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Publié par Saoudi Abdelaziz

“Quel système de santé pour l’Algérie de demain”. C'est le thème d'un forum organisé hier à Alger par le cabinet de consultants Emergy. Saïd Smati rend compte, dans Liberté, des analyses des deux professeurs algériens. Extraits

 

 

La part des ménages dans les dépenses de santé est aujourd’hui de l’ordre de 40%, alors qu’elles étaient dans les années 1970  de l’ordre de 10%. Invité à faire un état des lieux du système de santé national, le professeur J-P. Grangaud n’y est pas allé par quatre chemins pour dire que “ce système est éclaté”.  Selon lui, il y a une grande carence en matière de communication entre les services des mêmes départements et qu’il n’y a pas d’inter-sectorialité. En plus de la disparité dans la répartition de ressources humaines et matérielles qui induit l’inquiétude chez les usagers, le professeur explique que la disparition du secteur sanitaire a entraîné la perte de la notion du “bassin de population” et de ses besoins.

 

 

 

Jean-Paul Grandeur. Professeur de médecine, cadre supérieur de la santé Jean-Paul-Grangaud.-300x224

DR-Professeur Jean-Paul Grangaud

 

 

 

Même s’il met en évidence le fait que des progrès ont été faits, notamment dans la baisse des maladies infectieuses et le rallongement de l’espérance de vie, le professeur pointe du doigt l’absence de planification. Concernant la formation et la recherche, il relève qu’elles ne sont pas suffisamment encadrées de façon réglementaire et n’entrent pas dans le cadre d’un plan de carrière des personnels qui bénéficient de cette formation. D’ailleurs, il indiquera que le ratio de paramédicaux n’a pas changé depuis 1999 stagnant à 1 pour 346. J-P. Grangaud estime enfin qu’il est fondamental d’avoir un système d’information pour aider à la prise de décision.

 

 

 

 

 

Pour sa part, le professeur F. Chaoui, qui est intervenu sur le thème “Défis à venir”, a expliqué que parmi les effets pervers de la médecine gratuite, il y a eu la destruction du système d’information sanitaire. Ce qui fait, ajoute-t-il, qu’aujourd’hui, “on navigue à vue”. Faisant une rétrospective du secteur de la santé, le professeur Chaoui explique, qu’au gré des recettes pétrolières, le secteur a connu des périodes d’investissements massifs et d’autres de désinvestissements.

CHAOUI Farid

DR-Professeur Farid Chaoui

 

 

 

 

 

 

Il citera ainsi la période de 1982/1992 qui a connu de gros investissements dans les infrastructures. Pour lui, c’étaient des investissements politiques qui n’obéissaient pas aux besoins de santé. Par la suite, la période 1992/2002 a connu une chute de l’investissement qui a atteint moins de 4% du PIB.

Ce recul de l’investissement de l’État a favorisé la forte progression de la médecine libérale sans que la sécurité sociale ait négocié la nomenclature des actes. Cette situation a été en défaveur du citoyen qui aujourd’hui dépense plus de 40% pour ses besoins de santé. Aujourd’hui, déplore le professeur Chaoui, “on recommence à investir beaucoup sans plan national de santé”. Pour l’intervenant, malgré les progrès réalisés, le révélateur du manque de performance de notre système de santé reste les chiffres de la mortalité infantile et maternelle. Concernant la densité de médecin, bien qu’on ait progressé, “on reste loin des niveau en Europe”. Pour ce qui est des dépenses de santé par habitant, le professeur Chaoui  indique qu’on est loin par rapport aux pays développés. “Nous dépensons 75 dollars par habitant en médicaments”. C’est à la fois peu mais c’est aussi beaucoup quand on sait que cela représente un quart de la dépense de la santé.

Source: Liberté

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