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Publié par Saoudi Abdelaziz

Conseil des ministres le 26 août, ouverture de la session parlementaire le 4 septembre, quelques petites annonces du premier ministre, avec en perspective un conseil des ministres « crucial » dans une dizaine de jours. La rentrée politique de 2011 a laissé perplexes les chroniqueurs qui semblent penser qu’il y anguille sous roche. Leur dérision caustique habituelle est ce matin teintée de gravité.

 

 

 

Une nouvelle Algérie dans 15 jours

 

Chawki Amari. Point Zéro. El Watan, 5 septembre 2011

 

En marge de la réunion des amis, frères, tuteurs et souteneurs de la nouvelle Libye, le ministre des Affaires étrangères algérien a tenu à rassurer tout le monde sur l’avenir de son propre pays. A la traîne des dynamiques dans le monde arabe, dromadaire fainéant qui rechigne à rejoindre la caravane en préférant dormir dans le sable adossé à un puits de pétrole, l’Algérie vient de révéler sa feuille de route. Selon le ministre Medelci, représentant mou d’un régime dur, les réformes sont prêtes et seront livrées dans 15 jours, comme un immeuble AADL commandé à une entreprise chinoise.

 

La cigale, ayant chanté tout l’été la bonne intelligence du pays, se retrouve démunie à l’automne avec de maigres réformes, grignotées par l’irresponsable conservatisme d’un système qui n’a pas encore réalisé qu’il ne fait pas partie de la solution mais du problème.

 

Quelles sont ces réformes ? Six lois sur les partis, les élections, les communes, les femmes et l’information. A la fin du mois, l’Algérie aura fait peau neuve, avec des vêtements neufs de l’Aïd et une nouvelle coupe de cheveux. Sauf que les coiffeurs le disent, quand on n’a pas de cheveux, on ne peut pas faire grand chose, tout juste lisser la seule mèche valable et l’étirer pour recouvrir la plus grande partie possible du crâne. L’illusion est créée et de loin, la tête semble recouverte d’une chevelure jeune et solide.

 

Les responsables croient-ils qu’avec six lois techniques, ils peuvent contenir l’immense besoin de changement ? Apparemment oui, d’où cette coupe de cheveux hybride, censée redonner de la vigueur à un corps vieux et malade qui serait plus à sa place dans un frigo que dans un bureau décisionnel. Que disent encore les coiffeurs ? Que la chute est irréversible. Mais, peut-on confier une analyse historique à un coiffeur ? Oui, puisque les bouchers ont été amnistiés et les boulangers devenus les maîtres du pays.

 

 

Éradicateur ou réconciliateur ? Analyse sur un fauve


Antar Daoud. Le Quotidien d’Oran, 5 septembre.


(…) Car, dans quelques mois, la donne va changer. D'autres prendront le volant. Qui ? Deux équipes en concurrence. Celle qui veut une transition en douce ou celle qui dit «l'heure est trop grave pour laisser ce peuple conduire la voiture qui n'est pas à lui de toute façon» et donc il faut frapper, punir. Des réconciliateurs avec le temps ou des éradicateurs d'un nouveau genre. C'est là que les Algériens vont payer, comme durant les années 90. Alors que cette fois-ci, ils n'auront même pas voté ni choisi ni fait de gaffe et le FIS n'est plus qu'une poupée gonflable. Ils auraient tout juste le tort d'être nombreux et d'être une menace possible.

 On ne mesure pas encore l'affolement et l'angoisse et l'obligation de mutation qu'a induits la chute de Kadhafi sur le régime algérien. Derrière la sérénité, la peur que confessent de petites manoeuvres genre campagne contre El Jazeera et jeu de dupe sur la fibre nationale anti présence française au Maghreb. Le Pouvoir déclencherait même une guerre 54 contre la France car c'est le dernier moyen connu pour s'offrir un pays au nom d'un peuple.

Pour une fois, on sent la contradiction, l'absurde et la peur, la vraie, de vraiment être arrivé à terme. Le fauve sent vraiment qu'on veut sa peau, sa fin, sa place. Il sent qu'on parle de lui dans son dos. Il sent qu'il doit survivre et regarde avec une incroyable attention le cas de la Syrie pour voir s'il y a une vie après le réveil d'un peuple. Pendant que le peuple regarde la Tunisie et l'Egypte pour savoir s'il y a une vie après la mort de la dictature.

 

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