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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Lakshmi Mittal. (Reuters)

DR

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

 

Maghreb Emergent a obtenu une copie de « l’accord sur une feuille de route pour la réhabilitation du complexe sidérurgique de Annaba»: 51% des actifs sont désormais détenus par l'Etat algérien (46% des actifs au groupe SIDER et 5% des au Fonds national d'investissement) et 49% par le groupe ArcelorMittal. La Banque extérieure d'Algérie (BEA) apporte 700 millions de dollars au plan de développement du complexe. « Dans le cadre d'une utilisation économique des énormes fonds oisifs des institutions bancaires », commente le journal.

 

Tout en annonçant que « La renationalisation du complexe est acquise », Maghreb Emergent précise que cette renationalisation ne remet pas en cause « le management d'ArcelorMittal ». La multinationale garde toujours les rênes. On va juste introduire « quelques aménagements » : le conseil d'administration sera présidé par un Algérien qui sera associé au choix des cadres dirigeants du complexe.

 

 

ArcelorMittal a-t-il obtenu le feu-vert pour les compressions d’effectifs qu’il projetait ? La réorganisation des modes de productions aura lieu sans licenciements assure, sans engagement ferme,  la « feuille de route » : «L'accroissement durable des capacités permettra une utilisation efficace du capital humain et n'engendre aucun départ forcé, au contraire un maintien et recrutement des effectifs pour permettre au complexe d'avoir une gestion performante de son capital humain».

 

L’accord promet un «droit de regard des travailleurs sur les actes de gestion de la société », en application de la loi 90 -11 sur les relations de travail.

Arcelor-Mittal avait certes en face de lui des négociateurs algériens aguerris. Mais, les 51% ne peuvent pas garantir l’intérêt national. Le compromis pour être fécond doit être adossé à volonté nationale autonome de développement de nos capacités industrielles ? Pour l’instant nous avons un compromis à forte charge médiatique consenti à un pouvoir indécis et instable, par un Lakshmi Mittal, en mal de liquidités. On offre au rusé Marwari de puiser dans « nos énormes fonds oisifs ». Peut-on croire qu’il ne compte pas, en échange de concessions de forme, continuer à intégrer Annaba dans sa stratégie multinationale ? Rien n’est pourtant joué : une utilisation nationale offensive des 51% détenu par le secteur public est possible, dans un autre contexte national. A moins d’une clause inconnue.

 

Saoudi Abdelaziz, 28 mai 2013

 

Source : Le Quotidien d’Oran

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