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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Ce jour là, j'étais à mille lieues de prévoir que je me retrouverai, deux ans plus tard, embarqué sur le "Ville d'Alger" avec mon paquetage et mon casque lourd, pour rejoindre mon unité en Kabylie."

Par VINGTRAS,

 Il me semble impossible de ne pas évoquer aujourd'hui, cinquante neuf ans après  les soixante-dix attentats organisés par le FLN en une trentaine de points de l'Algérie colonisée (1er novembre 1954), ce qui fût le début d'une guerre longtemps camouflée en "opération de maintien de l'ordre" par divers gouvernements aussi lâches qu'hypocrites.

Laissant aux historiens compétents le soin de présenter ce qu'il est convenu d'appeler "la Toussaint rouge", je me limiterai à un souvenir personnel.

En cet automne 1954, je participais au tournage du grand documentaire de Joris Ivens, "Le Chant des fleuves" et je me trouvais au port de la Joliette à Marseille où j'assistais Robert Ménegoz, qui était l'un des réalisateurs de deuxième équipe requis pour cette production. Quelques années auparavant, il y était venu pour filmer la grande grève des dockers au moment où l'on a déchargé du cargo "Chantilly" les cercueils des soldats tués en Indochine.

Ce jour là, j'étais à mille lieues de prévoir que je me retrouverai, deux ans plus tard, embarqué sur le "Ville d'Alger" avec mon paquetage et mon casque lourd, pour rejoindre mon unité en Kabylie...

François Mitterrand et Pierre Mendès-France après la Conférence de Genève

 Car entre-temps, une "gauche de gouvernement" avait décidé d'envoyer le contingent afin de mater l'insurrection algérienne.

"A la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse car elle est sans injustice. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation, l'unité, l'intégrité de la République..."

Ces paroles prononcées le 12 novembre 1954 à l'Assemblée nationale, Pierre Mendès-France, les regrettera après. Sincèrement.

Mais il était trop tard.

 Source: blogs.mediapart.fr

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