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Publié par Saoudi Abdelaziz

« La jeunesse est le gisement le plus durable, la part vitale d'une société, seule garante de la pérennité de la nation. Pourquoi, à côté des plans de développement économique nationaux, régionaux, sectoriels, etc., ne pas envisager un plan de développement humain orienté vers les jeunes ? Un plan ambitieux et pluridisciplinaire qui serait construit et orienté entièrement pour et vers ces catégories de la population ? » C’est la question que pose K. Selim dans son éditorial d’aujourd’hui.

 

 

Ce qu'investir veut dire

 

 Le sempiternel débat sur les réserves de change qui rapportent ou non, qui sont en sécurité ou pas, commence à lasser une bonne partie des économistes et de l'opinion en général. Le débat technique sur le degré de rentabilité ou sur la protection de ce matelas fantasmé, destiné d'abord à prémunir le pays d'une évolution adverse de l'économie mondiale, semble tourner en rond.

 Ceux qui souhaitent sortir des logiques de gestion purement financières butent sur les réalités d'une économie qui peine à absorber de manière productive les capacités financières générées par ses ressources fossiles. L'approche découle d'une vision exclusivement
excessivement ? - économique de la société et de ses possibilités d'évolution. Elle est à l'évidence insuffisante et au vu de nos réalités, c'est là un pur euphémisme
. Dans un pays où la jeunesse est largement majoritaire, qui a assumé un effort remarquable de massification de l'enseignement, concevoir le développement sous un angle purement quantitatif est un exercice qui a dépassé, depuis trop longtemps, ses limites. La transformation qualitative est obligatoire pour fonder une base de compétences dans tous les domaines et créer les conditions d'une dynamique de créativité et d'initiative, talon d'Achille de la société algérienne.

 Ainsi, tout milite pour la réhabilitation radicale des structures de formation, ce qui nécessite la valorisation des professions du secteur de l'éducation, la formation permanente des formateurs et l'amélioration des conditions pour les élèves de tous les cycles jusqu'à la création de pôles d'excellence.

 Cela ne suffira pas à répondre aux attentes d'une jeunesse qui n'a que le web comme unique fenêtre sur le monde et ses évolutions fulgurantes. Qui en disconvient ? La jeunesse algérienne s'ennuie, les infrastructures n'étant pas adaptées à des masses de jeunes désœuvrés et contraints, bon gré mal gré, «à tenir les murs» et voir le temps s'écouler dans une totale vacuité. Alors pourquoi ne pas, enfin, investir dans ce capital humain dilapidé au fil d'un temps stérile ? Les pertes de substance - et la tentation d'idéologies désespérées - sont infiniment plus dommageables que l'érosion infligée par l'inflation sur les réserves de change.

 La jeunesse est le gisement le plus durable, la part vitale d'une société, seule garante de la pérennité de la nation. Pourquoi, à côté des plans de développement économique nationaux, régionaux, sectoriels, etc., ne pas envisager un plan de développement humain orienté vers les jeunes ? Un plan ambitieux et pluridisciplinaire qui serait construit et orienté entièrement pour et vers ces catégories de la population ?

 Ce plan, mis en place ailleurs avec des résultats probants, qui irait de l'implantation au niveau des communes de terrains de sport, basket, volley-ball, dotés des équipements minimaux et de clubs scientifiques, de l'astronomie à l'aéromodélisme, et à la réalisation de programmes multimédias, pourrait canaliser l'élan vital de notre jeunesse vers l'inventivité et la création.

 Certes, une large partie de ce plan serait financée sans rentabilité immédiate ni enregistrement comptable des résultats. Mais à la mesure des investissements inutiles, d'autoroutes importées et de mégamosquées construites par d'autres, ce serait là une démarche qui aurait au moins le mérite de parier sur la dimension humaine de notre devenir collectif. Un plan de développement pour la jeunesse serait-il vraiment un gaspillage ? Du haut de nos richesses improductives, quelques milliards détournés des bons du Trésor américain qui servent à financer les guerres impériales ne sauraient en rien constituer un risque inconsidéré.

K. Selim. Le Quotidien d’Oran, 29 août 2011…

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