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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

DR-A Salmabad, au sud de Manama, le 12 avril 2013.

 

 

 

(…) Mme Samira Rajab, la ministre de l’information de Bahreïn, pays qui connaît une répression multiforme et violente depuis plus de deux ans a expliqué que « nous avions besoin de sécurité informationnelle [Amn ‘ilami] comme de la sécurité alimentaire ou militaire » (Al-Jarida, 30 avril). Elle a poursuivi en s’interrogeant : « N’est-il pas normal de poursuivre des médias qui profèrent des mensonges sur notre pays, conformément aux lois et à la sécurité nationale ? ». Elle a enfin prétendu que les télévisions satellitaires et les médias électroniques faisaient peser des menaces sur son pays, dénonçant le désordre qui se serait désormais insinué dans le paysage médiatique régional et international.

 

Mme Rajab a également dénoncé « le confessionnalisme », c’est-à-dire en réalité la majorité chiite de la population qui, alliée à des secteurs de la population sunnite, s’oppose à un régime qui n’a dû sa survie qu’à l’intervention militaire, en mars 2011, de troupes d’Arabie saoudite et du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Elle a ensuite affirmé que les pays du Golfe devaient coordonner leur politique pour mettre le Hezbollah libanais sur la liste des organisations terroristes, une demande réitérée ces derniers mois par Israël et les Etats-Unis et à laquelle les pays européens ont, pour le moment, résisté.

 

La signature d’un pacte de coopération sécuritaire dans le cadre du CCG inquiète d’ailleurs les secteurs libéraux et de gauche au Koweït, dans la mesure où certains de ses articles sont en contradiction avec la constitution du pays (lire « Ratification of GCC pact stays elusive », Arab Times, 30 avril).

 

Ni les participants, ni la presse présente au forum ne se sont émus de tels propos. Et les organisateurs ont annoncé que l’an prochain, Manama, capitale de Bahreïn, serait la « capitale des médias arabes », ce dont Mme Rajab s’est réjouie en prétendant que cette décision confirmait qu’il existait au Bahreïn « le plus haut niveau des libertés de l’information ». Décidément, le vent du changement n’est pas encore dominant dans le Golfe.

 

Extrait du dernier article d’Alain Gresh sur blog.mondediplo.net

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