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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) chargé de la fonction publique, Hafidh Hafidh, a déclaré le 31 décembre à Radio Kalima que le gouvernement devrait s’occuper des problèmes des travailleurs.

Concernant l’accalmie sociale demandée par Moncef Marzouki, Hafidh Hafidh a estimé que l’UGTT n’était pas en guerre et que le gouvernement devrait adresser des messages rassurants à tous les travailleurs.



Si des accords viennent d’être signés à la cimenterie de Gabès mettant fin à la grève qui durait depuis plus d’un mois, la situation sociale reste tendue, notamment dans la fonction publique. Dans un communiqué adressé le 31 décembre à l’opinion publique, au président de la République ainsi qu’au ministre de l’Intérieur, le bureau exécutif du Syndicat des forces de sécurité intérieures a dénoncé la politique « de marginalisation et d’indifférence » du ministère de tutelle en réponse aux appels incessants du syndicat, qui considère que « l’ancien régime est toujours au pouvoir au ministère de l’Intérieur ».

A la suite de ce mutisme des autorités, le bureau exécutif a annoncé qu’il répondrait favorablement à la demande de sa base : enclencher des protestations cycliques, signalées par un port de brassard rouge. Il prévoit, lundi 2 janvier, un mouvement de protestation d’une heure devant les sièges des forces de sécurité. (Source Radio Kalima)

 

 

 

Les objectifs et les orientations définis par le congrès de l’UGTT

 

La motion générale qui fixe les orientations de l’action future de la centrale syndicale UGTT a été adoptée au terme des travaux du 22 ème congrès qui s’est tenu à Tabarka du 25 au 28 décembre 2011. La motion note que La révolution du 14 janvier est une parfaite illustration du « refus par les Tunisiens des choix libéraux ».

 

La motion met en relief les objectifs suivants :

 

-La reconnaissance des droits de la femme dans la pratique pour qu'ils ne soient plus une lettre morte.

-Le pluralisme syndical qui ne saurait exister sans la volonté des travailleurs, loin de toute imposition ou diktat.

-L’exigence que la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme (LTDH) et les différentes composantes de la société civile soient impliquées dans l'élaboration des articles relatifs aux droits de l'Homme dans la nouvelle constitution afin de rompre avec la dictature et de jeter les bases de la démocratie authentique.

-L'espoir que la prochaine constitution de la République puisse instituer la souveraineté du peuple, à travers la séparation des pouvoirs et l'alternance pacifique au pouvoir afin de répondre aux aspirations du peuple tunisien et de placer la Tunisie dans le concert des nations développées qui jouissent de la liberté, de la démocratie, de l'équité et d'une vie digne, et d'en faire un pays ancré dans son identité arabo-islamique, tout en restant ouverte sur les valeurs universelles.

- Garantir les droits des martyrs de la révolution et de leurs familles ainsi que des blessés, avec la création d'une institution chargée d'assurer leur encadrement, où toutes les régions et les organisations de la société civiles concernées sont représentées, soulignant le besoin de réhabiliter "toutes les victimes de la répression et de l'oppression depuis l'indépendance jusqu'à aujourd'hui", et de réactiver l'amnistie générale.

-Poser la problématique de la période des années 50 de l'histoire de la Tunisie et, tout particulièrement, le rapatriement des documents tunisiens des archives françaises afin d'ouvrir les dossiers et de suivre les différentes affaires aux plans académique, juridique et de recherche, au premier rang desquels figure l'assassinat du leader Farhat Hached.

 

Les orientations économiques et sociales préconisées

 

Les congressistes de Tabarka soulignent dans la motion générale que la révolution du 14 janvier est venue traduire de manière significative la fragilité du système économique adopté par l'ancien régime, système fondé sur un schéma de développement inefficace.

La révolution du 14 janvier est aussi une parfaite illustration du refus par les Tunisiens des choix libéraux qui n'ont cessé de creuser les écarts et les disparités entre les régions et de générer des difficultés supplémentaires pour les entreprises nationales, provoquant ainsi une crise d'emploi.

Aussi, les congressistes font-ils part de leur fierté de la dynamique que vit la Tunisie post-révolutionnaire, dynamique qui a permis à l'organisation ouvrière d'aller de l'avant sur la voie de la réalisation des acquis historiques, à travers la suppression de la formule de la sous-traitance dans le secteur public et l'identification de solutions alternatives aux catégories sociales démunies, en plus de la révision du pouvoir d'achat des salariés dans le cadre de la responsabilité, tout en prenant en considération les spécificités de la conjoncture nationale.

Ils considèrent, en outre, que la situation économique dans le pays commande d'unifier les rangs au service de la Tunisie loin des calculs politiques étriqués et des tentatives d'atteinte à la réputation de l'organisation syndicale en lui imputant, à elle seule, la responsabilité de la détérioration de la situation.

Ils soulignent que l'UGTT "était, demeure et restera à jamais" une force de militantisme et d'édification pour un avenir meilleur de la Tunisie.

Les congressistes indiquent que l'attachement de l'UGTT à raffermir ses relations avec les différents partis politiques, organisations et associations ayant en commun les mêmes principes et objectifs, s'inscrit dans le droit-fil de son rôle d'appui à l'action de la société civile, l'objectif étant de développer la vie politique de manière à contribuer activement aux débats sur les choix de développement et partant, réaliser les aspirations du peuple tunisien.

Dans cette motion, les congressistes expriment leur souhait de voir le nouveau gouvernement adopter une politique d'emploi aux contours clairs à travers la révision du système des relations de travail, l'instauration d'un dialogue social constructif et responsable et la promotion de la région au statut de pôle actif de développement en lui conférant davantage d'autonomie.

Ils plaident en faveur de la révision du code d'incitation aux investissements, appelant à édifier une économie nationale fondée sur la protection de l'investisseur national, loin de toutes les formes de spéculation, et à mettre en place un cadre législatif idoine et un climat d'investissement transparent garanti par une justice indépendante qui exerce sa mission, loin des milieux politiques et financiers.

 

Source : Tunis Afrique Presse (TAP)

 

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