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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR-Ali Larayedh à propos de la violence salafiste :

« C'est aujourd'hui le plus grand danger pour la Tunisie"

 

 

 

 

 

Ali Larayedh, premier ministre tunisien, un islamiste stigmatisé par les salafistes

 

 

 

 

Par Isabelle Mandraud

 

 

Désigné par son parti, Ennahda, pour succéder à Hamadi Jebali, démissionnaire, cet ancien ingénieur de la marine marchande âgé de 58 ans, originaire de Médenine dans le Sud tunisien, dispose désormais de quinze jours pour former un nouveau gouvernement et tenter de sortir le pays de la crise politique aiguë dans laquelle il se trouve, exacerbée par l'assassinat politique de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, le 6 février.

 

 

"Hommes et femmes sont égaux en droits et en devoirs"

 

 

"Le nouveau gouvernement sera celui de tous les Tunisiens et Tunisiennes compte tenu du fait qu'hommes et femmes sont égaux en droits et en devoirs", a déclaré, vendredi, M. Larayedh, depuis le palais de Carthage, où sa nomination a été acceptée par le président Moncef Marzouki. Apaisante à dessein, la référence à l'égalité des sexes n'est pas fortuite dans un pays en proie à de vifs débats entre islamistes et laïques.

 

Visage austère derrière ses montures de lunettes, Ali Larayedh est avant tout un pragmatique sincère, ouvert au dialogue, au sein du parti islamiste Ennahda.

 

Arrêté une première fois en 1987, condamné à mort, puis gracié, puis à nouveau arrêté dans des conditions épouvantables, torturé dans les geôles de Ben Ali, l'homme, asthmatique, a passé des années privé de lecture, de soins. "J'ai utilisé au mieux ma raison...", avait-il pudiquement raconté au Monde lors d'une première rencontre au lendemain du soulèvement tunisien, en janvier 2011.

 

 

L'opposition dénonce le laxisme de la police

 

Un mois après, il portait la première demande de légalisation officielle d'Ennahda au ministère de l'intérieur. "C'est la première fois que j'en ressors au bout de vingt minutes...", ironisait-il. Dix mois plus tard, en décembre 2011, il s'y asseyait dans le fauteuil de ministre, sans esprit de revanche, même quand, partie de son administration qu'il ne maîtrisera jamais vraiment, une ignoble vidéo, montée pendant ses années de prison, sera de nouveau diffusée contre lui.

 

Au fil des mois, au fur et à mesure que la situation se tend en Tunisie, Ali Larayedh devient l'un des ministres les plus controversés du gouvernement dominé par Ennahda. L'opposition dénonce le laxisme de la police pour prévenir l'attaque de l'ambassade américaine le 14 septembre 2012 (4 morts parmi les assaillants), les émeutes durement réprimées à Siliana en novembre 2012, où les forces de sécurité ont utilisé des fusils de chasse, le saccage des locaux de partis et syndicaux sans réactions...

 

 

"C'est aujourd'hui le plus grand danger pour la Tunisie"

 

 

Mais c'est à l'opposé de l'échiquier que les mots les plus durs ont été prononcés à son encontre. Le 18 septembre 2012, dans un prêche à la mosquée Al-Fatah, en plein cœur de Tunis, le chef du groupe salafiste Ansar Al-Charia, Abou Ayad, recherché après l'attaque de l'ambassade américaine, s'en était pris vivement au ministre de l'intérieur. Ali Larayedh est l'un des rares responsables du parti islamiste à avoir pris fermement position contre la violence des djihadistes.

 

"Ils représentent un risque contre lequel aucun pays n'est vraiment immunisé. C'est aujourd'hui le plus grand danger pour la Tunisie", avait-il déclaré au Monde en mars 2012. Ajoutant, ce qui lui a valu par la suite les foudres d'une partie de sa propre famille politique : "Si besoin était, je rétablirai les visas pour les prédicateurs étrangers."

 

Isabelle Mandraud, 23 février 2013. Le Monde.fr

 

 

 

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