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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Il y trois ans, le pouvoir pliait devant les injonctions de l’Otan. Après l’alignement de la Libye de Kadhafi sur la stratégie consistant à faire des pays d’Afrique du Nord des limes protégeant l’Empire de l’invasion africaine, l’Assemblée nationale décidait que les harragas attrapés iront en prison, chose interdite en Europe. J’ai retrouvé un article du Monde consacré à cette décision peu honorable.

 

 

 

En Algérie, les émigrants clandestins seront passibles de prison

 

On connaissait l'immigration clandestine, c'est-à-dire l'entrée irrégulière dans un pays étranger. Voici l'émigration illégale, autrement dit l'interdiction de quitter son propre pays sous peine de sanction pénale.

Jusqu'à présent, la loi ne permettait pas de réprimer ces départs. Le nouveau texte va l'autoriser, au prix d'une entorse à un principe fondamental des droits de l'homme. La déclaration universelle de 1948 dispose en effet que "toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays". La liberté de quitter son pays a longtemps été ardemment défendue par les pays occidentaux lorsqu'elle était bafouée par l'URSS et ses satellites. Aujourd'hui, seuls des pays comme la Corée du Nord ou Cuba en font un principe, emprisonnant de fait leurs propres citoyens sur leur territoire. Mais le temps où les pays de l'Ouest se faisaient un honneur d'accueillir les fugitifs ayant réussi à franchir le rideau de fer est bien terminé. Le principe ne vaut pas pour les ressortissants du Sud.

Les pressions exercées par l'Union européenne sur les pays africains pour contrôler les flux migratoires ont remis au goût du jour la pénalisation des départs. Le Maroc, particulièrement coopératif avec l'UE, a adopté en 2003 une loi réprimant sévèrement l'émigration irrégulière. La Tunisie s'est aussi lancée dans la chasse aux "brûleurs", l'équivalent des "harragas". Le Sénégal se targue d'interpeller les candidats à l'émigration qui tentent de rejoindre les Canaries.

Cette politique est considérée par les pays de départ comme une monnaie d'échange pour obtenir des aides ou faire pression sur des négociations commerciales. Ainsi, l'accord sur le règlement du contentieux colonial italo-libyen récemment paraphé par MM. Kadhafi et Berlusconi prévoit-il notamment, en échange de la construction d'une autoroute, une participation libyenne aux patrouilles de surveillance en Méditerranée.

Philippe Bernard. Le Monde, 3 septembre 2008.

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