Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La chronique du Condjador (42)

 

 

C’est la fête à Boughdir, mechta de Jijel, ce matin du matin 28 mars, à  8h30. Les habitants de cette localité ont fermé la route à la circulation des véhicules.

 

 

Ils sont venus, ils sont tous là. Le chef de la daïra, le président de l’Apc et son adjoint, le bureau technique, les gendarmes de Jijel et ceux d’El Ouana, avec, à la fin de la protestation, un député originaire de cette localité.

 

 

Ils sont venus nous parler et ils sont succédés pour parler, parler, et nous faire la leçon.

 

 

Des paroles vides, car leur problème est simple : ils sont dépassés par le nombre de demandes de raccordement au réseau d’eau potable. La bâche construite en 2003 ne peut plus satisfaire les besoins.

 

 

On leur a proposé un dialogue à deux sens entre les citoyens autochtones et les services techniques. Mais ils veulent penser pour nous, ils savent mieux que nous ce qui est bon et ce qui est mauvais. Ils nous parlent comme s‘ils accordaient une faveur. C’est nous les fautifs.

 

 

Il y avait parmi eux, un personnage dont je ne savais pas le rang, mais qui avait l’air d’être leur grand manitou. Je lui ai demandé de se présenter pour savoir à qui on avait affaire. Il n’avait pas le temps de me répondre, tout occupé à se concentrer sur le baratin qu’il adressait aux « gens simples » présents. Ces gens simples ont alors crié, à haute voix, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, leur appartenance à la tribu des Béni Affer. C’est à dire qu’ils ne sont pas nés de la dernière pluie.

 

 

J’ai su deux minutes après que c’était le chef de la daïra. Alors, j’ai divulgué à haute voix au milieu des voisins en colère les vrais faits de son incompétence, et les racines profondes de cette situation. Pourquoi des milliards sont partis en l’air dans du bricolage. Comment le réseau qu’ils ont installé n’a jamais fonctionné, sauf  une seule fois pour que l’entreprise qui l’a réalisé encaisse son argent. Silence total.

 

 

A la fin, cinq participants de cette assemblée, parmi les plus actifs, ont été rassemblés à l’écart par un officier de la gendarme. Il m’a fait remarqué que mes paroles « faisaient mal au cœur ». Il n’a pas précisé de quel cœur s’il s’agit, mais j’ai compris que sa sympathie allait au chef de daïra. 

 

 

Il nous a lancé une sorte d’avertissement sur les risques de dérive de cette situation, avec des considérations philosophiques visant à toucher la fibre humaine. Merabet ou bouliss… Mais au fond peut-être ne cherchait-il que des noms à mettre dans son compte-rendu de l’évènement de la matinée ?

 

 

Le problème central de cet évènement, comme disent les anciens de la localité, est vieux comme le monde : « C’est l’homme blanc et l’homme noir » ou « Le puissant qui a la main plus longue que son adversaire ».

 

 

A mon avis, souvent ça vient du cumul des rancunes et de l’absence de communication. La preuve c’est qu’après un débat avec tous les concernés, on est arrivé à une solution qui arrange tout le monde.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article