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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

De nombreuses entreprises, au lieu d’embaucher, préfère utiliser les « dispositifs d’insertion » pour disposer d’une main d’œuvre quasiment gratuite, aux frais de l’Etat ! Puis jeter les jeunes après usage. Une enquête de J. Boukraâ dans le Quotidien d’Oran.

 

 

 

 

Des chômeurs floués: Les recruteurs préfèrent une main-d'œuvre «gratuite»

 

 

Entrée en vigueur depuis le 25 décembre 2005, la loi n° 04/19 du 25 décembre 2004, obligeant les employeurs, publics et privés, de passer par les agences de l'emploi, pour tout recrutement au sein de leurs entreprises, ne semble pas satisfaire les jeunes chômeurs.

 

Détournant à leur seul profit certains avantages de ce dispositif d'emploi, certains responsables d'entreprises jettent leur dévolu sur une main-d'œuvre «gratuite» sans pour autant encourager la création réelle d'emplois. Ces recruteurs en quête de main-d'œuvre, continuent à détourner à leur profit un dispositif qui, à l'origine, était destiné à assister les chômeurs. Et ces derniers se retrouvent de nouveau au chômage sans avoir une autre chance de refaire leur requête. Cette loi qui oblige les employeurs de «permaniser» une partie des jeunes embauchés dans le cadre de ce dispositif, au bout de deux ans est «ignorée» par la majorité des entreprises.


A Oran et selon des sources de la direction de l'Emploi, seulement 25% des employeurs respectent la réglementation et «permanisent»les travailleurs. Selon notre source les employeurs ont l'obligation, selon la réglementation d'embaucher au moins 15 % de l'effectif global de l'entreprise avec un contrat d'une année renouvelable, toutes charges à l'actif de l'Etat. Au bout de deux ans, l'employeur doit «permaniser» des travailleurs par ce qu'on appelle le contrat de travail aidé (CTA) d'une durée de trois années.


Pour les universitaires, par exemple, le salaire minimum est de l'ordre de 24.000 DA dont la moitié est à la charge de l'Etat avec des exonérations fiscales pour les entreprises. A l'issue de cette période, les jeunes sont généralement retenus définitivement par lesdites sociétés.

Sur le terrain la réalité est toute autre. Lorsqu'il s'agit de recruter la main-d'œuvre gratuite, les employeurs profitent du DAIP (dispositif d'aide à l'insertion professionnelle). Toutefois, les employeurs dans la plupart des cas, mettent fin au contrat après avoir profité une année de la main-d'œuvre «gratuite», pour ne pas être dans l'obligation de «permaniser» ces jeunes. La procédure portant sur la prise en charge de l'Etat de la rémunération mensuelle, a ouvert les portes à toutes formes d'exploitation. Les recruteurs profitent ainsi pour mettre fin au contrat initial et faire appel de nouveau à l'ANEM pour engager d'autres demandeurs.


A Oran et selon le bilan de l'exercice précédent (2011) établi par la direction de l'Emploi, 27.190 personnes ont été insérées par le biais de ce dispositif. Durant cette période seulement 1.220 CTA ont été finalisés pour des bénéficiaires du dispositif d'insertion. Tout en étant qu'un dispositif d'attente, le DAIP permet quand même, l'insertion et offre 3 types de contrats. Le CFI (contrat formation-insertion) pour le premier groupe, le CIP (contrat insertion professionnelle) pour le deuxième et le CID (contrat insertion des diplômés) pour les universitaires, détenteurs de diplômes.


Dans ce même sillage, il faut rappeler que les différentes formules mises sur pied ont permis d'ouvrir près de 70.000 postes de travail pour la période allant de 2006 à 2011, à Oran. Ces postes ont été accrochés par des jeunes universitaires et d'autres chômeurs sans qualification. Depuis que le recrutement et les offres d'emploi ont été confiés à l'Agence nationale de l'Emploi et notamment à ses agences locales qui enregistrent chaque jour un nombre considérable de demandeurs de renseignements et des postulants aux différents dispositifs. En 2011, le nombre de demandeurs a dépassé les 123.000. Cependant nombreux sont les candidats qui malgré leurs compétences, n'arrivent toujours pas à trouver un travail.

 

J. Boukraâ, 6 mars 2012. Le Quotidien d’Oran

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