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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Manuel Valls rencontre les policiers, le 21 avril 2013, juste avant la manifestation anti-mariage homosexuel

@AFP/Archives Pierre Andrieu

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

C’est devenu, comme le bon vin, un produit d’exportation français. C’est l’art de gérer les foules en colère. Le savoir-faire policier français est très prisé. La demande mondiale est importante, surtout depuis les levées de masse engagée début 2011 un peu partout dans le Machreq et le Maghreb, suivi en 2012 dans le monde occidental par Occupy Wall-Sreet et en 2013 par les manifestations populaires mondialisées pour contrer les politiques d’austérité.

 

 

Il faut donc que les pouvoirs concernés apprennent les techniques pour empêcher, avec un minimum de dégats, l’occupation populaire durable de l’espace publique qui risque d'ouvrir la voie à des changements politiques non souhaités par la domination. La France est là pour fourguer son expertise et sans doute les matériels qui vont avec.

 

La révélation de l’accord franco-turque pour« la gestion démocratique des foules », a relancé la polémique sur les réseaux sociaux, après les scènes de violence qui se sont déroulées depuis quatre jours à Istanbul et Ankara. Il s’agit, selon Le Quai d’Orsay, cité par Mediapart, qui publie ces révélations, de « techniques de maintien et de rétablissement de l’ordre pour maîtriser des individus armés sans faire usage d’armes létales ». On s’en souvient, un accord similaire avait été proposé par l'inénarable Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur de Sarkozy, lorsqu’elle avait proposé le «savoir-faire » français, lors du démarrage de la révolution tunisienne contre Ben Ali.

 

« La gestion démocratique des foules »  fut aussi l’un des sujets des discussions du général-major Hamel, chef de la DGSN, avec ses homologues français, lors de sa récente visite à Paris. L’objectif affirmé est de « moderniser les accords de 2003 » selon Marc Pasotti, commissaire divisionnaire, attaché de sécurité intérieure à l’ambassade de France à Alger, cité par eldjazaircom. Le commissaire raconte la visite en France du chef de la DGSN : « Dans la continuité de cet échange et lors d’une démonstration de gestion démocratique des foules, le grand souci du DGSN est le désamorçage des conflits dans l’espace public, les moyens mis en œuvre pour éviter l’usage de la force et la capacité des forces de l’ordre à subir, sans réagir à la provocation ».

 

 

Saoudi Abdelaziz, 5 juin 2013

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