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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

On compte plus de 52 millions de travailleurs domestiques dans le monde, souvent sans aucun droit. 83 % d'entre eux sont des femmes, selon la première la première étude de l'OIT (Organisation internationale du travail) sur ce thème publiée mercredi 9 janvier. En 15 ans, entre 1995 et 2010, le nombre de travailleurs domestiques dans le monde a augmenté de 60%. Le travail domestique représente en moyenne 7,5 % de l'emploi salarié des femmes dans le monde.

 

Il s'agit "d'estimations prudentes, qui sous-évaluent probablement la véritable ampleur du travail domestique, dont le nombre de travailleurs est souvent sous-estimé dans les enquêtes". Les spécialistes estiment que ce nombre pourrait dépasser largement les 100 millions à travers le monde, car ce type de travail est souvent dissimulé et non répertorié.

L'OIT précise que ces chiffres sont basés sur des statistiques officielles de 117 pays et territoires, mais qu'ils excluent les 7,4 millions d'enfants travaillant comme domestiques.

Dans les pays développés, les domestiques représentent 0,8 % de l'emploi total. En Asie, ce pourcentage s'élève à 1,2 %, en Afrique à 1,4 %, au Moyen-Orient à 5,6 %. L'Amérique latine détient le record, avec 7,6 % de l'emploi total.

En Europe, c'est en Espagne que les domestiques sont les plus nombreux, avec 4 % de l'emploi total, suivie par le  Portugal  (3,4 %), la France (2,3 %) et l’Italie (1,8 %). Le travail domestique est quasiment inexistant dans les pays nordiques (0,1 %) et en Europe de l'Est.

Nombre de ces travailleurs domestiques sont des immigrés, qui parlent mal la langue du pays où ils travaillent, ce qui les rend encore plus vulnérables aux abus, tels que des violences physiques et sexuelles. Ils sont aussi victimes de non-paiement de salaires, relève l'OIT.

Près de 30 % de ces travailleurs de l'ombre sont totalement exclus de toute protection légale, et 45 % n'ont droit à aucun congé, ni hebdomadaire ni annuel. En outre, un tiers des femmes domestiques n'ont droit à aucune protection en cas de grossesse.

Pour sandra Polaski, directrice générale adjointe de l'OIT, "on attend souvent des travailleurs domestiques qu'ils travaillent davantage d'heures que les autres travailleurs". Ces domestiques sont aussi extrêmement dépendants de leur employeur, ce qui les rend "plus vulnérables à l'exploitation et aux abus", a poursuivi Mme Polaski.

 

Source AFP, 9 janvier 2013

 

 

 

 

Les enfants domestiques toujours

 

 

En juin 2004, Le Bureau international du travail, une agence de l’ONU avait recensé 2 millions d’enfants domestiques en Afrique du Sud, 700 000 en Indonésie (Asie), 559 000 au Brésil. Au Guatemala et au Costa-Rica (des pays d’Amérique latine) 9 domestiques sur 10 sont des enfants.

Au Maroc, selon ce recensement du BIT, 7 enfants sur 10 employés comme domestiques avaient moins de 12 ans !

Huit ans après dans un reportage publié dans Rue89, le 14 novembre 2012 intitulé « Les enfants domestiques, la honte du Maroc » Jo Becker de Human Right Watch décrit l’évolution de la situation au Maroc. Elle note : « Selon les statistiques gouvernementales, le nombre d’enfants de moins de 15 ans engagés dans toutes les formes de travail est passé de 517 000 en 1999 à 123 000 en 2011, même si aucune donnée récente n’est disponible pour établir le nombre d’enfants travaillant comme domestiques ».

 

 

Fatima avait à peine neuf ans lorsqu’elle a commencé à travailler

 

 

Fatima avait à peine 9 ans lorsqu’elle a commencé à travailler à Casablanca pour une famille de cinq enfants. Elle se levait dès l’aube pour travailler sans interruption jusqu’à 11 heures du soir, préparant les repas, faisant la vaisselle, le ménage et les courses et s’occupant du bébé de sa patronne. « J’étais épuisée », m’a-t-elle confié.

Fatima dit que sa patronne l’insultait et la battait :

« Au début, elle se contentait de me gifler, mais ensuite elle s’est servie d’un tuyau en plastique. »

Elle a travaillé pour cette famille pendant deux ans, sans aucun congé, et n’a jamais eu le droit d’aller à l’école. Elle ne savait même pas combien elle était payée, car son salaire était versé directement à ses parents.

J’ai rencontré Fatima (ce n’est pas son vrai prénom) en mai 2012 dans l’Atlas marocain, à cinq heures de route de Casablanca. Avec l’aide d’une organisation non-gouvernementale, elle était rentrée chez elle et était à nouveau scolarisée.


Un balai, au sol (Jace/Flickr/CC)

 

 

Pourtant, son histoire n’est pas une exception au Maroc, où des milliers de filles sont employées comme domestiques. Elles sont recrutées dans des zones rurales pauvres pour aller travailler dans les villes. Les recruteurs leur promettent qu’elles y seront bien payées et bien traitées.

Mais la réalité est souvent tout autre : comme Fatima, beaucoup effectuent de longues journées de travail et sont victimes de mauvais traitements, pour un salaire largement en deçà du salaire minimum.

 

 

Salaire maximum : 68 euros par mois

 

Lors de l’enquête que j’ai fait au Maroc cette année, j’ai rencontré vingt jeunes filles qui avaient travaillé comme domestiques ; pas une n’était payée plus de 68 euros par mois.

