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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Jacques Audibert, directeur politique du ministère des Affaires étrangères, est arrivé ce mardi soir en Russie pour préparer la rencontre de la semaine prochaine à Moscou, consacrée au nouveau round de négociations que les Occidentaux mènent avec l’Iran sur le nucléaire.

 

Mais la présence aux côtés du directeur politique du Quai d’Orsay de deux spécialistes de la Syrie, Jean-Claude Cousseran, ancien ambassadeur à Damas, et d’Eric Chevalier, qui était également ambassadeur en Syrie avant d’être rappelé au printemps à Paris, souligne que la question syrienne sera au centre des pourparlers franco-russes.

 

Principal allié de Bachar el-Assad, Moscou a proposé la semaine dernière d’organiser une conférence internationale sur la Syrie, qui réunirait tous les pays influents dans le dossier, y compris l’Iran. Il s'agit pour la Russie de soutenir pleinement le plan Annan, qui prévoit notamment un retrait militaire des villes syriennes, et d'engager un processus de transition politique.

 

Jusqu’à présent, Paris se montre hostile à toute participation iranienne à une telle conférence internationale, estimant que l’Iran se trouve clairement du côté de l’agresseur. Paris est soutenu par Londres et les pays du Golfe – Arabie saoudite et Qatar – qui financent et arment les opposants à Assad.

 

La semaine dernière, Mikhaël Bogdanov, le vice-ministre des Affaires étrangères, nous déclarait que sans présence iranienne à une conférence internationale, la crise syrienne ne pouvait être résolue. Moscou estime également que la prochaine réunion à Paris le 6 juillet des « Amis de la Syrie » est « inutile », car elle ne rassemble qu’une partie de l’opposition, celle qui refuse toute négociation avec le pouvoir syrien.

 

Au-delà de réelles divergences entre les deux capitales, la position française semble évoluer sur le dossier syrien, Paris paraissant désormais convaincue de la nécessité d’engager la Russie dans le règlement de la crise. Ce qui n’était pas le cas sous le précédent gouvernement. La présence de Jean-Claude Cousseran, fin connaisseur de la Syrie, est un signe supplémentaire de ce début de réalisme manifesté par Paris.

 

« J’ai passé mon temps à convaincre le cabinet Juppé de la nécessite de discuter avec les Russes, plutôt que de les mettre dans un coin en ne cessant de dénoncer leur appui à Assad », confie un ambassadeur français, qui connait bien la Russie.

 

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