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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sidi Saïd s’est échauffé hier. Ecoutons-le décrire la situation politique aux cadres syndicaux : « Ce qui se passe dans le pays est très grave, surtout si on le place dans le contexte actuel, où les grandes puissances encouragent les islamistes dits modérés à prendre le pouvoir. Nous avons donné 657 martyrs pour que les valeurs républicaines soient préservées. Ceux qui pensent qu’ils peuvent agir à la place du peuple algérien doivent savoir que près de deux millions de travailleurs sont prêts à se sacrifier pour l’Algérie. Des portes ont été ouvertes pour que la mouvance islamiste revienne sur la scène. La sauvegarde de la République passe par la stabilité sociale.»

 Ces motivations éradicatrices sont sans doute à l’origine de l’offensive médiatique engagée par la centrale syndicale. Les prochaines échéances politiques semblent mobiliser les différents clans de l’establishment politique.

 Celui où évolue Sidi Saïd, veut utiliser le mécontentement des militants syndicaux comme masse de manœuvre dans les luttes de clans actuelles. Sidi Saïd, le champion de la paix sociale, leur donne même le feu vert pour des actions de masse, lui dont la spécialité est d’enliser les luttes syndicales dans le marécage du dialogue à sens unique. Ils leur dit aujourd’hui : « Je vous libère. Allez défendre vos droits comme vous le voulez ». Mais chasser le nature il revient au galop, le bureaucrate précise « sans pour autant que ça soit dans le désordre».

 Le chef de la bureaucratie syndicale est audacieux, mais pas téméraire. Il précise : «Mon message ne vise pas le Président, qui est le garant de la stabilité et de l’Etat et de l’UGTA.»

 Bouteflika garant de la stabilité de l’UGTA ? Certes, mais Sidi Saïd lui dit clairement que le pouvoir ne respecte pas le deal : il n’a pas défendu le droit inaliénable de la bureaucratie de l’UGTA de contrôler le secteur juteux des œuvres sociales. Sidi Saïd n’a pas avalé ce lâchage et affirme mystérieusement « Un parti islamiste s’immisce dans l’activité syndicale en faisant campagne contre l’UGTA, dans le but de prendre ces fonds et personne ne réagit. Il est même aidé par l’administration ».

 Pour qui roule Sidi Saïd ? La question devient secondaire pour les salariés en lutte. Ce qu’ils vont sans doute retenir pour l’instant c’est l’affirmation suivante : « Aujourd’hui, je vous dis vous avez ma solidarité et celle de l’état-major de l’UGTA pour prendre toute mesure que vous jugerez utile pour l’intérêt des travailleurs».

 L’adage populaire conseille : « Il faut suivre le menteur jusqu’au pas de sa porte ».

 

Saoudi Abdelaziz, 15 décembre 2011

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