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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

« Le projet est toujours en discussion ». Le ministre de l'industrie répond ainsi inlassablement, depuis que le Pdg de Renault avait, début février, manifesté les réticences de la firme française, coincée entre le besoin de rentabiliser sa nouvelle usine marocaine et les pressions de l’opinion française contre de nouvelles « délocalisations ».

 

Premier importateur de voiture, « Renault n'a pas l'intention de construire une usine en Algérie, mais elle entretient l'illusion pour empêcher les autres marques de s'installer en Algérie » affirmait Le Quotidien d’Oran le 10 février dernier.

 

On se rappelle que le ministre algérien de l’industrie, M. Benmeradi avait déclaré une semaine plus tôt : « Le projet de fabrication de véhicules en Algérie en partenariat avec le constructeur allemand Volkswagen est "en train d’avancer" et suscite l’intérêt d’un fonds d’investissement qatari » (Aps, 2/2/2012).

 

 

 M. Benmeradi n’est pas revenu sur cette option et continue de vendre l’illusion Renault à ses compatriotes. Assuré que Renault ne le contredira pas, le ministre Benmeradi a répété hier sur la chaîne 3 : «C’est un projet qui est toujours en discussion qui continue d’avancer »

 

Des délégations de Renault « ne cessent de venir pour repérer les sites » a-t-il  informé, bien que les journalistes ne semblent pas avoir eu vent de leur présence. Mais, peut-être le ministre dribble-t-il trop : pourquoi « pour repérer des sites », alors qu’il confirme l’instant d’après que l’usine sera implantée à Bellara? On se rappelle que pour mettre en cause cette option Carlos Ghosn, le Pdg de Renault, dans son souci de compliquer les choses avait mensongèrement présente le port de Djendjen, le grand port en eau profonde d’Algérie, comme « un micro-port complètement paumé ».

 

Pendant que Renault observe un mutisme total sur le projet algérien que le gouvernement Ouyahia lui prête, La riouaya algéro-algérienne continue.

 

Le ministre de l’industrie reconnaît qu’il y a du retard, l’accord devant être signé en septembre 2011 , mais, assure-t-il, « ce retard a ses raisons objectives ». Car, M. Bemeradi met les principes très haut : « Si nous avions voulu une usine de montage ça aurait été plus facile ». « Notre ambition est de faire émerger une filière automobile en Algérie ». Comme si les PME de sous-traitance automobile qui n’existent naturellement pas en Algérie, ne devaient pas être nécessairement lancées parallèlement à l’implantation de l’usine !

 

Le pouvoir n’a –t-il besoin que d’avoir les mains pleines avant le 10 mai, même si ce n’est que de vent ? Croit-on que les électeurs jijéliens sont à si naïfs ?

 

 

Saoudi Abdelaziz, 23 mars 2012

 

 

Algérie : le projet Renault bute sur la question de sa rentabilité

 

La question de la sous-traitance ralentit l’aboutissement du projet Renault, estime le ministre de l’Industrie de la PME et de la promotion des investissements, Mohamed Benmeradi. Le constructeur Français demande d’augmenter les niveaux de production pour pouvoir intégrer la production nationale aux taux voulus par le gouvernement algérien. « Les négociations sont très serrées sur la question de la rentabilité du projet », reconnait le ministre.

Le projet d’implantation d’une usine Renault en Algérie bute sur la question de sa rentabilité et de la sous-traitance, à se fier aux déclarations du ministre de l’Industrie, de la PME et de la promotion des investissements. Lors de son passage ce jeudi sur les ondes de la radio nationales algérienne, Mohamed Benmeradi reconnait que le projet a pris du retard. Le ministre avait annoncé la signature d’un premier document d’entente avant fin 2011. « Ce retard a ses raisons objectives », a-t-il indiqué.

Selon lui, les discussions sur la sous-traitance ont pris beaucoup de temps « parce que si nous avions voulu une usine de montage ça aurait été plus facile ». « Notre ambition est de faire émerger une filière automobile en Algérie », a-t-il rappelé.

A ce titre, a-t-il précisé, les négociations sont très serrées sur la question de la rentabilité du projet. « Notre partenaire estime qu’il faut des niveaux de production plus élevé pour la rentabilité du projet pour pouvoir (aussi) réaliser les projets d’intégration verticale », a-t-il détaillé.

Le projet de l’implantation d’une usine Renault en Algérie est censé booster la création d’une industrie nationale de l’automobile. Le taux d’intégration de la production nationale dans ce projet sera, dans un premier temps de 30 % avant d’aller au bout de 5 années à 50 %. Pas moins de 100 entreprises ont été identifiées pour être intégrées au projet dans le cadre de la sous-traitance.

Le niveau de production prévu est de 75.000 véhicules légers par an, dans un premier temps avant d’aller vers une moyenne de production de 150.000 véhicules/an.



« Faire l’économie de déclarations »



Se refusant à tout commentaire sur les récentes déclarations du PDG de Renault, le ministre affirme travailler d’une manière sérieuse et rigoureuse sur ce dossier pour lequel il a l’espoir et la conviction de le voir aboutir. Carlos Ghosn, PDG de Renault faisait état d'un non aboutissement des négociations entre l'Algérie et le constructeur Français.

« Les discussions sont en cours, nous sommes extrêmement intéressés mais pour l'instant il n'y a pas d'aboutissement », avait-il déclaré lors d'une conférence de presse, qui a suivi l'inauguration de son usine à Tanger au Maroc en février dernier.

