Elle réclame en parallèle «une évaluation régulière, notamment pour la production des industries automobiles du transport, de la pétrochimie, de l'industrie pharmaceutique, représentant environ plus de 10 millions de dollars. La réduction «de moitié»de ces importations permettrait, selon les estimes des experts de l'UGTA, de créer plus de 80 000 emplois permanents entraînant d'environ 1 point de croissance du PIB.» Comptant à partir de septembre 2005, date de l'entrée en vigueur de l'Accord d'association, elle estime que «le temps presse, il reste quatre ou cinq ans pour réagir positivement et préparer le démantèlement tarifaire pour les produits de large consommation.» A défaut, ce dernier «va avoir des effets très négatifs sur les industries qui ne sont pas préparées avec des pertes de parts de marché et d'emplois.» Pis, ce démantèlement va, dit-elle, priver l'Etat de rentrées d'argent «estimées par différentes sources à 65 milliards de dinars par an.» L'UGTA rappelle d'ailleurs les premiers résultats négatifs engendrés par les effets du démantèlement tarifaire. Elle note ainsi que les échanges commerciaux entre l'Algérie et l'Union européenne ont diminué de près de 10%. «La structure du commerce extérieur algérien ne cesse de changer au profit des pays asiatiques et au détriment de l'Europe,» est-il souligné. L'Algérie importait 66% de ses besoins d'Europe, aujourd'hui, dit-elle, ce taux avoisine 54% malgré la baisse des tarifs douaniers.»

 Elle relève à l'attention du gouvernement que «les requêtes émanant de l'OMC susceptibles de nuire à une branche de l'industrie ou de l'agriculture doivent être négociées en fonction des intérêts du pays.» Elle met en garde «l'Etat (qui) doit à tout prix résister à certaines pressions émanant de plusieurs pays membres ou groupes de pays influents au sein de l'organisation, l'UE et les Etats-Unis en tête.» Elle pointe du doigt notamment le groupe de Cairns que préside l'Autriche qui voudrait, dit-elle, arriver à un démantèlement des mesures protectionnistes prises par l'Algérie pour son secteur agricole ainsi que le volet énergétique.»

 L'UGTA prévient qu'une accession de l'Algérie à l'OMC dans les conditions actuelles signifie à coup sûr la mise à mort de la production nationale et une perte certaine de centaines de milliers d'emplois.»

Les 16 propositions de l'UGTA

par G. O.

 L'UGTA réclame l'interdiction «définitive» de la friperie et autres articles de bazar destinés à la consommation

Car, dit-elle, «chaque bateau qui débarque une cargaison de friperie, c'est une usine de confection qui est mise en difficulté.» Elle souligne en outre que «cette demande est motivée par des considérations de santé publique.» Les syndicalistes de Sidi Saïd soutiennent ainsi les réflexions de leurs experts par la formulation de plusieurs propositions de mesures susceptibles de sauvegarder et protéger l'entreprise nationale. Ils appellent à une réduction du taux actuel de la TVA pour les produits fabriqués par l'entreprise en question. «Ce qui stimulera la consommation,» pensent-ils.

La centrale syndicale souhaite l'instauration d'une TVA «plus lourde» sur les importations des produits manufacturés ou destinés à la revente en l'état.

L'aménagement des conditions de paiement de l'importation de matières premières et intrants destinés à la production nationale. Ce qui impliquerait une révision du dispositif du fameux Credoc et qui conduirait, dit-elle à «un allégement de la trésorerie et par conséquent à une plus forte production.»

Les syndicalistes demandent la relance du crédit à la consommation pour les produits fabriqués par les entreprises nationales dont le taux d'intégration dépasse 40%.

 Il est demandé en parallèle, «l'instauration d'instruments juridiques puissants de régulation pour un fonctionnement optimal de la sphère productive nationale dans les circuits commerciaux.» Avec en prime, la mise en place «d'une batterie de mesures attractives et préférentielles au profit des producteurs nationaux pourvoyeurs d'emplois durables et générateurs de produits qualitatifs.»

 Au titre de l'investissement, l'on pense que «l'ingénierie technique et financière d'un projet constitue la première difficulté dans la matrice d'un montage d'une entreprise de production.»

Pour y remédier, il est proposé le réaménagement et l'assouplissement des instruments juridiques qui affectent directement les porteurs de projets à la fois dans le circuit des relations avec l'administration qu'avec les banques.» Ce qui permet, est-il noté, d'anticiper sur la viabilité des projets et de leur bancabilité.

 L'UGTA semble s'inspirer du passé «socialiste» du pays et propose aussi la relance des coopératives de consommation «qui font partie de l'économie sociale qui a fait ses preuves dans le passé», en vue, dit-elle «d'acheter des produits locaux à travers la distribution à l'intérieur des lieux de travail.»

Elle appelle même au retour aux grandes surfaces de distribution à l'exemple des souks El fellah. Elle conseille pour cette fois de les créer en partenariat avec le secteur privé national. Ces entreprises commerciales constituent selon elle, un outil de régulation des prix de produits locaux et ceux subventionnés de large consommation. Ce qui faciliterait, ajoute-t-elle, la lutte contre les spéculations qui rongent le pouvoir d'achat de la population et constituerait un réservoir d'emploi tout en améliorant le ciblage des transferts sociaux de l'Etat.

Autre proposition, l'ouverture et l'organisation des marchés de gros des fruits et légumes «en vue d'atomiser les marchés et d'éviter le déséquilibre entre l'offre et la demande.» Encore un retour sur le passé, l'UGTA veut la réactivation de l'ancien OFLA (office des fruits et légumes algériens).

Pour cela, elle recommande l'ouverture de 10 marchés de gros pour 60 millions de dollars, 5000 places de vente sur les marchés de bétail pour 6 autres et 48 antennes de l'OFLA pour 16 millions de dollars. Le nombre d'emplois devant être créés dans la phase d'investissement est estimé au total à 2900 et durant la phase d'exploitation, il serait de 22 200 postes. Sans compter les 67000 qui seraient des emplois indirects.

 L'UGTA plaide par ailleurs pour l'ouverture et l'organisation de la filière viandes. «La filière des viandes est désorganisée,» juge-t-elle. Une création de 48 antennes d'un office de régulation et de commercialisation des viandes aura, selon elle, un impact direct sur les prix à la consommation, «et encouragerait la production nationale qui trouverait une régularité des débouchés des produits d'élevage et des produits laitiers essentiellement.» Les actions à entreprendre à cet effet se résument selon son diagnostic à la bonification des prix de vente, au soutien des aliments de bétail et à la subvention des équipements pour un montant global de 217 millions de dollars permettant la création de 147600 emplois. Elle ne manque pas d'appeler aussi, avec enquête à l'appui, au soutien de la production nationale du ciment et dérivés et à l'instauration d'une aide au logement en faveur des travailleurs à moyen et faible revenu.

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