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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

                                                                                                                                                          HARRAGAS_regards3

Il y a 5 ans, le pouvoir algérien se pliait aux injonctions occidentales. Après la Libye de Kadhafi, l'Algérie acceptait de devenir un des limes protégeant l'Occident de l'invasion africaine. En échange de quoi? Le pauvre Kadhafi a eu la récompense que l'on sait...A la rentrée parlementaire de l'automne 2008, l'APN votait donc une loi criminalisant la harga. A l'époque, Philippe Bernard avait analysé dans le journal Le Monde cette loi jugée peu honorable. Actualité oblige, Je remets en ligne cette article que le blog avait publié en septembre 2011

 

 

 

En Algérie, les émigrants clandestins seront passibles de prison

 

 

Par Philippe Bernard, 3 septembre 2008. Le Monde.

 

 

On connaissait l'immigration clandestine, c'est-à-dire l'entrée irrégulière dans un pays étranger. Voici l'émigration illégale, autrement dit l'interdiction de quitter son propre pays sous peine de sanction pénale.

 

Jusqu'à présent, la loi ne permettait pas de réprimer ces départs. Le nouveau texte va l'autoriser, au prix d'une entorse à un principe fondamental des droits de l'homme. La déclaration universelle de 1948 dispose en effet que "toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays". La liberté de quitter son pays a longtemps été ardemment défendue par les pays occidentaux lorsqu'elle était bafouée par l'URSS et ses satellites. Aujourd'hui, seuls des pays comme la Corée du Nord ou Cuba en font un principe, emprisonnant de fait leurs propres citoyens sur leur territoire. Mais le temps où les pays de l'Ouest se faisaient un honneur d'accueillir les fugitifs ayant réussi à franchir le rideau de fer est bien terminé. Le principe ne vaut pas pour les ressortissants du Sud.

 

Les pressions exercées par l'Union européenne sur les pays africains pour contrôler les flux migratoires ont remis au goût du jour la pénalisation des départs. Le Maroc, particulièrement coopératif avec l'UE, a adopté en 2003 une loi réprimant sévèrement l'émigration irrégulière. La Tunisie s'est aussi lancée dans la chasse aux "brûleurs", l'équivalent des "harragas". Le Sénégal se targue d'interpeller les candidats à l'émigration qui tentent de rejoindre les Canaries.

 

Cette politique est considérée par les pays de départ comme une monnaie d'échange pour obtenir des aides ou faire pression sur des négociations commerciales. Ainsi, l'accord sur le règlement du contentieux colonial italo-libyen récemment paraphé par MM. Kadhafi et Berlusconi prévoit-il notamment, en échange de la construction d'une autoroute, une participation libyenne aux patrouilles de surveillance en Méditerranée.

 

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