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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

DR

 

Pour le vice-président du Cnes, il s’agit d’attaquer de front « les deux aspects » du problème : « Les affaires avérées de corruption » d’une part, les « erreurs de stratégie de Sonatrach » d’autre part.

 

Secteur des hydrocarbures

 

 

Sortir vite de la zone de turbulences

 

 

 

 

Par Mustapha Mekidèche

 

 

Au lieu de se laisser emporter par le courant médiatique et politique dominant, j’ai choisi délibérément, à l’inverse, de consacrer cette chronique aux conditions de sortie rapide de la zone de turbulences dans laquelle se trouve plongé depuis un certain temps le secteur des hydrocarbures.

 

De mon point de vue, ni la classe politique ni les medias ne mesurent assez les risques auxquels l’économie du pays s’expose si une telle situation venait à perdurer. Il ne s’agit surtout pas de confondre cela avec le déni de la réalité des affaires de corruption que traitent actuellement les juridictions algériennes et étrangères. Il s’agit tout simplement de préserver ce secteur et particulièrement Sonatrach qui en est l’outil opérationnel. Cette dernière ne peut demeurer durablement fragilisée sans conséquences sur les intérêts stratégiques du pays, comme d’ailleurs chaque Algérien le conçoit.

 

Alors quelle démarche pour faire sortir le secteur des hydrocarbures de cette zone de turbulence? Apportons ici quelques éléments utiles pour éclairer ce questionnement qu’il faudra rapidement trancher. Au plan de la méthode il convient de séparer les deux aspects qui ont fait le lit de cet état de fait inacceptable et dangereux. Je parle d’une part des affaires avérées de corruption et d’autre part des erreurs de stratégie de Sonatrach dans les registres déterminants de sa gestion et de son développement.

 

S’agissant du premier aspect il y a lieu tout simplement de laisser faire la justice sans en rajouter sur la base du préjugé vivace "tous pourris". L’écrasante majorité de l’encadrement du secteur est composée de ressources humaines qualifiées et intègres qui prennent au quotidien des initiatives techniques et de gestion. Aussi faudra-t-il, même si certains pensent que le contexte actuel des "affaires" ne le permet pas, dépénaliser réellement le risque de gestion. Sinon ces cadres, d’inquiets, ils deviendront tétanisés à la moindre décision qu’ils seraient amenés à prendre. Les conséquences en seraient que les performances du secteur et de la Sonatrach en seraient gravement affectées.

 

Concernant le deuxième volet relatif aux stratégies du groupe Sonatrach, la correction éventuelle de leurs trajectoires respectives passe d’abord par des évaluations internes et externes. Sauf pour les "stratégies cachées", spécifiques aux grands groupes d’hydrocarbures, ces évaluations devraient être transparentes et opposables au tiers. Il ne faudra pas persister dans les mêmes erreurs, une fois que celles-ci sont clairement avérées.

 

Exemples simples à méditer. Le premier porte sur la valorisation des ressources humaines. On ne peut d’abord que se féliciter que le secteur et la Sonatrach en fasse une priorité. Mais corriger l’erreur d’avoir fait de l’Institut algérien du pétrole (IAP) une "Corporate University", Spa, en le rattachant comme structure dépendante de la DRH, ne me semble pas la meilleure solution. Pour l’Association des anciens élèves de l’IAP non plus, lesquels souhaitent voir l’IAP devenir un grand institut scientifique indépendant, au rayonnement international.

 

Le second est relatif au développement de l’engineering érigé, également, à juste titre, en priorité du secteur. Mais privilégier, au départ, la forme de société mixte au lieu de celle d’un moyen propre du groupe qui procédera à des alliances à géométrie variable lorsqu’il atteindra la masse critique, me semble ne pas tenir compte des expériences passées. Aucune société mixte d’engineering n’a survécu du fait tout simplement de conflit naturel d’intérêts. Ce qui n’a pas empêché d’ailleurs de dissoudre les autres.

 

Dernier exemple : celui de la pétrochimie. Le développement de cette dernière n’a de sens que si, au final, elle couvre les besoins domestiques, notamment ceux de la plasturgie, de l’industrie et de l’agriculture. A quoi servirait en effet une pétrochimie qui ne produirait que la première génération de produits destinés à l’exportation seulement? Dans ce cas, il faudrait s’interroger sur la profitabilité globale de l’opération, d’autant que les intrants, notamment le gaz naturel sont "subventionnés". L’ajustement de la stratégie dans l’aval devrait, au préalable, tenir compte de cela et de l’évaluation des résultats sur les investissements déjà réalisés, notamment sous forme mixte. Invité à participer aux neuvièmes Journées scientifiques et techniques de la Sonatrach (JST9) d’Oran, j’aurai l’occasion d’en débattre. En toute liberté.

 

Mustapha Mékidèche, 10 avril 2013. Liberté.com

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