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Publié par Saoudi Abdelaziz

Chiricahua blog

 

 

Par Chiricahua

 

 

La stratégie de la tension (cf dans les années 70, l’exemple italien avec les « Brigades rouges » manipulées par le SISMI, les services secrets de l’armée, ou l'exemple turc avec les affrontements sanglants entre l'extrême gauche et les Loups gris, organisation fasciste manipulée par le MIT, les services secrets turcs) qu’a mise en œuvre l’armée algérienne était décelable dès l’épisode de l’occupation des places d’Alger par les militants du FIS, en 1991.

 

Comment un parti politique digne de ce nom peut-il ne pas se méfier d’un premier Ministre, Mouloud Hamrouche, qui déclarait à qui voulait l'entendre que pour se débarrasser du FLN qui sabotait ses velléités de réforme, il fallait lui mettre dans les pattes « des plus voyous que lui » (sic) , entendre par là le FIS ? Il est vrai que Hamrouche avait joint le geste à la parole -si l'on peut dire- en faisant cadeau au FIS des municipalités que ce dernier remporta au terme d'une gigantesque fraude orchestrée par le ministre de l'Intérieur, Mustapha Mohammedi.

 

D'un autre côté, peut-on être naïf au point d’inviter le colonel Smaïn Lamari, numéro 2 de la SM, aux réunions du Madjless Ech-choura (l'équivalent du comité central) du parti ? Mais n'est-ce pas là, justement, l'indice le plus probant qu'il y avait bien un accord entre la Présidence, l'armée et le FIS pour ouvrir la voie du pouvoir à ce dernier. Quoi qu'il en soit, le Smaïn Lamari en question convaincra ses hôtes qu'il y avait plutôt intérêt à s'attaquer à la Présidence de la République. Ce que le FIS -preuve de son immaturité politique et de sa croyance en sa propre toute-puissance- s'empressera de faire en organisant sa grande marche sur le Palais d'été.

 

Pour que la stratégie criminelle de la tension réussisse, il faut être au moins deux : un manipulateur retors, sans états d’âme, et un manipulé, complice consentant ou comparse demeuré au degré zéro de la politique. Les services secrets de l’armée algérienne, la SM, ont de qui tenir (5° Bureau français, KGB soviétique, Stasi est-allemande, Securitate roumaine…), alors que le FIS était une sorte de pachyderme sans cervelle. Comment pouvait-il en être autrement puisque le FIS ne faisait que singer le FLN (dont étaient issus tous ses chefs et les trois quarts de son encadrement moyen); il ne promettait rien de plus aux Algériens qu’un système FLN bis, teinté de religiosité rétrograde et absolument sourd aux nécessités de la vie moderne.

 

De manière générale, d’ailleurs, n’est-ce pas le lot de ces mouvements islamistes que de servir -en tout cas d’avoir longtemps servi- de masse de manœuvre aux intérêts US et à ceux des indus-occupants de la Palestine, ces « passants à la parole passagère » comme dirait Mahmoud Darwich ? Le cas de l'Afghanistan est, à cet égard, exemplaire. L’islamisme politique a besoin d’un grand aggiornamento, une mise à jour, dans la définition de ses objectifs et de sa stratégie politiques. L’AKP turque, En-Nahda de Rached Ghannouchi, les Frères musulmans égyptiens (qui viennent, moment capital, de séparer l’action politique de l’action strictement religieuse) indiquent que cet aggiornamento est déjà à l’oeuvre.

 

Le peuple algérien dans son ensemble a fait l'objet d'une terrifiante manipulation dont les protagonistes principaux, la SM, le FIS et l'ANP, partagent l'entière responsabilité. Si attendre un quelconque éclaircissement de la part de la SM ou de l'armée (muette par vocation) est une vue de l'esprit, pourquoi donc les ex-dirigeants du FIS continuent-ils d'observer un silence sans faille sur le bain de sang auquel ils ont exposé, par leur pusillanimité et leur irresponsabilité, le peuple algérien ? Que redoutent-ils à parler, à dire au moins les vérités sur les assassinats d'intellectuels et d'artistes qui leur sont imputés ? Pourquoi persévèrent-ils dans ce mutisme ? Devra-t-on se contenter de l'adage : Qui ne dit mot, consent ?

 

2 septembre 2012. chiricahua.over-blog.com

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