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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

 

Retraités, cheminots, travailleurs des collectivités locales, de l’éducation nationale, médecins, avocats, magistrats, jeunes chômeurs, s’indignent et manifestent leur colère face à la précarité de leur situation socioprofessionnelle à l’érosion de leur pouvoir d’achat et au non-accès à l’emploi. Le 1er mai 2013 est une fête marquée par la désillusion et la crainte du lendemain par la majorité des Algériens.

 

Au cœur de cette contestation, les revendications salariales occupent la première place. En vérité, la question salariale en Algérie s’affirme et se pose aujourd’hui, comme une préoccupation majeure. Les pouvoirs publics algériens, coincés entre une croissance économique qui peine à s’installer et une pression sociale liée essentiellement à l’érosion du pouvoir d’achat, agissent par à-coups, en tentant de gérer des situations de crises devenues endémiques. L’amplification des contestations sociales depuis notamment janvier 2011, — début du déclenchement du Printemps arabe — les promesses de réformes annoncées par le président de la République et les résultats des différentes tripartites, ont déçu de larges couches de travailleurs, de retraités ainsi que d’autres catégories socio-professionnelles.

 

Ces désenchantements mettent à nue les fissures du tissu social. Au demeurant, les incohérences de la politique salariale menée par les pouvoirs publics avaient déjà, dans un passé récent, fait l’objet de critiques par le Conseil national économique et social (Cnes) qui avait estimé que les différentes revalorisations ont été effectuées “d’une manière cyclique et sans rapport direct avec la productivité du travail et l’inflation”, ce Parlement social avait suggéré dans le même temps “d’aborder la question plus globale des revenus salariaux et des critères qui contribuent à leur détermination et à leur augmentation”.

 

L’incapacité de l’Etat à réguler le marché local des biens de large consommation, fortement dépendant des fluctuations des marchés internationaux et de l’emprise de la spéculation, en plus de la faible productivité de l’outil de production national (laminé par les néolibéraux), rendent la situation plus complexe. A ces paramètres vient se greffer une poussée inflationniste qui repart à la hausse estimée par les spécialistes à plus de 8,5. La combinaison de l’ensemble de ces facteurs s’est traduite par une amplification de la précarité sociale et la paupérisation de plus en plus grande des couches moyennes, menaçant dangereusement la stabilité et la cohésion sociale. Devant une telle situation, de nombreuses voix se sont élevées pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur les risques d’une explosion sociale. Les revendications des chômeurs, à l’instar de ceux des régions du Sud constituent en soi, une “alerte”, dont les décideurs seraient bien inspirés de s’en préoccuper. Les syndicats autonomes et certaines formations politiques avaient suggéré un SNMG à plus de 30 000 DA pour faire face à la dégradation du pouvoir d’achat. L’UGTA, dans une étude sur le même thème, avait recommandé un SNMG à 25 000 DA.

 

De façon générale, les spécialistes des questions salariales estiment que le salaire pouvant faire face à la dégradation du pouvoir d’achat doit osciller entre 40000 et 50000 DA. D’autant que certaines enquêtes sur les salaires révèlent que “la salarisation est en nette recul et est passée en 20 ans, d’environ 50% à moins de 20% — en 2008/2009 — dans la structure du produit intérieur brut (PIB), contre 50% à 60% dans les pays développés et émergents”. Cette baisse, accompagnée par une fragilisation de la relation de travail du fait de la précarité de l’emploi, s’est effectuée essentiellement au profit des sphères spéculatives et rentières.

 

Source : Liberté, 30 avril 2013

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