 

Estimant qu’il vaut mieux faire l’économie de déclarations qui peuvent nuire à l’aboutissement du projet, le ministre assure : « C’est un projet qui est toujours en discussion qui continue d’avancer ». Pour étayer son propos, le ministre rappelle que des délégations de Renault « ne cessent de venir pour repérer les sites et discuter avec les filiales ».

Le site choisi pour l’implantation de l’usine est Bellara (Jijel). Une délégation de Renault est venue étudier ce site et une autre pour la qualification des entreprises concernées par l’investissement. L’investissement est évalué, rappelle-t-on, à un milliard d’euros. Il sera supporté, selon la règle de 51/49, par l’Etat à hauteur de 51 % dont 15 % par la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et 36 % par le Fonds national d’investissement (FNI), et 49 % par le constructeur français.

 

Ferhat Yazid, 22 mars 2012. Maghreb Emergent

 

 

 

 

Quelques bonnes raisons de douter d’une usine Renault en Algérie

 

 

Par Ouassama Nadjib

 

 

A Alger, le ministre de l’industrie et de la PME, Mohamed Benmeradi, est pratiquement le seul à avoir lu du « positif » dans les déclarations du PDG de Renault à Tanger. Pour des spécialistes algériens, le patron du groupe automobile a trop d’investissements engagés à l’étranger, au Maroc et en Inde notamment, pour se risquer dans une aventure en Algérie.

 

Renault vend bien en Algérie et ses voitures sont celles qui marchent le plus. Le constructeur automobile a-t-il pour autant intérêt à venir s’installer en Algérie avec des conditions d’investissement qu’il juge moins souples et moins généreuses que ce qui est offert au

Maroc ? Dans l’optique du gouvernement algérien, la cause est entendue. Il existe un marché en Algérie qui justifie largement la venue de un ou de deux constructeurs automobile. Ainsi, les voitures construites en Algérie bénéficieraient d’un régime de faveur qui les rendrait concurrentielles par rapport aux voitures importées. Ceux qui veulent garder le marché ou le prendre auraient donc intérêt à venir. En clair, l’Algérie, tardivement, cherche à obtenir une contrepartie industrielle pour son marché. D’où les discussions en cours avec Renault et Volkswagen. Mais objectivement, Renault qui vient de lancer son usine low-cost à Tanger qui va produire 400.000 véhicules dont 80% destinés à l’exportation, ce qui inclut aussi bien le marché algérien, africain que méditerranéen, n’a pas de raison de se presser. « Il peut attendre tranquillement que les efforts d’une relance de l’Union du Maghreb (UMA) et donc essentiellement de la réouverture des frontières avec le Maroc pour vendre de made in Maroc en Algérie » explique un économiste algérien. Et ajoute-t-il ironique, « les algériens subventionnent les autoroutes pour que Renault y fasse circuler ses low-cost alors qu’ils auraient du subventionner des usines ».

 

 

Pas de lobby algérien en France

 

 

D’où, selon lui, le décalage entre l’optimisme du gouvernement algérien et les propos refroidissants de Carlos Ghosn, le PDG de Renault. Le constructeur automobile, attaqué en France, pour son usine Renault à Tanger, n’est vraiment pas pressé de conclure. Outre des raisons purement économiques liées au fait que ses investissements pour la production low-cost sont déjà importants à l’étranger, des aspects « politiques » interfèrent. « Il n’existe en France aucun lobby pour défendre l’installation d’une usine Renault alors que dans le cas du Maroc on peut observer que la classe politique française proche du palais s’emploie à calmer un jeu qui s’est emballé dans le contexte électoral » explique un spécialiste des relations France-Maghreb. « Une usine Renault à Tanger ça passe, une usine Renault en Algérie, c’est beaucoup moins sur que ça ne cassera pas » explique-t-il en estimant qu’on n’en finira pas de regretter, en Algérie, l’échec du projet Fiat. Pour certains observateurs, le vrai message de Carlos Ghosn était principalement destiné à Volkswagen, Renault affirmant vouloir préserver sa « niche » algérienne de 50.000 voitures vendues chaque année. Mais le fabricant allemand est-il réellement intéressé ? Selon Mohamed Benmeradi, c’est le cas et il y aurait un appoint financier d’un fond d’investissement du Qatar.

 

 

 

Volkswagen sortira-t-il du « made in Germany » ?

 

 

Les spécialistes attendent de voir. Le modèle de Volkswagen, c’est clairement le « made in Germany ». Si le constructeur allemand s’engage en Algérie ce serait un évènement rare. « Mais cela s’est vu dans le passé, ils l’ont fait au Brésil » note un spécialiste en soulignant qu’il est de l’intérêt de l’Algérie de ne pas dépendre de Renault. Les réticences de Renault et l’incertitude de Volkswagen doivent-elles pour autant faire renoncer à toute ambition industrielle ? Dans les milieux d’affaires algériens, on estime que le sujet est abordé d’un mauvais biais par les pouvoirs publics. Selon eux, au lieu de poser des contraintes en matière d’investissement et de répartition du capital, il serait plus pertinent de demander à un éventuel constructeur intéressé de fabriquer également une voiture « tout électrique » et de prendre ainsi une option pour l’avenir. Ils font valoir que les gros investissements consentis par l’Algérie dans le domaine de l’électricité vont générer une production qui devrait largement satisfaire une demande locale en hausse. Pour eux, il serait intéressant d’encourager la voiture électrique aussi bien pour des raisons environnementales que par souci de préserver une ressource pétrolière stratégique. En tout cas, presque tous nos interlocuteurs qu’il existe de bonnes raisons de douter du projet d’usine Renault en Algérie.

 

Ouassama Nadjib, 15 février 2012. Maghreb émergent

 

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