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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Sidi-Saïd et son adjoint Djenouhat ont fait leur boulot de « garants de la paix sociale ». Grâce à une mise en scène minutée où deux ministres ont donné la réplique, les « débordements ouvriers » ont été évités. A cette occasion, une première : le ministre de l’Industrie en personne a reçu les syndicalistes de base de Rouiba et a pris des engagements. El Watan conclut son compte rendu de cette journée mouvementée  sur cette nouvelle : « Moins d’une heure après le départ de la délégation syndicale, le ministre a réuni son staff pour mettre à exécution les décisions prises».

 

Auparavant, au cours du meeting devant la centrale syndicale Djenouhat l’adjoint de Sidi-Saïd avait affirmé «Vos revendications sont celles de la direction de l’UGTA », pour ensuite répéter la consigne de la centrale : « Mais évitons d’aller dans la rue ». Le mot d’ordre est repris de manière incantatoire tout au long du meeting.

 

 «Nous nous défendrons contre toutes les agressions. Les travailleurs qui sont là veulent marcher sur les ministères de l’Industrie et du Travail pour se faire entendre. Nous voulons du concret. S’ils ne nous donnent pas de réponse, nous occuperons la rue.» C’est Belmiloud, le secrétaire général du syndicat de la SNVI qui le dit au cours du meeting et le secrétaire général de l’Union locale, Messaoudi, précise que la recette combattive est la bonne : «Il a suffi que nous fassions une assemblée générale pour que le ministère du Travail réagisse ». La zone industrielle de Rouiba emploie entre 220 et 250 000 salariés.  Synthèse blog

 

Le Quotidien d’Oran consacre l’éditorial de M. Saadoune à la journée de mobilisation.

 

 

 

 

ROUIBA, LES «RETRAITES» ET LA CENTRALE

 

 

 Du côté de la zone industrielle de Rouiba, il y a un climat d'effervescence sociale qui a l'air de surprendre le management des entreprises publiques et leurs «tutelles» des SGP. La «surprise» vient du fait que ce sont des syndicalistes de l'union locale de l'Ugta qui mènent la bataille.

 

Comme si les dirigeants des entreprises avaient l'assurance que la «centrale» jouera continuellement au pompier. Or, parfois, la centrale «amie» est obligée d'écouter et de tenir compte des cris de colère de la base. Quand elle ne l'encourage pas quand il s'agit d'essayer de rappeler sa propre utilité politique.

 

Cette dernière explication a été la plus évoquée à la suite du durcissement verbal du secrétaire général de l'Ugta, Abdelmadjid Sidi Saïd, et de sa soudaine combativité. La centrale syndicale peut ainsi prétendre que ses «détracteurs» la critiquent quand elle joue au «pompier», mais aussi quand elle prend un ton plus revendicatif. Mais l'argument est trop simple. Car, la direction de l'Ugta, à force de cultiver son sens des «responsabilités», a fini par convaincre les observateurs qu'elle ne bouge que sous pression. Et dans ce cas de figure, elle bouge car elle ne peut faire autrement.

 

A défaut de pouvoir entraver le mouvement, la centrale syndicale tente de tirer profit d'une exaspération palpable, depuis des mois, dans le bastion ouvrier de Rouiba. Sidi Saïd a ainsi choisi d'accompagner «Rouiba» en mettant en cause le ministre de l'Industrie à qui il a reproché de ne pas répondre au courrier et de «pousser à l'anarchie». Il a même évoqué l'idée d'un complot «prémédité» destiné à discréditer l'Ugta ! L'argument est facile et un peu trop usé. Mais l'essentiel pour la centrale était de ne pas se mettre en porte-à-faux avec une colère sociale réelle. Et les travailleurs étaient, hier, très déterminés.

 

Avant d'être reçus au ministère de l'Industrie et de la PME, les syndicalistes n'hésitaient pas à promettre une mise à l'arrêt de la zone industrielle de Rouiba en cas d'échec des discussions. A entendre les propos tenus par les travailleurs rassemblés hier devant le siège de l'Ugta, on comprend qu'à force d'être comprimée, la colère a pris un tour purulent. Il y avait, par exemple, une violente charge contre les cadres «retraités» qui ont repris du service dans ces entreprises et qui sont accusés de tous les maux et, notamment, de créer un «climat malsain» au sein des unités de production. Il est difficile de se prononcer sur ce genre d'accusation. Mais ces cadres «retraités», qui ont été sans doute rappelés par nécessité par les entreprises, semblent servir de boucs émissaires à une longue panne de dialogue social. Et c'est dans ce domaine où le fonctionnement «pompier» de la centrale a des effets pervers. Quand les structures syndicales locales sont bridées, le dialogue social censé prévenir les conflits ne fonctionne pas. Et c'est bien parce que la démarche de la centrale était trop timorée pour ne pas utiliser un vocabulaire plus politique que les syndicats autonomes ont fleuri malgré les entraves de l'administration. La colère des travailleurs de Rouiba n'était pas destinée seulement contre les SGP et autres «retraités».

M. Saadoune, 27 décembre 2011. Le Quotidien d’Oran

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