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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le Caire : R. Ghannouchi félicite M. Morsi

 

 

Entre la Tunisie et l’Egypte, lorsqu’on regarde la vie politique, la ressemblance semble s’arrêter à la victoire par les urnes de partis islamiste de tendance Frères-musulmans.

 

Les différences sont importantes. En Egypte le parti islamiste au pouvoir faisait déjà partie, avec des hauts et des bas, de l’establishment politique, économique et judiciaire pendant le règne de Moubarak, ce qui n’est pas le cas en Tunisie où Ennahad avait été, pendant des décennies, impitoyablement reprimé par Benali, et son chef condamné à l’exil.

 

Le pouvoir chargé de superviser la gestion du pays et l’adoption d’une nouvelle constitution n’a pas la même structure dans les deux pays. En Egypte, les Frères musulmans contrôlent seuls le législatif et l’exécutif. En Tunisie, c’est la Troïka, une coalition regroupant Ennahda et deux partis républicains (eux aussi exclus sous Benali) qui assure la transition jusqu’aux prochaines élections législatives et présidencielles de l’été 2013.

 

La différence entre l’Egypte et la Tuinisie est encore plus nette dans l’organisation des forces principales de l’opposition. En Egypte, face à l’hégémonie exclusive des FM au parlement et dans l’exécutif, on trouve en plus du parti salafiste, un Front national hétéroclite constitué autour de l’ancien fonctionnaire international El Baradeï, regroupant des personnalités issues de l’establishment de l’ancien régime, des Frères musulmans dissidents mais aussi des partis de gauche ayant soutenu à la présidentielle la candidature du « nassérien de gauche » Hamdeen Sabbahi.

 

On ne retrouve pas cette configuration dans l’opposition en Tunisie. Face à la Troïka, deux fronts distincts se sont constitués en prévision des élections législatives et présidentielles de l’été 2013: d'une part le Front populaire, à gauche, dans lequel les communistes sont actifs, d'autre part l’“Union pour la Tunisie”, nouveau front politique et électoral créé mardi dernier autour de Béji Caïd Essebsi, l’ex-premier ministre issu de de l’ancien establishment. Signe de la vivacité de la future bataille électorale, Imed Daimi, le directeur de cabinet du président Marzouki  a commenté sur le vif la naissance de ce nouveau front :“L’accord signé aujourd’hui entre Nidaa Tounès, Al Joumhouri et Al Massar constitue une remise à jour du front du 13 janvier 2011, qui avait donné lieu au premier gouvernement de Ghannouchi et qu’on peut résumer dans l’équation suivante : le parti du RCD sans Ben Ali, associé à certains hommes d’affaires ayant peur de la révolution pour leurs intérêts, à des intellectuels pleins de haine idéologique et à des partis démocratiques qui ont privilégié les intérêts partisans et les calculs électoraux pragmatiques”.

 

 

Synthèse blog, 1er février 2013

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Commenter cet article

Safiya 01/02/2013 23:09

L'autre ressemblance entre la Tunisie et l'Egypte est que l'armée de l'une comme de l'autre (toutes deux subventionnées par les Etatsuniens, selon l'article : Mali : une guerre peut en cacher une
autre, par Thierry Meyssan sur www.voltairenet.org) se soit bien gardée d'intervenir avant que Moubarek pour l'une et Ben Ali pour l'autre ne soit tombé...