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Publié par Saoudi Abdelaziz

On connaît le rôle du hedge fund, ce fonds spéculatif né à la fin des années 90, au sommet de la vague ultralibérale - proposant une gestion alternative « garantissant » des rendements élevés aux investisseurs-, dans l’amplification de la crise financière de 2008.

 

Un Hedge fund de La City de Londres nous envoie Kamel Benkoussa, un de ses Partners pour vendre aux Algériens l’idée du Fonds souverain. Il choisit la tribune d’El Watan, dèjà favorable à cette idée (http://www.elwatan.com/). L’argument de vente du trader : « L’Algérie devrait profiter de la crise pour s’industrialiser ». Il s’agit pour cela de mobiliser des « réserves quasi oisives dont le rendement réel est négatif ».

 

On sait que l’activité principale des fonds d’investissement est le rachat des entreprises en difficultés. On les assainit et les revend ensuite. Le rôle du Fonds souverain serait alors d’acheter sur le marché boursier, de par le monde, des entreprises industrielles intéressantes et ensuite de mettre à notre profit leurs possibilités, pour le compte de notre pays.

 

Une sorte d’industrialisation de l’Algérie par le loin, par transmission de savoir-faire, car il sera difficile de déménager les usines vers le bled. Des milliards de dollars seront injectés dans le circuit des bourses occidentales ou autres, alimentant en liquidités un système en manque.

 

On sait que des sociétés occidentales de haute technologie sont disponibles au rachat. Benkoussa s’étonne : « Je peux admettre que la mémoire d’une Algérie en cessation de paiement puisse complètement inhiber l’action du gouvernement en matière de gestion des réserves de changes du pays, mais je n’arrive pas à comprendre l’interdiction imposée aux entreprises privées algériennes d’aller à l’assaut de ces rares opportunités d’investissement à l’étranger ».

 

On sait que les banquiers et financiers algériens et notre système dans son ensemble ne sont (heureusement) pas vraiment plongés dans les mécanismes ultralibéraux concrets de la spéculation financière internationale. Le financier londonien n’a donc pas tort lorsqu’il affirme à propos de la création d’un fonds souverain : « l’Algérie devrait se doter d’un fonds souverain, mais sans une véritable stratégie économique dans laquelle la création de ce fonds serait inscrite, je crois que cela ne serait qu’un échec de plus. ».

 

On comprend dès lors que la création du fonds souverain est d’abord pour lui une question politique. Il faut en effet lever les obstacles politiques à l’insertion algérienne dans le système financier international ultralibéral : « Nous devons opérer un virage à 180 degrés dans l’organisation de notre société, avec une réforme institutionnelle profonde, notamment de la gouvernance ».

 

S. A.

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