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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Par Saoudi Abdelaziz

 

 

C’est un des axiomes universels de toute politique sérieuse de défense nationale : on doit d’accorder une importance prioritaire au bien-être des populations frontalières. La chose devient de plus en plus évidente à nos frontières du sud, confrontées à un environnement régional, dont la dangérosité a été démultipliée par les interventions militaires et autres incursions franco-américaines dans le Sahel. Ces interventions aggravent à nos frontières sud les conséquences catastrophiques de l’intervention de l’Otan en Libye. La bienveillance de ces puissances à l’égard de notre souveraineté nationale est plus que douteuse et cela nous impose une vigilance extrême.

 

Dans ces régions fontalières du Sud, le pouvoir a progressivement abandonné les couches populaires, mises à l’écart des activités et des retombées de l’économie pétrolière florissante.

 

L’initiative du groupe parlementaire du FFS, dont nous avons rendu compte, de sillonner le Grand sud pour faire le point des problèmes et des revendications des populations, n’a pas laisse indifférent. On sait que le FFS reconnaît la légitimité et le bien fondé du mouvement des jeunes chômeurs qui s’est développés à Ouargla, Laghouat et dans d’autres régions du Sud du pays. Ali Laskri, le premier secrétaire du FFS a pointé les potentialités portées par ces mouvements : « Nous assistons peut-être à l’émergence de nouvelles élites politiques et sociales susceptibles d’être porteuses de nouvelles évolutions (…) Pour peu qu’on aille au-delà des perceptions subjectives et qu’on ne tombe pas dans les pièges de la singularité ».

 

Dans un communiqué, sans doute pour contrer de manière politicienne l’initiative de l’opposition parlementaire, le MPA parti gouvernemental de M. Benyounès donne une analyse diamétralement opposée. Ce parti, une sorte de RND-bis de création récente, dénonce avec «la plus grande énergie les manipulations politiciennes qui tentent de détourner les citoyens de leurs objectifs pour les embarquer dans des processus sans issue qui pourraient mettre la stabilité et l'unité du pays en danger». A propos de ces nouvelles élites politiques et sociales dont l’émergence est saluée par le parti d’Aït Ahmed, Le MPA n’hésite pas à affirmer : «des aventuriers politiques tentent de transformer des revendications sociales et économiques légitimes des populations du Sud en quelque aventure aux desseins inavouables».

 

Daho Ould Kablia, le ministre de l’Intérieur semble développer une approche moins béliqueuse que celle de son rejeton. Selon l’APS, il a exhorté samedi les walis à être constamment à l’écoute de la société civile, considérant ce procédé comme la "meilleure manière" de résoudre les problèmes des citoyens, reconnaissant que l’emploi est le "problème majeur" qui se pose dans le Sud du pays.

 

Mais chassez le naturel, il revient au galop. A problèmes nouveaux, méthodes anciennes : voici la consigne que Daho Ould Kablia  donne aux walis : "Il s’agit de discuter avec la société civile, en particulier dans le Sud du pays où les notables et les sages sont écoutés et respectés".

 

Priorité aux « notables », exit « les nouvelles élites ».

 

 

Saoudi Abdelaziz, 11 mars 2013

 

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