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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Chaque mois, les informations, dont notre blog se fait l’écho, s’accumulent, dessinant ce qui ressemble à un désastre archéologique, unique sur le pourtour méditerranéen. Un chiffre concentre le retard : 20 chercheurs à travailler au Centre national de recherche archéologique pour un pays de 2 millions de km2 !

 

Présentant un projet portant sur « Les sources de l’histoire ancienne et médiévale de l’Algérie » une équipe de chercheurs du Crasc dirigée par Nacera Benseddik, écrivait déjà en 2008 :

 

Une rencontre au musée national de Cirta à Constantine remet le sujet à l’ordre du jour. Compte-rendu par l’APS, dont une dépêche relatait en août dernier le laisser-aller au Tassili, pourtant haut lieu de l’archéologie touristique.

 

 

 

 

L’Algérie doit se doter d’une agence d’archéologie préventive




L’Algérie, qui possède un patrimoine archéologique des plus riches, "a tout intérêt à se doter d’une grande agence d’archéologie préventive", a estimé à Constantine le Pr. Alain Schnapp, professeur d’archéologie à l’université Paris-I (France).

Animant jeudi soir, aux côtés de Nabila Oulebsir de l’université de Poitiers (France), une rencontre sur l’archéologie au musée national Cirta de Constantine, ce chercheur, auteur de nombreuses publications dans le domaine de l’archéologie et de l’histoire, a débordé du sujet de sa conférence intitulée "Les ruines, la mémoire et la conception du passé, une analyse comparative", pour parler du volet de l’archéologie préventive.

Celle-ci, dont la vocation est de préserver, au moyen de fouilles dites de sauvetage, le patrimoine archéologique menacé par les travaux d’aménage, revêt "une très grande importance dans la sauvegarde du patrimoine", selon le Pr. Schnapp qui a regretté qu’aucun des pays musulmans du bassin méditerranéen y compris la Turquie, ne se soit doté de structures en la matière, malgré la richesse de leur patrimoine archéologique, a-t-il ajouté.

"Dans un pays comme la France qui ne figure pas parmi les mieux organisés au monde, ils sont 2.000 techniciens-chercheurs à travailler dans l’archéologie préventive, tandis qu’au Japon ils sont 6.000 et en Angleterre 4.000", dira-t-il, relevant que ce volet devrait être intégré dans les études d’impact des chantiers et son financement inclus dans le budget des projets.

Abondant dans le même sens, Sabah Ferdi, du Centre national de rechercher en archéologie (CNRA), a rapporté que les chercheurs de ce centre passent une bonne partie de leur temps à sillonner le pays pour faire de l’archéologie de sauvegarde et pour expertiser les découvertes archéologiques fortuites, effectuées au hasard de travaux d’excavation.

"Nous somme à peine 20 chercheurs à travailler au CNRA ce qui est insignifiant pour un pays de 2 millions de km2 et nous passons le plus clair de notre temps à sillonner le territoire national pour expertiser des découvertes archéologiques fortuites, nous faisons cela au détriment de la recherche permanente".

Soulignant à son tour l’importance de l’archéologie préventive Mme Ferdi a relevé que bon nombre de découvertes qui ont bouleversé les données de la stratigraphie, de l’archéologie ont été faites fortuitement et sont partis d’un tesson de céramique, de poterie ou d’un autre objet découvert par hasard et paraissant à première vue banal et insignifiant.

La découverte effectuée dans les années 1990 à Tazoult (ex-Lambèse, près de Batna) figure parmi les cas illustrant l’importance de l’archéologie préventive et rapportés par Mme Ferdi qui expliquera qu’au cours de travaux de creusement d’un puits, il a été découvert un bout de mosaïque qui s’est avérée unique au monde illustrant la légende du Sacrifice manqué de Phrixos et Hellé".

Cette légende existe sous forme de peintures et autres illustrations mais c’est la seule illustration au monde qui existe sous forme de mosaïque et elle a été découverte fortuitement à Lambèse.


APS, 14 octobre 2012

« Chaque jour, des pans entiers du patrimoine archéologique disparaissent, qui causent des dégâts irréparables à notre mémoire collective. Des milliers de vestiges archéologiques sont menacés de disparition par la croissance démographique, une urbanisation anarchique, les grands travaux (Autoroute Est-Ouest, voies ferrées Batna-M’sila, Constantine-Jijel, nouvelles villes, par exemple), l’exploitation du sous-sol, la mécanisation de l’agriculture, la pollution atmosphérique, le vandalisme et le pillage. Le seul pouvoir, et le devoir du chercheur, face à un désastre annoncé, est de répertorier le plus vite possible ces archives du sol en sursis, puis les analyser et les mettre à la disposition de la communauté scientifique par la publication. »

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