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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les travailleurs de cette usine ont entamé, dans leur écrasante majorité, une grève illimitée depuis le mercredi 15 février. Leur action de protestation fait suite à l’arrêt des discussions avec la direction sur la convention collective. Engagées depuis déjà deux mois, les discussions n’ont débouché sur aucun résultat.

 

Des opérateurs, des ingénieurs et d’autres travailleurs de secteurs techniques et de production forment un piquet de grève à l’entrée de l’usine. La plupart des travailleurs sont originaires d’autres wilayates (Tizi-Ouzou, Bouira, Bejaia … ). La colère des travailleurs est résumée dans deux banderoles : "DRH go out’’ et ‘’DRH dégage’’

 

Les griefs du collectif de travailleurs sont plus que légitimes. Ras-le-bol face au refus de la direction de se conformer aux lois algériennes du travail, au manque de clarté dans le système de rémunération, aux énormes écarts entre les bas salaires et les salaires des responsables qui se chiffrent en centaines de milliers de dinars, au refus de mentionner sur les fiches de paie les différents composants du salaire (primes liées au poste, panier, conjoint, etc ..). Ces rubriques sont mentionnées pour la forme mais ne sont pas valorisées.

 

Un des responsables syndicaux informe que l’objectif de la direction est de remplacer toutes les primes liées au poste ainsi que les primes de rendement collectif et individuel par le treizième mois. "Ce que nous refusons fermement" dit-il, ajoutant : "nous ne comprenons pas comment une entreprise qui se permet de payer des hôtels à 18 000 000 DA, de faire sous-traiter des opérations de maintenance, réalisables aisément par notre personnel, par une société étrangère à coup de trente millions de dinars par jour, ne trouve pas de quoi améliorer le salaire de ses travailleurs, alors que nous avons réalisé l’objectif annuel deux mois avant terme’’.

 

Ils dénoncent également les attitudes hautaines et méprisantes du DRH à leur encontre. Il refuse de les recevoir pour lui exposer leurs problèmes. "Il nous ferme la porte au nez ou appelle les agents de sécurité pour nous évacuer, disent-ils, nous sommes des immigrés dans notre propre pays. Ils nous menacent par téléphone, ils croient qu’ils vont nous faire peur, ils se trompent lourdement’’. A l’unisson les travailleurs ont scandé : "Nous n’arrêterons la grève que lorsque nos revendications seront satisfaites’’.

Construite en 2001 par Mehri, cette usine a été cédée en mars 2008 à la célèbre société étrangère HEINEKEN propriétaire de près d’une vingtaine de marques de bière dans le monde.

 

C.P. 18 février 2012. Alger Républicain

 

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