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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Ce matin, El Watan, reprenant le site de l'éradicateur Algérie Patriotique, fait sa une avec un "nouveau scandale", livré sans doute par le DRS. Cela concerne l'utilisation de la manne publicitaire de l'ANEP en faveur de "trois petites publications aux tirages insignifiants" précise curieusement le journaliste Omar Berbiche, qui ajoute plus loin: " La gestion (politique) de la manne publicitaire étatique a été utilisée depuis l’avènement de la presse indépendante comme un moyen d’influence et de contrôle sur la ligne éditoriale des titres". Des titres aux tirage insignifiants, mais les autres? En décodant, on comprend la chose suivante: ce n'est plus par la publicité publique que le système ancre à lui la presse indépendante, car chaque matin, parfois sur plus de la moitié des pages, les journaux sont abondamment fournis en pub offerte par les gros concessionnaires et autre consortiums privés.

 

L'opération de ce matin semble avoir pour but de limiter l'impact désastreux de l'éviction du colonel Fawzi, sur l'image du DRS. En polarisant l'attention sur l'Anep, elle compte aussi détourner l'attention de l'influence, autrement plus décisive, exercée à travers des canaux plus directs sur les rédactions, par le DRS, la présidence et les différents clans du système.

 

A côté de ce (tout) petit scandale, pour savoir ce qui se dit dans la presse algérienne, c'est plus commode de se connecter directement sur le site de l'APS, car cette agence (officielle) est le principal aliment des quotidiens. Le travail des rédactions consiste à réécrire les dépêches de l'APS. Les plus appréciées sont celles qui reprennent les chiffres publiés par de l'institut national de la statistique, avec une prédilection pour les évolutions en dents de scie des importations et exportations. A côté d'autres joyeusetés, les rédactions bénéficient actuellement du feuilleton de la 3G, qui n'est pas prêt de connaître un épilogue, sachant les qualités scénaristiques du ministre Benamadi prouvées dans l'affaire de l'usine Renault. Ou bien, c'est Ould Kablia, qui va au charbon sur les sujets rentables de l'import-export, avec des arrières pensées que les journaux font semblant d'ignorer : Haschich marocain, carburants algériens. C'est bon à prendre, car curieusement le prix des légumes refuse de s'envoler depuis le début du ramadhan. Le Premier ministre est aussi un bon pourvoyeur d'annonces pour temps de pénurie.

 

Du journaliste géostationnaire en somme. Les quotidiens commentent ce qu'on leur donne, illustrent et mettent leur grain de sel. Même les "sources" qui alimentaient les journalistes accrédités au DRS, ou à la Présidence sont muettes depuis de longues semaines. Comme si après les excès de mai et juin, les clans calmaient le jeu et ne s'affrontaient plus que sur les marges, comme avec le petit scoop publié ce matin -en deuxième main- par El Watan.

 

Des restrictions budgétaires empêchent-elles les quotidiens abreuvés de pub privée d'envoyer leurs reporters enquêter pour trouver l'information originale qui "crée l'évènement"?  

 

 

Saoudi Abdelaziz, 25 juillet 2013

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