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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dans un point de vue publié le 8 juillet dans le Monde.fr, Bassam Chaghouri écrit notamment:

« Voici trois mois que le mouvement de contestation populaire contre le régime syrien, d'une ampleur sans précédent dans ce pays, se poursuit sans relâche. Confronté à une répression féroce, ce mouvement semble présenter une singularité problématique pour son issue : il est sans leader et sans direction.

 

Aucune force d'opposition organisée ne semble en mesure de représenter et encore moins d'influer ou de diriger les masses révoltées. Celles-ci se trouvent directement dans un face à face physique avec le régime d'où la dimension politique est bannie. Alors que le régime dispose de toute une palette d'outils d'action tant politique et diplomatique, que militaire, économique et de communication, les révoltés ne peuvent compter que sur les nouvelles technologies pour informer et communiquer, mais assurément sur personne pour mener la moindre action politique coordonnée à la hauteur des événements et des enjeux.

Cette absence profite bien au régime qui, derrière sa propagande sur "les salafistes", "les groupes armés" ou les "saboteurs", envoie un message substantiel "c'est moi ou le chaos", adressé autant à l'extérieur, qu'à une grande partie des Syriens indécis, notamment de la classe moyenne, qui risquent d'être décisifs en dernier ressort. Mais ceux-ci, même s'ils n'étaient pas des partisans du régime, ils n'en craignent pas moins son effondrement qui entraînerait des conséquences incontrôlées, et s'interrogent à juste titre sur l'identité et la vision des forces qui pourraient assurer la relève ? Ce talon d'Achille de la révolte n'est pas un incident, mais la prolongation d'un mal enraciné dans le corps syrien dont les symptômes ne cessent de se manifester depuis la naissance de l'Etat syrien moderne, en 1918. A savoir la dispersion et la division.

Un rapide coup d'œil sur les groupes organisés d'aujourd'hui suffirait à s'en persuader. En effet, l'observateur est frappé de constater que pour chaque idéologie (marxiste, baathiste, nassérien, islamiste) il existe une multitude de partis qui s'en réclament ! De même, pour la défense des droits de l'homme, on dénombre cinq ou six organisations syriennes ! Et ce sans compter les alliances qui se font puis se défont au gré des moments, avant de se perdre dans le temps. L'absence prolongée de libertés et la répression policière ont joué sans doute un rôle dans cette situation, mais plus dans l'affaiblissement de ces groupes que dans leurs divisions (…).

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