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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

"Surprenante et violente défaite pour le premier ministre David Cameron", commente François Bonnet sur Mediapart. Par 285 voix contre 272, les parlementaires britanniques ont refusé l'intervention en Syrie. Avant ce vote l'ancien premier ministre Tony Blair -lieutenant de George Bush en 2003 pour imposer l'invasion de l'Irak- était venu à la rescousse de son successeur. La presse anglais a peu apprécié lui reprochant de "faire à nouveau acte d'allégeance aux Etats-Unis".

 

 

 

Tony Blair appuie une intervention en Syrie, la presse anglaise ironise

 

 

 DR

 

Sans surprise, c'est le Daily Mail qui tape le plus fort. Le quotidien de tendance conservatrice a peu apprécié la récente sortie sur la Syrie de l'ancien premier ministre travailliste Tony Blair. En cause, une tribune dans le Times, et un leitmotiv : "Nous devons agir."

 

Mardi, Tony Blair a publiquement appelé "l'Occident" à intervenir dans le conflit syrien. Tout en étant conscient que la comparaison avec l'échec irakien est dans la plupart des esprits, et particulièrement ceux des Britanniques :

 

"Après une longue et douloureuse campagne en Irak et en Afghanistan, je comprends chaque impulsion de se tenir éloigné de la tourmente, de regarder mais de ne pas intervenir [...]. Mais nous devons tous comprendre les conséquences de croiser les bras au lieu de les mettre au travail."

 

"Ce marchand de guerre est la toute dernière personne que nous devrions écouter", répondait le même jour Stephen Glover, chroniqueur du Daily Mail. Premier grief : le quotidien reproche à Tony Blair de ne pas tenir compte de l'encadrement légal d'une telle action. Avant d'ironiser : "Mais pourquoi le devrait-il ? M. Blair faisait peu de cas des subtilités légales avant l'invasion en Irak."

 

Le quotidien reproche également à Tony Blair, actuellement représentant du Quartet au Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU), de faire à nouveau acte d’allégeance aux Etats-Unis. Une collusion qui provoque l'indignation de l'éditorialiste, qui y voit un crime de lèse-majesté :

 

"Est-il apparu à M. Blair que la Grande-Bretagne est un pays souverain dont les militaires ne prêtent pas serment envers le président des Etats-Unis mais à sa majesté la reine ? J'en doute fort."

 

Le Daily Mail rappelle aussi que pendant que les gouvernements occidentaux réagissaient aux attaques chimiques en Syrie, Tony Blair était quant à lui occupé à visiter des yachts de luxe arrimés en Méditerranée, et à dîner avec sa femme Chelsea dans de luxueux restaurants.

 

Même agacement du côté du Telegraph. Peter Oborne, en charge de la politique, est visiblement remonté contre l'ancien premier ministre. Ce dernier, rappelle le journaliste, "a induit en erreur le public et déformé la vérité" aux côtés de George Bush il y a dix ans, lors de l'intervention irakienne, en mars 2003. Aux yeux de Peter Oborne, l'appel "fervent" de Tony Blair est un façon "de montrer du mépris envers les leçons du passé".

 

"Les vieilles habitudes ont la vie dure. L'une des raisons pour lesquelles il y a un fort scepticisme sur la Syrie est que l'on nous avait dit que Saddam Hussein était en possession d'armes de destruction massives", a ainsi déclaré le député conservateur John Baron.

 

Prendre en compte les leçons du passé, c'est précisément ce que demande l'éditorial de The Independent : "Nous aimerions croire que M. Cameron ait tiré des enseignements de l'Irak, et agisse en conséquence." En clair, s'abstenir d'intervenir.

 

Source: Bigbrowser

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