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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Manifestation de familles de disparus en septembre 2012 à Tunis- Crédit image : Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux

DR-Manifestation de familles de disparus en septembre 2012 à Tunis

 

 

Retour sur le drame du naufrage du 6 septembre :

 

A Jelma des familles toujours sans nouvelle des disparus

 

 

Par Sana Sbouaï

 

 

En fin d’après-midi le 6 septembre 2012 une embarcation qui transportait près de cent cinquante personnes en partance de la région de Sfax et en direction de Lampedusa, faisait naufrage près du l’îlot de Lampione. Cinquante six personnes avaient la vie sauve, mais près de quatre-vingts autres ont été portées disparues. Jusqu’à aujourd’hui, soit plus de cinq mois après le drame, les familles sont toujours sans nouvelle de leurs proches. Rencontre à Jelma avec les familles de trois disparus.


Entre Kairouan et SidiBouzid, il y a Jelma, une ville où à force de voir les voyageurs passer les jeunes ont eux aussi envie de partir, même si ils ne manquent de rien : « Ils ont à manger, ils ont un toit, mais ils ont envie d’aller voir cette Europe dont tout le monde parle » raconte le père d’un des trois disparus de Jelma. Sont-ils arrivés de l’autre côté ou se sont-ils noyés quelques part près du l’îlot de Lampione aux alentours de Lampedusa ? Les familles ne savent pas et n’en peuvent plus d’attendre une réponse.

 

« Qu’ils soient morts ou vivants, nous l’acceptons, c’est la volonté divine. Tout ce que nous voulons c’est une réponse » explique Hassan. Il cherche son frère. Depuis des mois. Leur mère n’a pas dormi et refuse de se nourrir depuis des jours. Rafik Hamdi, le fils, le frère, a disparu lors du naufrage qui a eu lieu dans la nuit du 6 au 7 septembre 2012 au large de Lampedusa.

 

Rafik n’est pas seul a avoir disparu. Ils sont près de 80 personnes, le chiffre exact reste inconnu puisque personne ne sait vraiment combien de personnes sont parties. Entre le 5 septembre au soir et le 6 septembre très tôt le matin, une embarcation aurait quitté la région de Sfax avec entre cent et cent cinquante personnes à son bord dont trois femmes et un enfant âgé d’entre 5 et 8 ans.

 

Après ? Le moteur tombe en panne, un mécanicien vient, à bord d’une autre embarcation, réparer le moteur. Une quinzaine de personne serait repartie avec lui.

 

L’embarcation continue son chemin. Un navire de la garde nationale tunisienne croise le bateau. Puis un bateau de pêche. En fin d’après-midi le 6 septembre le bateau des migrants commence à prendre l’eau. Vers 17h, heure tunisienne, un appel de détresse est passé aux secours italiens. Au bout d’une vingtaine de minutes les passagers auraient commencé à se jeter à l’eau.

 

Les secours se sont organisés, une motovedette et un hélicoptère ont commencé à patrouiller aux alentours du rocher de Lampione, distant d’environ 17km de Lampeduse. Les premiers survivants sont retrouvés en mer par un navire allemand vers 2h du matin. Puis vers 3h30 les secours seraient retournés à Lampione où ils auraient trouvé des survivants.

 

Vers 6h du matin heure italienne, un autre survivant aurait été secouru par hélicoptère et ramené à Lampedusa. Vers 11h du matin, heure italienne, les secours italiens ont lancé un second appel à la vigilance et à l’assistance immédiate de naufragés aux environs de l’îlot de Lampione.

Quatre corps seront retrouvés suite au naufrage. Un seul d’entre eux sera identifié. Le bateau est introuvable.

Les autorités italiennes ont dressé une liste des survivants. Ils sont 56 personnes. Les autorités tunisiennes se sont contentées de reprendre cette liste que le ministère des Affaires Etrangères italien a publiée.

 

 

 

Sana Sbouaï, 14 février 2013. nawaat.org

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