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Publié par Saoudi Abdelaziz

Analysant les événements du M'Zab, survenus après ceux de la nouvelle ville Ali Mendjeli à Constantine, Abderrahmane Hadj Nacer s'interroge ce matin dans El Watan:  "Comment se fait-il que dans un pays où une partie plus que substantielle du budget de l’Etat est consacrée aux forces de sécurité et malgré les nombreux recrutements, elles n’interviennent pas quand il le faut et à temps ? Il conteste la validité de l'explication de la "main de l'étranger" mais estime que la "tribalisation" de la société mise en oeuvre en Algérie obéit à une "logique internationale".

 

 

 

 

        DR                 

 

 

 

EXTRAITS

 

 

 

"Pour l’heure, il s’agit toujours de constater que dans aucun des lieux où la violence a éclaté, l’intervention n’a correspondu à une gestion de mise en place de la citoyenneté. Plus encore, au fil des événements, on se rend progressivement compte qu’il s’agit plutôt d’une gestion tendant à la "tribalisation" de la société, comme si nous avions affaire à une administration préférant traiter avec des tribus, passer des accords avec des chefs, en l’absence de citoyens qui eux s’expriment à travers des partis politiques, des associations de masse, des unions professionnelles et civiques avec qui il faudrait négocier.

 

 

L’organisation de cette "tribalisation", il faut le reconnaître, remonte à la seconde moitié des années 1980 — début des années 1990 puisque on a vu s’opérer à travers un certain nombre d’institutions nationales, économiques, de nature administrative ou même dans la gestion de l’ordre public, police ou armée, une sorte de spécialisation de métiers ou de bureaux en fonction des origines, donc une «tribalisation» de corps de métiers et d’administrations complètes. Et ces gangs rivaux qui prolifèrent au rythme des cités-dortoirs, ghettos et autres recasements de populations, dégradant nos villes, l’entente sociale et l’humanité dans l’homme, sont aussi rappelons-le appelés "tribus urbaines".  Là aussi, il faut se demander ce à quoi correspond la "tribalisation". Est-elle tout simplement un processus interne à un pays, mis en marche par un Etat défaillant et qui refuse la citoyenneté ? Où est-elle englobée dans une logique internationale et acquiert dans ce cas d’autres significations ?

 

A mon sens, on ne peut considérer qu’il y a ici la "main de l’étranger", car le lien peut s’opérer tout seul. Je m’explique : dans le fond, la logique actuelle de l’ultra-capital est une logique d’effritement des frontières puis de soumission des populations, parce qu’il veut disposer d’ateliers mobiles, disponibles en fonction de ses besoins de région en région, parce qu’il a besoin de force de travail mobile et servile. Cette logique internationale qui actuellement se met en place a plus besoin de gangs et de castes pour gérer la soumission que de partis politiques dont l’émergence et le fonctionnement signifient un débat dans et autour du parti. Pour ma part, je crois beaucoup qu’il y a cette logique dans le monde et la question dès lors s’agissant de notre pays est de se demander pourquoi les autorités se soumettent-elles à cet ordre mondial, est-ce parce que l’on n’arrive pas à analyser les forces actuelles en gestation ou est-ce parce que l’on participe de cette gestion du monde ?"

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