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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les syndicalistes de Rouiba répondent à Ouyahia

“Nous ne sommes manipulés par personne”

 

 

 

Les syndicalistes, qui ont réfuté en bloc les accusations d’Ouyahia, ont accordé un autre ultimatum de 15 jours aux pouvoirs publics pour la concrétisation de leurs engagements.

“Nous ne sommes pas des manipulés et nous ne le serons jamais ; nos revendications n’ont rien à voir avec la politique”,  ont affirmé, hier, les syndicalistes de Rouiba en réponse aux propos tenus par  Ahmed Ouyahia lors de sa dernière  conférence de presse.

 

Les syndicalistes, qui étaient réunis hier au siège de l’union locale de Rouiba en présence du secrétaire général de l’union de wilaya, M. Djenouhat, pour évaluer les résultats de la marche qu’ils avaient organisée le 26 décembre à Alger, n’ont pas accepté le fait de donner une connotation politique à leur mouvement de protestation. C’est ce qu’il ressort de leurs interventions faites devant les 80 syndicalistes présents à cette réunion.

 

“À chaque fois qu’on sort  pour exprimer nos revendications légitimes, on nous accuse de faire de la politique”, s’est interrogé M. Benmouloud, secrétaire général du syndicat d’entreprise de la SNVI, qui s’est étonné des propos rapportés par notre confrère El-Khabar et où M. Ouyahia aurait reproché aux travailleurs manifestants d’avoir brandi le slogan : “Oulach esmah oulach”. “Nous n’avons jamais prononcé ce slogan ni un autre de nature politique”, dira M. Benmouloud, qui rejette les propos tenus par M. Ouyahia sur le dossier de la SNVI. “Évoquer la mauvaise gestion de l’entreprise n’a rien de revendications politiciennes”, soulignera-t-il, avant d’ajouter que “le souci des syndicalistes est de savoir que l’argent donné par l’État pour la SNVI est bien utilisé, mais malheureusement ce n’est pas le cas et nous détenons des preuves”, martèle-t-il.

 

Sur l’opération de partenariat projetée entre la SNVI et une entreprise allemande, M. Benmouloud dira : “nous avons de mauvaises expériences avec l’entreprise BTK et ZF et nous ne voulons pas, tout simplement, que les mêmes erreurs soient reconduites.” Et il ajoute que “plusieurs bilans de la SNVI n’ont pas encore été validés et que des dossiers sur la mauvaise gestion de cette entreprise ont été adressés à qui de droit, mais rien n’a encore été fait”.

Abordant dans le même sens, M. Messaoudi dira que les syndicalistes de Rouiba n’ont jamais, au cours de tous les mouvements de protestation qu’ils ont observés, accepté qu’on manipule leurs actions à des fins politiques. “Au contraire, les manipulateurs, ce sont certains gestionnaires qui ont voulu embraser la zone industrielle par leur comportement en licenciant les travailleurs et en refusant d’appliquer les lois de la République.” M. Messaoudi précisera que la marche du 26 décembre a été un succès puisque c’est dans une discipline totale qu’elle a été organisée.

 

Évoquant le résultat de cette action de protestation, il soulignera que “dès que le ministre de l’Industrie et celui du Travail ont été très attentifs à nos revendications, l’ensemble de nos préoccupations a été pris en charge. Certaines ont été concrétisées et d’autres sont en cours”. Selon lui, des inspecteurs du travail ont été dépêchés sur le terrain et ont adressé des mises en demeure aux gestionnaires récalcitrants qui ont toujours refusé l’application du code du travail. “Le ministre de l’Industrie a, lui aussi, pris des engagements pour régler certains problèmes encore en suspens, mais nous attendons la réintégration des travailleurs licenciés et le retrait des plaintes engagées à l’encontre de syndicalistes”, ajoutera M. Messaoudi. Sur les cadres retraités, seuls cinq d’entre eux ont été remerciés. Un chiffre qui semble ne pas convaincre certains syndicalistes présents qui ont fait état du recrutement, ces derniers temps, d’autres cadres retraités au détriment des jeunes cadres diplômés. Des syndicalistes comme ceux de Mobscob et Cammo, entreprises spécialisées dans la fabrication du mobilier de bureau, interviennent pour annoncer que les travailleurs de ces deux entreprises sont toujours en grève en raison du refus du SGP de valider un accord salarial signé conjointement entre le syndicat et la direction. “Les pertes enregistrées par ces entreprises à cause de cette grève  dépassent largement le montant qui pourrait être dégagé pour cet accord salarial”,   dira un syndicaliste.

 

À l’issue de leur débat, les syndicalistes ont accordé un autre ultimatum de 15 jours aux pouvoirs publics pour la concrétisation de leurs engagements. Pour sa part, M. Djenouhat dira que des progrès ont été réalisés et que tous les problèmes pris déjà en charge sont suivis de très près par la Centrale syndicale. Il a félicité les syndicalistes pour leur comportement exemplaire affiché lors de la dernière manifestation.


Madjid T,
10 janvier 2012. Liberté

 

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