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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’éditorial d’El Watan, ce matin, détonne par rapport aux articles et commentaires de va en guerre sur la crise syrienne. « la bataille de Damas a commencé », « initiative décisif à Alep », on ne compte plus les pénibles titres accrocheurs. Mohamed Larbi adopte ici comme à son habitude le recul du journaliste.

 

 

 

Le drame Syrie

 

 

Les spécialistes en sont presque catégoriques : de nouveaux rapports internationaux se profilent sinon qu’ils sont en train de s’écrire avec les conflits libyen et syrien. Avec cette particularité que le premier a été marqué par une intervention internationale, tandis que dans le second, rien ne semble envisagé, malgré la similitude des situations. Aussi, cherche-t-on à alarmer l’opinion internationale, comme si celle-ci pouvait se substituer aux Etats. C’est à ces derniers que se sont adressés, comme dans un cri de détresse, les secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe et le médiateur international. A défaut d’un engagement international, et tout d’ailleurs laisse croire qu’il est hautement improbable, Ban Ki-moon, Nabil El Arabi et Lakhdar Brahimi, qui n’ont pas d’armée sous leur commandement, ont rappelé leurs précédentes analyses, évoquées en vérité depuis le printemps dernier.

 

 

C’est Kofi Annan, alors médiateur international, un rôle auquel il a dû renoncer, qui avait déclaré que la crise syrienne ne menaçait pas seulement la Syrie d’implosion, mais c’est une explosion qui menace toute la région. On se contente alors de décrire et même de déplorer la destruction de la Syrie, alors que les trois intervenants viennent de souligner le risque de voir ce pays se transformer en «champ de bataille régional». Cela veut dire quoi au juste ? Les spécialistes apprécieront, dira-t-on certainement, afin de ne pas dévoiler certaines vérités, mais cela renvoie aux propos de Ban Ki-moon mettant déjà en garde contre ce qu’il avait appelé «une guerre par procuration», une échelle réduite de la guerre par pays interposés, comme cela se produisait en plein monde bipolaire. Mais il est indéniable que la crise syrienne pourrait être exploitée si elle ne l’est déjà, afin que soient menées d’autres guerres sans le moindre rapport avec la première. Et donc qu’elle soit «la proie d’acteurs dont les objectifs n’ont rien à voir» avec la crise syrienne, comme le soulignent MM. Ban Ki-moon, El Arabi et Brahimi. Proie, acteurs, les mots sont bien pesés, et à ce stade, ils expriment bien plus qu’une crainte.

 

 

Des guerres dans la guerre disait-on déjà, avec un risque aujourd’hui réel d’éclatement de la Syrie, et c’est pourquoi, reviennent, avec insistance, les appels à l’unité des Syriens lancés par l’opposition syrienne, car cette fois le risque est grand de voir le combat, contre un régime, détourné et transformé en guerre entre Syriens, puis contre la Syrie. Il suffit de peu pour que l’hypothèse devienne une évidence. Il ne suffit plus de dire que la Syrie se consume de l’intérieur, comme s’il s’agissait d’une fatalité. Et pour mettre les choses les unes à côté des autres, les propos des hauts responsables internationaux ne sont pas loin de rappeler ceux d’un éminent universitaire écartant, quant à lui, l’idée même d’un fiasco diplomatique, même si, a-t-il souligné, une telle position peut «étonner et choquer». Après dix-huit mois de guerre et trente mille morts, il en est à douter. Il n’est pas le seul.

 

 

 

Mohammed Larbi, 29 septembre 2012. El Watan.com

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