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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Le 1er avril 2012, l'ancien dirigeant du Pags appelait à agir pour un «Front du Salut» qui, dans l'état actuel, «ne pourrait être ni islamiste, ni laïciste, ni libéral, ni socialiste, mais ne peut être que plus largement et avant tout : National, Démocratique, Social et Souverainiste ». «Que les adorateurs du Dieu argent et les valets prêts à s'inféoder aux néocolonialistes y réfléchissent à deux fois et renoncent à s'associer aux plans de déstabilisation d'une Nation qui a déjà beaucoup donné pour sa liberté et son bonheur».

 

Les élections du 10 mai et le contexte régional et international: Le diagnostic inquiet et mobilisateur de Sadek Hadjeres

Par M.Saadoune, 1er avril 2012

 

La participation, souhaitable, des forces démocratiques et de progrès aux élections législatives n'a de sens que si elle s'insère dans une stratégie politique d'ensemble, estime l'ancien secrétaire général du PAGS, M.Sadek Hadjeres.

Critiquant une conception étriquée de la politique qui ne s'articule pas sur les «préoccupations réelles» des gens, il souligne la gravité des menaces induites par le contexte international et régional.

Pour Sadek Hadjeres, il est utile que les forces démocratiques participent aux élections législatives du 10 mai prochain. A condition de concevoir cette participation comme «un élément d'une stratégie politique d'ensemble et de longue haleine» visant à créer à terme un rapport de force global, «une large hégémonie populaire en mesure de modifier radicalement la nature et le contenu du pouvoir dans un sens démocratique et social conforme aux intérêts de la société et de la nation». Ce genre de bataille, souligne-t-il, n'est pas facile à mener en raison des écueils des «penchants opportunistes» d'une part et du «faux radicalisme» de l'autre. Mais, c'est un «effort» qui en vaut la peine afin de sortir des attitudes purement «symboliques, attentistes et stérilisantes, dans lesquelles les pouvoirs autoritaires, corrompus et corrupteurs, cherchent à enfermer les oppositions légitimes». D'emblée, ce militant au long parcours met en garde contre la tentation de faire de la participation ou non aux élections une «ligne de clivage» entre les forces démocratiques et de progrès. Ce serait faire un cadeau à peu de frais au pouvoir qui cherche à aiguiser ce genre de divergences pour empêcher le développement, au-delà du champ des luttes électorales, d'un «large courant unitaire». Les élections ne sont qu'une partie du combat. L'enjeu pour ceux qui défendent les libertés individuelles et collectives, la justice sociale, les droits humains et la souveraineté nationale, est de savoir «s'unir et agir ensemble» autour des solutions «à apporter aux besoins et revendications innombrables dont certaines sont vivement ressenties et sont au cœur du drame national».

Tropisme politicien

Sadek Hadjeres constate et regrette l'existence d'une sorte de tropisme politicien qui pousse ces forces à focaliser sur les « futiles évolutions dans les sphères institutionnelles» au lieu de prêter attention «au mal-être quotidien du plus grand nombre, aux grondements souterrains, aux saines et brûlantes aspirations qui parcourent la société profonde, anciennes et jeunes générations confondues, aux tensions et souffrances d'une société harcelée par les tensions et problèmes locaux et planétaires».

Ce faisant, on développe une conception de la «politique à l'écart des préoccupations réelles des gens ou avec le seul souci de les instrumentaliser».Et c'est là, diagnostique-t-il, l'une des principales raisons qui «pérennisent la chape de plomb réactionnaire interne et internationale dans laquelle étouffe notre peuple».

D'autre part, Sadek Hadjeres met en relief le contexte international et régional dans lequel se déroulent ces élections. «Ce serait pure myopie» de l'ignorer et de refuser de les mettre en perspective et de les «replacer dans le cadre géostratégique d'enjeux dont les deux volets, celui des évolutions internes et celui des évolutions mondiales, se rejoignent».

Des «comportements plus qu'arrogants» à l'égard de l'Algérie

Ces aspects sont, selon lui, imbriqués à l'heure où il existe une entreprise convergente destinée à «réduire et voler aux peuples du monde arabe et de l'Afrique les fruits démocratiques, sociaux et de souveraineté durement conquis et espérés avec l'indépendance». Il relève à ce propos le «comportement plus qu'arrogant des diplomates, représentants des grands monopoles et stratèges occidentaux envers l'Algérie» en soulignant que l'Algérie est susceptible de subir l'un des traitements appliqués à la Libye, la Syrie ou le Mali. Pour «survivre dans la paix et dans la dignité», le «devoir brûlant de l'ensemble des protagonistes algériens (pouvoirs et oppositions, Etat et société) est de partager la responsabilité commune à laquelle nombre d'acteurs, civils et militaires, ont malheureusement failli en délaissant, dès la grave crise de l'été 62, la voie de la lutte pour des solutions pacifiques, politiques et démocratiques face aux crises nationales successives». Cela passe par un retour «aux fondamentaux qui ont inspiré la lutte libératrice» et par la correction des « écarts qui ont trahi une révolution nationale vers laquelle allaient l'admiration et le respect du monde». Il y a une situation de crise qui remonte à loin. L'impréparation politique et idéologique dans laquelle a été engagée «l'insurrection légitime de 54», qui n'a pu être corrigée à temps par les animateurs du Congrès de la Soummam.

Après l'indépendance, les «luttes sans principes pour le pouvoir» ont empêché de tirer les «bonnes leçons». Au contraire, les détenteurs du pouvoir, «plus attentifs aux leviers de domination et d'enrichissement qu'à la solution des problèmes de société», ont aggravé l'état de crise endémique et son retentissement négatif sur le civisme des citoyens. «Les fastes séquences des conquêtes nationales et sociales des années 70, embrumées par l'autoritarisme répressif, puis les réformes démocratiques et sociales du gouvernement Hamrouche en 1990, avortées et sabotées par les courants rentiers et compradores, ont été un contrepoids insuffisant au glissement néfaste tout en attisant les revanchismes réactionnaires et néo-colonialistes », estime Sadek Hadjeres.

Pour un «Front du salut» National, Démocratique, Social et Souverainiste

Les différentes séquences de cette crise, affrontements armés de l'été 1962 et de 1963-64, coup d'Etat de juin 1965, répression sanglante d'Octobre 1988, répression du mouvement jeune kabyle de 2001, la guerre intestine de la décennie noire 90 pèsent lourdement et ont pour effet de désarmer les Algériens «les plus intéressés à la paix et la cohésion civiles, les plus motivés, les plus résolus à prévenir et conjurer les catastrophes nationales montantes». Il faut, estime Sadek Hadjeres, se mobiliser et débattre pour isoler ceux qui chercheraient «à persévérer dans la voie du suicide collectif, des affrontements criminels et des tractations politiciennes». Il appelle à agir pour un «Front du Salut» qui, dans l'état actuel, «ne pourrait être ni islamiste, ni laïciste, ni libéral, ni socialiste, mais ne peut être que plus largement et avant tout : National, Démocratique, Social et Souverainiste ». «Que les adorateurs du Dieu argent et les valets prêts à s'inféoder aux néocolonialistes y réfléchissent à deux fois et renoncent à s'associer aux plans de déstabilisation d'une Nation qui a déjà beaucoup donné pour sa liberté et son bonheur».

 Source: Le Quotidien d’Oran

 

 

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