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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

"Le régime de M. Erdogan, loin de rompreavec le passé, est le produit de la doctrine introduite par les généraux putschistes en 1980 pour endiguerla "menace communiste" : "la synthèse turco-islamique" ou l'union entre le nationalisme turc et l'islam sunnite d'Etat, un mariage déjà opéré par Atatürk."

 

Par Guillaume Perrier (Istanbul, correspondance), 14 juillet 2013. Le Monde.fr

 

 

 

Un portrait géant de Mustafa Kemal Atatürk, accompagné d'un drapeau turc d'un rouge éclatant, trône sur la façade de l'ancien centre culturel monumental qui porte le nom du fondateur de la Turquie moderne. L'un de ceux que l'on ne sort habituellement que pour les fêtes nationales.

 

C'était l'un des premiers objectifs de la police lorsqu'elle a réinvesti la place Taksim d'Istanbul le 11 juin. Cette opération quasi militaire devait d'abord permettrede reprendrele contrôle du mémorial de la République et du centre Atatürk, occupés par les manifestants. Quelques heures plus tôt, ces deux espaces sacrés de l'histoire républicaine étaient couverts de slogans révolutionnaires, de banderoles de groupes d'extrême gauche. Une vision intolérable pour les autorités. Le pouvoirde Recep Tayyip Erdogan a rétabli l'ordre républicain et le culte d'Atatürk, le guide éternel.

 

Dans cette éruption de colère contre les méthodes de gouvernement du premier ministre, c'est aussi l'héritage kémaliste qui est en question. Le dogme national reste la boussole de la vie politique, pour une partie des manifestants comme pour M. Erdogan, bien moins en rupture avec l'ancien régime qu'on ne le pense souvent. "Les dirigeants de l'AKP se sont coulés dans le moule de l'éducation kémaliste", note Etienne Copeaux, spécialiste de la Turquie au Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo). La brutalité du discours politique, la répression et les atteintes aux libertés ont des airs de déjà-vu pour les Turcs.

 

Les générations précédant celle de Taksim ont connu quatre coups d'Etat militaires, des années de plomb parsemées d'assassinats politiques, de révoltes écrasées, de violences d'Etat et d'impunité judiciaire. "Le passé de la Turquie a peu à offrir en termes d'inspiration démocratique", juge l'historien Edhem Eldem, de l'université du Bosphore. "Et l'on compare souvent Erdogan à un sultan, mais il y a un modèle plus proche et bien plus pertinent", dit-il : Atatürk. Les ressorts du régime autocratique fondé en 1923 par Mustafa Kemal sont restés en place bien après sa mort, malgré l'introduction du multipartisme.

 

 

Recep-Tayyip-Erdogan

 

Le parti islamo-conservateur AKP s'est réapproprié les symboles patriotiques et républicains. Arrivé en 2002, avec un discours de rupture, une posture anti-establishment, M. Erdogan a pris les clefs du pouvoiret la répression de la place Taksim montre la permanence des fondements autoritaires de l'Etat. "Erdogan est arrivé après quatre-vingts ans de tutelle militaire. Il ne veut pas modifier le système mais seulement en être le leader. Le rêve de devenir une sorte de dictateur lui a tourné la tête", constate le romancier et journaliste Ahmet Altan.

 

Après dix ans de règne, M. Erdogan a l'idée d'imposerun régime présidentiel et de se portercandidat à l'élection au suffrage universel, prévue en 2014. Son ambition personnelle, celle de son parti politique et celle de l'Etat ne font plus qu'une. Le plan de développement économique et stratégique de l'Etat, baptisé "Objectif 2023", était le slogan de sa dernière campagne. Et Ankara célébrera en 2023 le centenaire de la fondation de la République par Atatürk.

 

 

Un "kémaliste religieux"

 

"Depuis qu'il a décidé de devenirprésident, c'est un général, poursuit M. Altan. Il marche dans les pas des généraux du coup d'Etat du 28 février : même style brutal, mêmes théories conspirationnistes, même haine de l'opposition. Il instrumentalise les questions religieuses et, comme eux, il déteste l'Europe et veut se tourner vers la Chine ou la Russie... On a maintenant un kémaliste religieux qui veut prendre la place de l'icône." Les instruments de coercition ont évolué. La police, dont les effectifs ont été démultipliés, est devenue une armée civile. Et les militaires qui exerçaient un pouvoirde tutelle sur les institutions ont été mis au pas. L'ère des coups d'Etat est révolue. Mais, fait remarquerl'historien Etienne Copeaux, "il serait naïf de penser que l'armée a perdu son pouvoir". Elle l'exerce différemment, au service du gouvernement et plus comme un rempart idéologique. Depuis la nomination de l'actuel chef d'état-major Necdet Özel, elle n'est plus dirigée par son aile nationaliste laïque mais par des "généraux qui prient".

 

M. Eldem va plus loin car, pour lui, le régime de M. Erdogan, loin de rompreavec le passé, est le produit de la doctrine introduite par les généraux putschistes en 1980 pour endiguerla "menace communiste" : "la synthèse turco-islamique" ou l'union entre le nationalisme turc et l'islam sunnite d'Etat, un mariage déjà opéré par Atatürk. D'ailleurs, l'AKP ne s'est pas empressé de réformer la Constitution, héritée de la junte, et il a repris à son compte le contrôle des universités, par le biais du YÖK (Conseil de l'enseignement supérieur), créé par les militaires, et de la censure des médias. L'historien Hamit Bozarslan souligne les références permanentes du pouvoirde M. Erdogan aux théoriciens du nationalisme turc des années 1920, notamment à Ziya Gökalp. L'idéologie nationaliste à laquelle se raccroche, comme ses prédécesseurs, le premier ministre demeure le principal obstacle à la démocratisation de la Turquie.

 

Source: Le monde.fr

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mehdi mountather 31/03/2017 13:25

L'application de la charia islamique ordre d'ALLAH au président Tayyip Erdogan et aux pays musulmans d'appliquer la charia islamique avant Avril 2017 pour éviter l'extermination des pays musulmans et non musulmans par ces punitions d'ALLAH les inondations les forts séismes tsunami volcan les tornades les foudres tempête de sable de neige grêlon engloutissent glissement de terrain grondement les météorites les boules de feu astéroïdes et les virus Daech des criminels pas des musulmans.