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Publié par Saoudi Abdelaziz

 
 
 
 
La chronique du Condjador (84)
 
Les tireurs de ficelles et les jongleurs de balles, n’aiment pas ceux qui ne sont pas contaminés par leur culture du « laisse le peuple trimer au quotidien ». A chaque nouveau mandat, on va lui désigner quelqu’un de l'équipe, qui va lui chanter la nouvelle berceuse mise à jour. Un lièvre c'est toujours nécessaire, ça donne du rythme aux élections. Ils peuvent aussi être plusieurs, c’est le panache politique, mais le proverbe populaire nous annonce que lorsque on a le choix dans une portée de chiots, c’est toujours un chien qu’on choisira.
 
Nous les trimeurs à broyer du noir, on a l’habitude de leur entêtement à entretenir cette chaâba infranchissable entre le centre de décision et la société. Avant, c’était : tu votes « oui ou non », symboliquement, maintenant ils veulent un oui indiscutable avec garanties, comme celle de mon ami le chef du bureau de vote à qui on a demandé de fermer les yeux sur le bourrage de la boite, et en récompense son dossier de logement social sera dans la prochaine liste des bénéficiaires. Sommes nous des invalides, des retardés ? Cette mise à jour éternellement recommencée a écrasé la génération des années de la passation de consigne, et toutes celles qui ont suivi. Elle a prouvé son inefficacité.
 
Pourquoi pas Sadek Hadjerès comme prochain président de la république ? L’administration du ministère va-t-elle déclarer son dossier incomplet s’il se présente ? Ou bien, comme on fait dans les hauteurs la sphère du club des pins, le courant d’air va-t-il emporter les pages du dossier par la fenêtre et elles sont irrécupérables. Le délai de remise des dossiers est passé –la prochaine fois inch’allah. Je suis pour Sadek Hadjerès, dans le sens où c’est un exclu du système, il n’a pas participé aux expériences orchestrées dans les laboratoires du système. Je ne sais pas si  Sadek Hadjerès possède sa carte d’ancien maquisard, mais je sais qu’il a participé lorsque l’ennemi était celui de l’autre rive, pas le frère d’arme. Tous les cobayes de l’Algérie sont d’accord à l’unanimité: l’élu doit avoir un bagage politique, une longue expérience. Or, les racines du parti PCA, c’est comme les racines d’un arbre qui ont poussé avant les branches et les feuilles. Et pas le contraire.
 
C’est dans sa nature, L’Algérien mémorise et s’adapte, donc je suis sûr qu’il ne va pas tomber dans le piège des hivers arabes pour être mordu une deuxième fois par le même serpent et dans le même trou.
 
Tel est mon choix, on ne vit qu’une seule fois. Ça y est, je parle comme les vieux. Les gens sont devenus très nostalgiques de la « période socialiste », ils ont compris que cette manne financière et cette ouverture capitaliste ce n’est pas pour eux. Ils sont à la gare à regarder passer les trains, grande déception : ils n’auront jamais le ticket. Si les communistes ajoutent de l’eau à leur vin toute la société répondra tchin tchin, ce sera alors un vrai printemps mondial. Il faut imaginer le retour de la dignité de l’être humain.
 
 Jijel, le 5 juin 2013
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