Human Rights Watch avait mené une première enquête sur les enfants domestiques au Maroc en 2005. D’autres enquêtes réalisées quelques années auparavant avaient indiqué que 86 000 Marocaines de moins de 15 ans étaient employées comme domestiques.

Au niveau mondial, le travail domestique est la principale forme de travail des enfants ; il concernerait près de trente millions d’enfants, selon les estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Cette année, j’ai constaté que, si des progrès avaient été accomplis depuis notre précédente enquête, il restait du chemin à faire pour éradiquer cette forme de travail des enfants.

J’ai constaté que les campagnes de sensibilisation du public et l’attention accrue des médias avaient été plutôt efficaces. Le taux de travail des enfants a baissé.

 

Statistiques encourageantes

 

Selon les statistiques gouvernementales, le nombre d’enfants de moins de 15 ans engagés dans toutes les formes de travail est passé de 517 000 en 1999 à 123 000 en 2011, même si aucune donnée récente n’est disponible pour établir le nombre d’enfants travaillant comme domestiques.

Le gouvernement a également fait des progrès en ce qui concerne la scolarisation des enfants, en partie grâce à des allocations mensuelles octroyées aux familles rurales pauvres pour qu’elles continuent à scolariser leurs enfants.

Mais en dépit de ces avancées, le travail domestique des enfants demeure un grave problème : les enfants employés comme domestiques sont habituellement dissimulés chez leurs employeurs, loin de leurs familles et hors de portée des inspecteurs du travail. De ce fait, ils sont particulièrement vulnérables aux mauvais traitements physiques et psychologiques et aux sévices sexuels. La plupart n’ont aucune idée vers qui se tourner pour trouver de l’aide.

Par exemple, Aziza, 13 ans, m’a confié que le fils de son employeur avait tenté de la violer. Elle ne savait même pas comment trouver le poste de police le plus proche. Elle a couru jusqu’à un arrêt d’autobus et a demandé de l’aide à un chauffeur. Celui-ci l’a emmenée à la police.

 

 

Que peut-on faire ?

Il existe des actions spécifiques que le gouvernement marocain peut entreprendre pour aider ces jeunes filles et mettre fin au travail domestique des enfants.

  • il peut mieux faire appliquer les lois interdisant l’emploi d’enfants de moins de 15 ans, en créant un système efficace impliquant la police, les travailleurs sociaux, les éducateurs, les associations locales et les autorités pour identifier les enfants concernés, les retirer de chez leurs employeurs et leur fournir une assistance ;
  • le gouvernement peut aussi sanctionner les employeurs qui engagent sciemment des enfants en dessous de l’âge minimum, et renforcer les campagnes de sensibilisation ainsi que les programmes incitant à la scolarisation des filles ;
  • il peut également veiller à ce que les filles de plus de 15 ans bénéficient de conditions de travail décentes, en adoptant une loi leur donnant accès au repos hebdomadaire, au salaire minimum et à une durée du travail limitée – des droits qui vont de soi pour les autres travailleurs.

Les bailleurs de fonds internationaux peuvent aussi faire davantage. En 2008, l’Organisation internationale du travail avait consacré 827 000 euros à la lutte contre le travail des enfants au Maroc, une somme donnée par les Etats-Unis, la Belgique et la France. En 2011, cette aide est tombée à 82 000 euros, limitant de façon drastique la capacité de l’OIT à maintenir des programmes efficaces de lutte contre le travail des enfants.

Le taux de travail des enfants est en net recul au Maroc et dans d’autres parties du monde. Pourtant, pour de nombreuses filles comme Fatima, le travail des enfants demeure une cruelle réalité qu’il est nécessaire de combattre.

 

 

 

 

Espagne: Les Marocaines très présentes dans l'emploi domestique

 

Yabiladi.com

Ibrahima Kone, 27 avril 2009

Les femmes d'origine nord-africaine surtout les Marocaines et les Algériennes, ont pris la relève des sud Américaines dans les emplois de domestiques dans la province d'Alicante. C'est ce que révèle un récent rapport de la commission de l'Immigration du syndicat Union générale des travailleurs (UGT), cité par le journal « La Verdad ».

 

Pour la responsable Immigration de l'UGT à Alicante, Sandra Díez, il n'y a pas d'explication claire pour ce changement de tendance. Toutefois, le plan de retour volontaire du gouvernement espagnol pourrait être à l'origine du phénomène. Beaucoup de femmes latino-américaines étaient actives dans les emplois domestiques dans la province d'Alicante selon l'UGT. Mais avec un conjoint chef de famille ayant perdu son travail dans la construction à cause de la récession économique, leurs revenus sont devenus insuffisants pour payer l'hypothèque et s'occuper de la famille. Ainsi elles ont adhéré massivement au plan de retour volontaire du gouvernement Zapatero.

 

Le syndicat des travailleurs souligne que l'emploi domestique pour les immigrantes est « un secteur de passage, il n'est pas envisagé comme un travail permanent ». Le secteur concentre des personnes extra communautaires (hors Union européenne UE) surtout depuis l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'UE. D'une manière générale, l'UGT rapporte enfin que malgré l'amélioration de la situation administrative, une travailleuse immigrée sur trois dans le domaine est toujours en situation illégale. De même, une immigrante sur dix ayant reçu l'assistance de l'UGT, est actuellement sans emploi et ne dispose pas d'allocations de chômage ou de prestations familiales

On apprend enfin concernant le profil des domestiques, toute nationalité confondue qui ont recourt aux compétences de l'UGT, que 67% d'entre elles sont âgées de 26 à 45 ans. Près de ¾ (71%) ont au moins un enfant, et ont pour objectif également, de régulariser la situation de leur progéniture, après avoir reçu les papiers nécessaires.

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