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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

D. R.

Alors que le complexe meunier de Tiaret, « bradé à vil prix » , est fermé depuis dix-sept mois, on assiste à la chute spectaculaire de la production dans un autre fleuron privatisé du secteur industriel public de Tiaret. On est passé de 1000 à 300 engins depuis que l’usine de carrosserie industrielle de Aïn Bouchekif,  été rachetée par la société française BTK. On se rappelle comment en décembre 2006, le bradage par la SNVI de 60% des actions à la multinationale BTK avait provoqué l’admiration de la presse algérienne, alors pleine d’engouement pour les privatisations tous azimuts.

 

En décembre 2006, on pouvait lire dans Le Soir d’Algérie sous le titre enthousiaste « un partenariat gagnant-gagnant » : « (…) Mais aussi pour la division carrosserie de Tiaret un apport en valeur ajoutée et un accroissement de son chiffre d’affaires en contrepartie d’un investissement de 10 millions d’euros pour la mise à niveau sur trois ans et d’un bon positionnement de BTK en termes de produits analogues (notamment bennes, fourgons, plateaux, semi-remorques et porte-engins). En outre, BTKTiaret maintiendra l’effectif actuel de l’unité carrosserie de Tiaret (quelque 900 travailleurs) et compte le porter à plus de mille travailleurs au terme des cinq premières années d’exploitation (recrutement de 300 travailleurs). »

 

Cinq années après ces belles paroles, en début 2011, les salariés engageaient des actions contre les promesses non-tenues. Ils reprochaient au patron, M. Behn Emile, de «n’avoir pas honoré les engagements», notamment sur «l’investissement direct et l’emploi».

 

Au lendemain d’une de ces actions ouvrières, Xavier Driencourt, l’ambassadeur de France en Algérie, avait même effectué un mystérieux déplacement jusqu’à l’usine de Aïn Bouchekif (lire le compte rendu d’El Watan). De toute évidence cette visite n’a pas arrangé les choses…

 

En septembre dernier, le syndicat de l’usine, tout en dénonçant le flou entourant la cession de parts au profit du consortium français BTK (Behn Titan Kaiser)  «qui n’aurait rien apporté d’avantageux», relance les luttes revendicatives…

 

Synthèse blog, 13 février 2013

 

 

       

 

Privatisations où comment le cas de la carrosserie industrielle de Bouchekif montre que les entreprises étrangères cassent méthodiquement l’outuil industriel de l’Algérie

 

   

 

 

Par CP, 12 février 2013

 

       

 

Les travailleurs de l’usine de carrosserie industrielle de Bouchekif (Tiaret) sont inquiets pour leur avenir et celui du pays.

 

La production a chuté de 1000 à 300 engins en quatre ans, c’est-à-dire depuis que l’usine a été bradée à BTK, une société française servant de couverture à une opération de casse de l’industrie algérienne, que les néo-colonialistes, nostalgiques d’une Algérie française interdite de tout projet d’industrialisation, n’ont jamais portée sur leur coeur.

 

BTK, devenue par la grâce et la servilité de nos gouvernants, propriétaire de 60% des actions du capital social, s’était engagée à respecter les objectifs, fixés par la résolution qu’elle avait signée avec le CPE. Cette résolution prévoie un investissement de 100 millions d’euros sur une période de trois années, l’augmentation des capacités de production de 1500 à 2500 véhicules par année en trois ans, des emplois de 600 à 1000 personnes pour la même période et bien sûr le transfert technologique.

 

Quatre années après, on ne voit que régression et désolation. Les résultats expriment, comme on ne peut mieux le faire, le goût amer d’une profonde désillusion. La production a régressé d’année en année : 1000 véhicules en 2009, 900 en 2010, 600 en 2011 et 300 véhicules en 2012. Pour 2013 aucune action de redressement n’est prévue. D’ailleurs même les actions de préparation routinière pour la réalisation de la production ne sont pas encore entamées. Pour les autres engagements le résultat est le même, régression des emplois, pas d’investissements ni transfert technologique.

 

Au vu de ce que vivent les travailleurs de cette usine, il n’est pas possible d’attendre mieux. D’abord BTK n’a délégué qu’une seule personne pour le site de Bouchekif, le directeur-général de l’usine. Pendant la première et la deuxième année de partenariat l’usine a fonctionné grâce aux stocks et aux créances hérités de SNVI. Les années suivantes, la SNVI a mis en place de nouvelles procédures de gestion de ses stocks. Le directeur de l’usine de Bouchekif a été mis devant ses responsabilités. Ne pouvant plus puiser comme d’habitude dans les stocks de la SNVI, BTK a importé les pièces manquantes pour terminer les produit en « bons sauf ». Pour les nouveaux programmes rien n’est encore fait. Devant une telle situation, les travailleurs se posent des questions sur l’apport de ce partenaire, et sur le silence des autorités concernées par le contrôle du respect des engagements pris conformément à la résolution signées avec le CPE.

