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Publié par Saoudi Abdelaziz

Hier, le journal Le Monde titrait « En Algérie, une course pour contenir la colère » un article d’Isabelle Mandraud qui écrit : « C'est une course de vitesse. L'Etat algérien distribue une partie du produit de la rente pétrolière pour contenir le mécontentement social, mais voit fondre presque aussitôt le résultat escompté sous l'effet de l'inflation. Avec, pour les autorités, cette hantise croissante de ne pas se laisser entraîner dans un "printemps arabe" qu'elles ne maîtriseraient pas ».

 

Analysant le contexte de la Tripartite Le Monde note : « Après avoir augmenté les salaires de nombreuses catégories professionnelles, dans des proportions défiant toute concurrence, les autorités algériennes continuent de mettre l'accent sur le pouvoir d'achat ». Cet article nourri de témoignages d’« experts » a été publié la veille de l’annonce des résultats de la réunion entre les partenaires sociaux et le gouvernement et semble annoncer de nouvelles concessions en faveur des salariés. Qu’en est-i l au final ?

Aujourd’hui, analysant ces résultats Yazid Alilat écrit dans le Quotidien d’Oran : « Cela sonne comme un flop. Pour les travailleurs, cela peut être vécu comme une déception de plus ».

Dans le même journal, M. Saadoune note : « Ceux qui «gagnent» le plus à ces augmentations sont les managers des entreprises publiques, dont le salaire est indexé au SNMG. Pour le bas de l'échelle, les évolutions du salaire minimum sont fortement contenues par les effets de l'article 87 bis de la loi relative aux relations de travail. Par cet article, les augmentations du salaire minimum ne concernent pas le seul salaire de base mais incluent les indemnités et les primes. Du coup, la hausse de 3.000 dinars n'a rien de mécanique. Les entreprises qui ont des salariés payés actuellement 17.000 dinars, primes et indemnités comprises, n'auront que 1.000 dinars à ajouter pour «se mettre en règle». L'article 87 bis limite en définitive les effets d'une augmentation du SNMG minimum pour les bas salaires ».

 

Nabila Amir écrit dans El Watan, au lendemain de l’annonce des mesures: « La majorité des dossiers inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre, censée être exclusivement sociale, n’ont pas abouti. L’UGTA, qui tablait sur un SNMG à 20 000 DA la veille de la réunion, s’est contentée finalement d’une très maigre augmentation : 20% seulement, soit 3000 DA de plus qui n’auront, selon les observateurs, aucun effet sur le salaire du simple travailleur.

Le nouveau salaire minimum garanti passera, à partir de janvier 2012, à 18 000 DA au lieu de 15 000 DA actuellement. C’est l’unique décision de cette tripartite. Aucun accord n’est à signaler pour les autres des dossiers, en particulier celui de la révision des pensions de retraite ; le dossier a été confié à un groupe de travail. L’UGTA n’a pas non plus gagné la bataille de l’annulation de l’article 87 bis du code du travail, comme elle n’a pas obtenu la réduction de l’Impôt sur le revenu global (IRG). »

 

Le même jour, Liès Sahar, toujours sur El Watan, écrit dans son éditorial : « Tous les observateurs ont noté que cette tripartite a été surtout profitable au patronat et à l’entreprise privée. La satisfaction était perceptible dans les déclarations des représentants des organisations patronales ».

 

Dans Le Soir d’Algérie qui titre : « l’Empreinte du patronat », Abder Bettache affirme : « Pour la deuxième fois consécutive, soit en deux réunions de suite (mai et septembre 2011), le patronat est sorti grand «bénéficiaire » des recommandations de la tripartite, tenue jeudi et vendredi. Cette dernière, qui était censée être dédiée aux questions sociales, n’a rien apporté de particulier ».

Nouria Bourihane va dans le même sens dans Le Temps d’Algérie : « Annoncée en grand pompe comme un rendez vous dédié à la situation sociale des travailleurs, la réunion tripartite (gouvernement, UGTA - patronat) n'a pas été porteuse de grandes décisions qui puissent avoir un impact direct sur le pouvoir d'achat des travailleurs. La hausse du salaire minimum national garantie (SNMG) à 18 000 dinars à partir de janvier prochain n'aura aucun impact sur les salaires des deux millions de travailleurs algériens des secteurs public et privé ».


Quant au journal Liberté, traditionnellement favorable aux intérêts du patronat, son éditorialiste Omar Ouali n’est pas surpris des résultats : « Les deux revendications qui étaient de nature à impacter positivement les revenus de tous les salariés, en l’occurrence la baisse de l’IRG et l’abrogation du fameux article 87 bis, sont passées à la trappe (…). En revanche, les patrons ont quelques raisons de se montrer satisfaits eu égard aux décisions de la tripartite d’améliorer l’environnement économique de l’entreprise. »

Article du Monde: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/09/30/

 

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