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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

« Le forcing médiatique dit tout le contraire de l’option démocratique : le prochain maître est déjà connu de ceux qui en décident ».

 

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Des noms de présidentiables circulent, en prévision d’une hypothétique vacance de pouvoir. Des campagnes sont enclenchées alors même qu’il est question de la “bonne santé” de Bouteflika et de son “prochain retour”.

 

 

 

Le sérail est en train de nous exposer ce qu’il a dans son arrière-boutique. De la thèse du retour de Zeroual — pourtant parti pour l’amour du principe d’alternance, à moins que ce ne soit pour céder la place à Bouteflika — à Benflis, qui ne s’est pas encore relevé de son “couchez-vous” de 2004, en passant par Hamrouche, durablement et silencieusement mis “en réserve de la République”. Pour l’heure, Ahmed Benbitour est le seul à avoir loyalement proclamé sa candidature indépendamment de l’état de santé de l’actuel Président et de son intention de briguer un quatrième mandat ou pas. En définitive, il n’y a pas de candidats pour un projet ; on s’emploie juste à trier dans le panier des présidentiables officiels celui qui, du point de vue de la bourse des clans, pourrait pallier une possible défaillance de Bouteflika.

La liste est établie ; seul change le classement dans chacun des tableaux comparatifs dressés par les différents sous-comités de “décideurs”. Ces “primaires à l’algérienne” sont donc supposées faire en sorte à ce que s’impose à nous, “logiquement”, voire naturellement, le candidat dont l’élection deviendra, comme par magie, évidente.

La campagne d’État et la fraude faisant le reste.

Mais comment ces initiés, même pas en mesure de pouvoir nous assurer que Bouteflika ne fera pas un quatrième mandat, peuvent-ils sérieusement nous faire miroiter l’avènement proche du “bon” nouveau président ? Et cette “bonté” est célébrée en opposition à l’autoritarisme dépensier du régime Bouteflika ! En d’autres termes, nos officieux VRP ont la générosité de nous offrir le candidat unique de la démocratie. Que l’on affublera, le moment venu, du titre fatal de “candidat du consensus”, de “candidat du changement”, ou encore de “candidat de la transition”….

Ce qui est en débat, aux termes d’un troisième mandat de temps perdu, de régression, de répression et de dilapidation, c’est de savoir si l’Algérie, après avoir éprouvé toutes sortes de dictatures, veut enfin entrer en démocratie. Ce qui est en question, ce n’est pas de dénicher le bon Président. Pourquoi des maîtres qui se sont toujours trompés voudraient-ils priver le peuple du droit de choisir et… de se tromper ? Là, au moins, il pourrait réparer son erreur après… un mandat !

Si, à l’ordre du jour, est vraiment la démocratie, il n’y a “honnêtement” pas lieu d’évoquer une candidature qui ne se soit pas elle-même déclarée. Autrement, cela revient ni plus ni moins à avancer son pion muet pour le préserver de toute réplique adverse.
Le forcing médiatique dit tout le contraire de l’option démocratique : le prochain maître est déjà connu de ceux qui en décident.

Et l’on attend juste le moment opportun de le présenter comme le probe génie de la démocratie, de la réconciliation, du consensus, du développement et de la dignité que l’on attendait. C’est le coup de “rey-rey” de notre David Copperfield national… Regardez bien les cartes qui sont exhibées ; la carte gagnante est dans le paquet !

 

5 juin 2013.  Liberté.com

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