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Publié par Saoudi Abdelaziz

« On manque d’une vision pour rompre avec le modèle d’économie rentière », c’est le titre de l’article d’El Watan d’hier consacré aux propos de Kamal Benkoussa, portant en sous titre comme une médaille sa qualité de « Partenaire chez GH LLP, hedge fund macro économique américain ».

Après de laborieux développements sur la crise financière internationale, M. Benkoussa aborde le vif du sujet :

 

« Nous devons donc nous préparer à saisir les opportunités d’investissement durant la très courte vague déflationniste que connaîtront les économies mondiales afin de sortir de la dépendance vis-à-vis de nos importations et ainsi éviter de subir les conséquences désastreuses d’une forte inflation importée. Cela suppose que nous ayons avant tout une véritable stratégie économique (secteur par secteur) avant de faire l’acquisition de valeurs technologiques par la prise de participation dans des entreprises stratégiques pour notre développement. Malheureusement, nos gouvernants manquent cruellement d’une vision qui pourrait définitivement rompre avec notre modèle d’économie rentière (et donc d’une grande vulnérabilité) et faire entrer l’Algérie dans une ère de prospérité. Etant donné le fonctionnement de notre organisation sociale (dans laquelle j’inclus l’Etat), notre pays sera encore dans l’incapacité chronique de créer les emplois que requiert une population active aussi importante que la nôtre, et surtout la jeunesse. Permettez-moi de vous dire que je suis extrêmement inquiet pour l’avenir, à moins d’un changement de cap à 180 degrés".

 

 

 

Que peuvent nous apporter les compétences et l’expérience de M. Benkoussa qui avait déjà exposé il y a deux ou trois mois dans le quotidien El- Watan sa proposition de « changement de cap à 180 degrés »? (notre blog en avait rendu compte). Nous nous sommes reportés au dictionnaire électronique Wikipedia pour savoir dans quoi excellent les hedge funds.  

 

Les spécialités des hedge funds telles qu’elles sont décrites par wikipédia

Le dictionnaire note avant de décrire les outils des hedge funds : « En 2009, les deux tiers des hedge funds sont localisés dans les îles Caïmans, qui est de facto le paradis fiscal des multinationales ».

 

Le short selling ou vente à découvert  consiste à vendre au comptant des titres que l'on ne détient pas, en espérant les racheter moins cher ultérieurement. Pour ce faire, le gérant emprunte ces mêmes titres sur la période. En effet, lors d'un prêt de titres il y a transfert de propriété vers l'emprunteur, si bien que celui-ci a le droit de les vendre ; il lui faut seulement faire en sorte d'avoir racheté les titres au moment où il doit les rendre. Cette stratégie est très risquée en cas de retournement haussier du marché : en effet, le cours du titre sous-jacent a la capacité de hausser théoriquement à l'infini et si l'on ajoute l'effet de levier les pertes peuvent être abyssales.

 

L’arbitrage consiste à exploiter des écarts de prix injustifiés, par exemple en achetant des obligations convertibles supposées sous-évaluées tout en vendant à découvert l'action sous-jacente. On peut également profiter de l'écart des prix d'un même titre ou d'une même devise (cf spéculation sur le Yen dont la correction a perturbé les marchés asiatiques peu avant la crise des subprime) sur deux marchés différents.

 

Le leverage ou recherche de l’effet de levier  consiste à emprunter pour augmenter la taille effective du portefeuille (constitué au départ seulement des fonds apportés par les investisseurs).

 

Le recours aux produits dérivés : options, futures ou contrats de gré à gré est fréquent, soit dans un but spéculatif, soit au contraire pour couvrir le portefeuille.

 

Des fonds rachètent à bas prix des créances sur des pays du tiers-monde, puis engagent des actions en justice afin de permettre la saisie de matières premières ou d'autres valeurs appartenant à ces pays, si ceux-ci ne respectent pas leurs obligations de paiement.

 

 

Quelques échos dans la presse occidentale

 

 

 

Leur nom ? Hedge funds. Leur surnom ? « Fonds pourris ». Leur boulot ? Amasser le maximum de profits dans un minimum de temps, en prenant un maximum de risques sur les marchés financiers. Leurs caractéristiques ? Le manque de transparence et le brassage de coquettes sommes, au moins 2 000 milliards d'euros dans le monde.

L'Union européenne a décidé, hier, d'engager l'encadrement de ces fonds hautement spéculatifs, accusés d'avoir accéléré la crise financière. Non sans peine. Le nouveau gouvernement britannique du conservateur David Cameron a freiné des quatre fers : la City, le quartier londonien de la finance, héberge au moins 70 % des fonds spéculatifs intervenant en Europe. Ouest France

 

Quoi qu’en pensent les défenseurs du libéralisme, le fait que les hedge funds n’étaient pas règlementés est une des causes de la débâcle que nous avons connue : ils étaient les principaux acheteurs des produits « toxiques » et autres modes de titrisation. Leur volatilité, l’absence de transparence, et l’utilisation  sur une grande échelle des positions à découvert ont clairement rendu la crise, dont ils ne sont pas directement coupables, plus grave qu’elle ne méritait d’être. Georges Ugeux, banquier d’affaire. Finance-blog

 

 

Il est impossible d’estimer précisément le nombre de Hedge funds qui ont fait faillite à travers le monde depuis 2008. Certaines estimations avancent 10 000 liquidations, d’autres 15 000, d’autres 20 000 … La réalité est qu’en l’absence d’instance de contrôle et de régulation de ces fonds spéculatifs à l’échelle mondiale, personne n’en sait rien.

L’intérêt pour le système financier est qu’une partie des pertes subies par les Hedges fund l’a été sur des fonds à l’origine douteuse. Avec l’argent sale, les pertes sont comme les gains : inavouables ! Donc invisibles ! Simplement, il y a quelques « investisseurs » dont la faillite a entraîné un tragique « accident », une malencontreuse noyade … ou deux balles dans la tête, tout aussi « accidentelles »! Le Post.fr

 

Certains avaient prédit, avec la crise, la mort des hedge funds, ces fonds spéculatifs adeptes des stratégies d'investissement souvent agressives et audacieuses, avec un recours massif à l'endettement. De fait, la tempête financière a entraîné la faillite de près d'un quart d'entre eux. Ils étaient plus de 10 000 en 2007 et seraient aujourd'hui moins de 8 000, avec des actifs sous gestion qui ont fondu de 2 300 milliards de dollars à 1 200 milliards. Et l'affaire Madoff, ce gérant de hedge funds accusé d'une fraude de 50 milliards de dollars (38,9 milliards d'euros), a mis à mal leur réputation. Il n'empêche. Malgré le chaos observé sur les marchés financiers, malgré le krach boursier, une poignée de hedge funds (10 % environ) a réussi à dégager des performances spectaculaires. Le Monde.fr

 

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