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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Faisant fi de la crise, les géants du secteur du luxe alignent les uns après les autres, des résultats excéptionnels.

 

Dernier en date, Richemont (Cartier, Montblanc, Jaeger-LeCoultre, Van Cleef & Arpels...) a annoncé vendredi 11 novembre une hausse de 29 % de son chiffre d'affaires semestriel, à 4,21 milliards d'euros. Mais aussi un bond de 41 % de son résultat d'exploitation et une hausse de 10 % de son résultat net.

 

"Pour la seconde partie de l'année, nous allons faire face à l'impact des problèmes économiques mondiaux sur le secteur du luxe", a tempéré le PDG de Richemont, Johann Rupert. Et aussi à une comparaison avec des chiffres déjà exceptionnels l'an dernier... Ce qui ne l'empêche pas de parier sur un résultat d'exploitation 2011-2012 "largement supérieur" à celui de 2010-2011. Le groupe continuera à investir à long terme, "en dépit d'un environnement économique mondial très préoccupant".

 

Le gérant d'Hermès, Patrick Thomas, a, quant à lui, promis que le sellier - toujours en guerre avec son actionnaire non désiré, LVMH - allait "battre les meilleures ventes de son histoire" pour viser les 2,8 milliards de chiffre d'affaires. De fait, au troisième trimestre, les ventes ont bondi de 16 %, à 683,2 millions d'euros.

 

Puisque les trois derniers mois de l'année jouent souvent les Père Noël dans les comptes des maisons de luxe, Hermès a, sans véritable surprise, relevé, pour la deuxième fois, ses prévisions de ventes annuelles. Et devrait dégager en 2011 une marge opérationnelle supérieure à celle de 2010 (27,8 % des ventes).

 

Le pôle luxe de PPR (Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent...) a lui aussi tiré la croissance de ce groupe encore diversifié dans la distribution : au troisième trimestre, ses ventes ont crû de 23,1 %, à 1,28 milliard d'euros. C'est même mieux que son grand rival, LVMH.

 

Le propriétaire de Louis Vuitton, Guerlain ou des parfums Christian Dior a réalisé des performances supérieures aux attentes des analystes en déjouant des pronostics qui anticipaient un ralentissement de sa croissance organique (à périmètre constant).(…)

 

Appétit insatiable de la Chine

 

Sur neuf mois, LVMH a engrangé 16,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires (+ 15 %). Pour la première fois depuis deux ans, LVMH fait même état d'un "retour à la croissance" au Japon, seul pays au monde où le luxe était sur une pente descendante.

 

Ces bons résultats sont aussi l'apanage des autres groupes européens. L'allemand Hugo Boss, confiant dans l'évolution positive de son activité, a relevé ses objectifs de résultats à l'horizon 2015. En Italie, Luxottica, le leader mondial des lunettes haut de gamme, est florissant. Prada, désormais coté à Hongkong, a publié un bénéfice net semestriel de 179,5 millions d'euros (+ 74,2 %). Porté par l'Asie, ce groupe compte ouvrir 80 nouveaux magasins par an.

 

Egalement tiré par une explosion de ses ventes en Asie, le britannique Burberry a publié un chiffre d'affaires semestriel, clos au 30 septembre, en hausse de 30 %, à 950 millions d'euros.

 

Dans ce contexte, il semble difficile de croire les Cassandre. Si les valorisations des groupes de luxe ont chuté, comme toutes les valeurs boursières, le marché devrait rester sur une pente ascendante l'an prochain. Devant l'appétit insatiable de la Chine pour les produits de luxe, le cabinet Bain & Compagnie a revu à la hausse, à 10 %, la croissance du marché mondial du luxe pour l'année.

D'autres analystes, chez Cheuvreux ou la Société Générale, sont plus pessimistes. Ils se souviennent des fantômes de la crise financière, qui s'était soldée en 2009 sur une annus horribilis pour le luxe.

 

Nicole Vulser, 11 novembre 2011. Le Monde.fr

 

 

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