 

Les travailleurs cherchent à comprendre comment se fait-il que les responsables de la SNVI, partenaire à 40% du capital, n’ont pas tiré la sonnette d’alarme. Ils se plaignent du comportement des dirigeants de l’usine et des responsables syndicaux qui utilisent l’intimidation et la répression pour empêcher les travailleurs de dénoncer la dégradation dans laquelle se trouve l’usine.

 

Ils dénoncent aussi le refus de ces responsables de faire bénéficier du bonus de 16 mois de salaires les 90 travailleurs partis en retraite, bien que l’inspection du travail ait signalé ce manquement dans des PV de non-conciliation.

 

Peut-on croire aujourd’hui aux discours qui sont prononcés, ici et là, sur la relance de l’industrie ? La relance demande des efforts autrement plus importants au point de vue qualitatif et quantitatif, que ceux à déployer pour un contrôle du fonctionnement de l’outil existant.

 

 

Des discours, et rien que des discours qui montrent qu’aucun enseignement n’est tiré des actions menées depuis vingt ans, alors que leurs résultats, on ne peut plus visible, montrent qu’il n’y a aucune volonté réelle de relance industrielle. Aucun impact sur le développement de l’industrie et par conséquent sur le développement du pays.

 

C.P., 12 février 2013. Alger Républicain

 

 

 

 

 

L’ambassadeur de France à l’usine BTK

 

 

 

 

 

Par Fawzi Amellal, 13 janvier 2011

 

       

 

 

Son excellence, l’ambassadeur de France en Algérie, M.Xavier Driencourt, a effectué une visite, dimanche en début d’après-midi, au siège de BTK/SNVI à Aïn-Bouchekif, 17 km à l’est du chef-lieu de wilaya.

 

Une visite privée et d’affaires qui a mené le diplomate à se rendre à l’usine de carrosserie industrielle dont le consortium français, BTK, détient 60% des parts. La visite intervient au lendemain du sit-in observé sous la houlette de syndicats par les travailleurs du complexe.
Ces derniers reprochaient au patron, M. Behn Emile, de «n’avoir pas honoré les engagements», notamment sur «l’investissement direct et l’emploi».

 

L’annulation du point de presse avec le diplomate français ne permettra pas de connaître les raisons de la visite ni la position officielle du représentant de la France sur certaines questions de l’heure.

Encore moins sur les préoccupations des dirigeants de BTK/SNVI. Des travailleurs, sous le sceau de l’anonymat, évoquent pourtant «des lourdeurs administratives» et «une certaine concurrence déloyale».

 

 

Fawzi Amellal, 13 janvier 2011. El Watan.com

 

 

 

 

 

 

Le syndicat critique de nouveau l’accord de partenariat

 

 

Par Fawzi Amellal, 27 septembre 2012

 

 

 

 

Le syndicat dénonce l’accord portant création d’une joint-venture signée entre la division carrosserie industrielle de la SNVI et le groupe de carrossiers français Behn-Titan-Kaiser (BTK).

 

 

Après une année 2011 mouvementée, entrecoupée de sit-in et de grèves pour dénoncer l’accord de partenariat conclu avec le franco-allemand BEHN, la grogne reprend au niveau du complexe de véhicules industriels BTK/SNVI à Aïn Bouchekif.

Après avoir «dénoncé» le flou entourant la cession de parts au profit du consortium français BTK (Behn Titan Kaiser) «qui n’aurait rien apporté d’avantageux», le syndicat vient de pondre un communiqué dans lequel il fustige la politique de gestion des ressources humaines car, estime-t-on, «la direction générale ne fait aucun effort pour l’élaboration d’un plan de relève qui consiste à parer aux difficultés engendrées par les départs massifs en retraite des travailleurs ayant une expérience non négligeable». Il est fait aussi état dans le communiqué de «certaines indemnités non attribuées aux personnels recrutés dans le cadre du Dispositif d’insertion professionnelle (DAIP), telle que la prime de panier et de rendement collectif».

 

Aussi est-il relevé que «le syndicat attire l’attention de la direction générale sur les conséquences que pourrait engendrer cette crise particulièrement grave, notamment sur le paiement à terme des salaires des travailleurs et la préservation des acquis sociaux» ; et d’ajouter que «seule la direction générale assumera la responsabilité quant à la stabilité du climat social en constante dégradation».

 

Pour conclure, le syndicat dit vouloir «engager des actions pacifiques en concertation avec le syndicat d’entreprise afin d’attirer l’attention des pouvoirs publics dans l’espoir de trouver une issue salutaire à cette crise dans l’intérêt général».

 

 

Fawzi Amellal, 27 septembre 2012. El Watan.com

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