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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le Syndicat du complexe sidérurgique ArcelorMittal Annaba alerte sur la situation désastreuse de l’unité tuberie sans soudure, privée depuis deux ans des commandes des entreprises publiques Sonatrach et Sonelgaz.

 

 

 

 

L’unité tuberie sans soudure près du dépôt de bilan

 

 

L’unité, qui a perdu ses deux principaux clients, a vu son chiffre d’affaires dégringoler entre 2008 et 2011 de 90%, passant de près de 3 milliards de dinars à un peu plus de 150 millions de dinars aujourd’hui.

  

 

L’unité tuberie sans soudure faisant partie du complexe sidérurgique ArcelorMittal Annaba est tout près du dépôt de bilan. A défaut de plan de charge, l’unité est à l’arrêt depuis 15 mois. Dans un document transmis hier à l’Union générale des travailleurs algériens, le syndicat d’entreprise charge Sonatrach et Sonelgaz qu’il accuse de s’être détournées de la production locale pour favoriser l’importation de pipelines asiatiques et américains.
Les syndicalistes d’El Hadjar rejoignent ainsi les rangs de nombreux acteurs de la sous-traitance locale lesquels ont, à maintes reprises, adressé des griefs similaires aux deux groupes énergétiques. Pourtant, aussi bien Sonatrach que Sonelgaz ont introduit dans leurs directives de passation des marchés publics des règles de préférence nationale. Certains justifient le recours des deux entreprises à l’importation par la nécessité de s’équiper de matériau de qualité dans un secteur aussi sensible.

 Ainsi, c’est à la suite d’un litige né en 2008 à la suite de l’éclatement d’une conduite de gaz à Bir El Ater (wilaya de Tébessa) que Sonelgaz et par la suite Sonatrach ont décidé de black lister la tuberie sans soudure de laquelle ils s’approvisionnaient auparavant à hauteur de 30 000 tonnes par an. Toutefois, les représentants syndicaux mettent en avant le fait que la direction de l’entreprise a énormément investi dans la mise à niveau de ses équipements (4,6 millions de dollars entre 2009 et 2010), investissements qui ont notamment permis l’acquisition d’équipements de contrôle CND par ultrasons. Aussi des investissements d’un peu plus d’un million de dollars avaient été engagés pour l’exercice 2011. Entre-temps, l’usine a été mise à l’arrêt et il est même aujourd’hui question de la liquider.

Dans ce sens, le directeur général d’ArcelorMittal Annaba, Vincent Le Gouic, a, récemment, adressé un courrier au ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements, et au ministère de l’Energie et des Mines dans laquelle il fait part de ses inquiétudes concernant l’avenir de cette unité créée en 1976, reprise par ArcelorMittal en 2007, et dont la capacité de production réelle est estimée à 40 000 tonnes/an.


L’unité, qui a perdu ses deux principaux clients, a vu son chiffre d’affaires dégringoler entre 2008 et 2011 de 90% passant de près de 3 milliards de dinars à un peu plus de 150 millions de dinars aujourd’hui. Cela a également violemment secoué les travailleurs dont les salaires sont aujourd’hui payés par le complexe d’El Hadjar. Sans oublier la réduction drastique des effectifs globaux lesquels ont baissé de 43% depuis 2007.
Face à une telle situation, les syndicalistes considèrent que les professions de foi autour du patriotisme économique et de la préférence nationale demeurent des slogans creux tant qu’on laissera des entreprises telles qu’ArcelorMittal pipes & tubes Algeria (unique unité de tuberie sans soudure de la région du Maghreb) dépérir sans lever le petit doigt.
Ils réclament dans ce sens de garantir un plan de charge à l’entreprise et de la faire bénéficier du taux de préférence nationale à 25% lors de la soumission à des appels d’offres vu que c’est une entreprise de droit algérien dont 30% du capital est détenu par l’entreprise publique Sider.
 

Melissa Roumadi. El Watan , 8 septembre 2011
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