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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Par Mathilde Damgé

 

 

C'était une promesse de campagne et elle n'engage que ceux qui veulent bien y croire : la hausse du salaire minimum américain n'a pas encore vu le jour. Pourtant l'un des plus bas des pays industrialisés, il devait être revalorisé d'environ 30 % si l'on écoutait le candidat Barack Obama en 2008. A 7,25 dollars de l'heure en 2009, il était censé passer à 9,50 dollars en 2011 (à la fin de son mandat) s'il était réévalué à l'aune de l'inflation, comme promis.

 

Or il semblerait que, sans tout remettre sur le dos du Vieux continent, la généreuse mesure soit elle remise aux calendes grecques. Car le chômage stagnait encore à 8,2 % en juin tandis que les embauches se débinaient et que le FMI voyait la croissance ne pas décoller des 2 % sur l'année.

 

Et, paramètre hérétique pour les courageux fonctionnaires qui tiennent les cordons de la bourse outre-Atlantique, une revalorisation du salaire minium pèserait sur un budget déjà largement dans le rouge.

 

Du coup, il n'y a eu aucune augmentation du salaire minimum américain en quatre ans, mais surtout, s'il y a eu débat dans de nombreux Etats (à l'échelle desquels est fixé un salaire minimum égal ou supérieur à 7,25 dollars)... la majorité démocrate au Congrès a soigneusement évité la question, et Barack Obama n'a fait aucune proposition.

 

Dommage... estime la journaliste de MSNBC, Rachel Maddow, qui explique que les candidats de cette élection devraient se pencher davantage sur le rapport coût-bénéfice d'une telle mesure. Ce "populisme économique" décrié par les Républicains serait en effet redoutablement efficace, électoralement parlant. Elle utilise l'exemple du Missouri en 2006 (à 2'50).

 

Autre argument : le soutien à la consommation. Une étude de la Réserve fédérale de Chicago a ainsi constaté en 2011 que, pour chaque dollar ajouté à son taux horaire, le "smicard" américain dépense 2 800 dollars de plus au cours de l'année. A bulletin de vote constant, de quoi faire la différence dans l'esprit des représentants du peuple.

 

Problème : si le tarif horaire pour travailler dans les chaînes de fast-food et aux caisses de supermarché n'a aujourd'hui pas bougé d'un penny, l'inflation, elle, n'a pas faibli. A la vérité, si le salaire minimum avait évolué en suivant harmonieusement l'inflation depuis 1968, il serait aujourd'hui de 10,57 dollars.

 

Qui dit hausse des prix et stagnation du salaire, dit perte de pouvoir d'achat. Et ce problème concerne 30 millions de votants, traditionnellement tournés vers les démocrates... mais l'on sait aussi qu'en dépit de la popularité d'un gouvernant porté aux nues un mandat plus tôt, souvent fan varie.

 

Mathilde Damgé, 30 juillet 2012. Economieamericaine.blog.lemonde.fr

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