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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Les Algériens exigeront encore et toujours de la transparence au sujet de la gestion des avoirs financiers de la collectivité et à revendiquer le droit à dire leur mot sur leur utilisation » écrit aujourd’hui Kharroubi Habib dans sa chronique du Quotidien d’Oran.

 

 

Le bon choix, selon Djoudi

 

par Kharroubi Habib

 Devant la multiplication des interpellations et questions  soulevées par des économistes sur les conséquences de la crise de la dette américaine sur les réserves de changes de l'Algérie, le ministre des Finances, Karim Djoudi, a réagi dans l'entretien qu'il a accordé à l'APS en infirmant que ces réserves encourraient les risques dont ont fait état ces économistes.

 Le grand argentier du pays a été catégorique dans ses réfutations. Le pays, selon lui, n'a rien à craindre des répercussions de la crise de la dette américaine pour ses placements. Cela parce que le choix fait par les autorités en la matière fait que ces placements bénéficient d'une sécurisation à triple niveau : leur capital serait garanti, ils sont couverts contre les risques de change, et, étant liquides, il est possible de les retirer à tout moment.

Répliquant par ailleurs aux critiques formulées contre l'option des autorités de déposer les réserves de changes en valeur d'Etat que certains économistes jugent frileuse et non génératrice d'intérêts conséquents, Karim Djoudi a affirmé que l'assertion évacue le risque/rendement que comportent les solutions qui ont les faveurs de ces économistes, qui sont des choix hasardeux parce que spéculatifs. Selon lui, la prudence a dicté la démarche des autorités car, a-t-il ajouté, «quand nous avons la responsabilité de l'argent de la collectivité, on ne spécule pas ».

 Ainsi donc, les Algériens n'ont pas à s'inquiéter sur les réserves de changes du pays. Du moins s'ils font crédit aux éclaircissements apportés par leur ministre des Finances.

Beaucoup d'entre eux se satisferont à l'évidence des explications et justifications développées par Djoudi, parce qu'ils ont en tête les alarmes qu'ont lancées les mêmes économistes en 2008 contre la politique de «prudence» dans la gestion des réserves de changes suivie par les autorités et qui se sont révélées injustifiées. Il a été démontré au contraire que si ces autorités avaient écouté et suivi les prescriptions de ces économistes avant la crise de 2008, l'Algérie aurait inévitablement subi des pertes sèches dans ses réserves de changes.

 Il reste que si Karim Djoudi a récusé avec un argumentaire crédible les critiques formulées par ces économistes sur le choix de prudence fait par les autorités en matière de gestion de réserves de changes, il a par contre fait l'impasse sur deux questions soulevées par eux : celle qui concerne le manque de transparence caractérisant cette gestion et celle posant le pourquoi de la non-utilisation de ces réserves pour des projets industriels producteurs de richesses et créateurs d'emplois durables.

A l'évidence, Karim Djoudi a gardé le silence sur ces deux questions pour la simple raison qu'il ne pouvait en remettre en cause la pertinence. L'opacité de la gestion des finances de l'Etat relève de la nature du système politique qui régit les affaires de la nation ; la non-utilisation à des fins de création des bases pour un développement durable découle, elle, de l'inexistence d'une stratégie de développement global.

Critiques et questionnements continueront par conséquent à s'élever car les Algériens exigeront encore et toujours de la transparence au sujet de la gestion des avoirs financiers de la collectivité et à revendiquer le droit à dire leur mot sur leur utilisation. Il n'appartient à aucun pouvoir de décider seul, dans le secret de ses hautes sphères, de ce qui est bon pour faire «leur bonheur malgré eux».

Le Quotidien d’Oran, 16 août 2011

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