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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le 30 mars 2013, au stade du 5-Juillet, devant la foule des grands jours de match de coupe, une gigantesque banderole au nom du “peuple du Mouloudia” “priait” le président Bouteflika de briguer un quatrième mandat. Le match (avec banderole) était bien entendu retransmis en direct à la télévision publique...  Photo DR

Voici un article paru le lendemain dans notre blog

Présidentielles 2014 : théâtre d’ombres

El Kadi Ihsan, sagace analyste des dessous du régime écrivait en novembre 2012 : « L’aspiration du président Bouteflika à un 4e mandat, si elle se révèle au grand jour début 2013, promet une année dévastatrice sur le front des « affaires ». Pire qu’en 1998, lorsqu’une série de « révélations » de presse avaient laminé le clan Zeroual-Betchine et débouché sur la démission du premier. »

Des « scandales » actionnés par les clans concurrents secouent actuellement le pays, confirmant la prévision du journaliste qui est cependant dubitatif quand à la volonté des clans d’aller jusqu’au bout de leurs affrontement. Citant un ancien premier ministre il note en conclusion de son article de novembre : « Il n’y a pas que Abdelaziz Bouteflika qui se sent insécurisé par l’après avril 2014. C’est en cela qu’un nouveau compromis de la «sécurité »-Présidence-institution militaire n’est pas du tout à exclure au bout de plusieurs mois de bras de force. « Les années 90 continuent de paralyser l’avenir politique de l’Algérie » conclut l’ancien premier ministre. »

Il y a quelques jours, un proche du chef de l’Etat diffusait anonymement les états d’âme pleins d’hésitations du président. Et, somme toute, pleins d’humilité.

Hier changement de ton. On peut lire dans Liberté ce qui s’est passé hier au stade du 5 juillet :  Le déploiement au milieu du terrain, d’une gigantesque banderole au nom du “peuple du Mouloudia” pour “prier” le président Bouteflika de briguer un quatrième mandat. « Le match étant retransmis en direct, les caméras de l’Unique étaient braquées sur la banderole pour immortaliser ce moment historique. » précise le journal qui commente l’évènement :

« En lançant le débat sur la place publique, au sujet d’un quatrième mandat, l’équipe du président Bouteflika voudrait anticiper la réaction de la rue, avant le dépôt du projet de révision constitutionnelle, mais aussi plomber tous les prétendants sérieux à la magistrature suprême. Piégée, la classe politique semble se complaire dans ce vide et ce flou entretenus par le président Bouteflika ».

Cette démonstration « d’affection populaire » coïncide avec l’annonce ce matin que L’appartement algérois de Chakib Khelil a été mis sous scellé par le DRS, selon des informations de Maghreb Emergent.

Du côté de l’establishment politique, c’est le wait and see, à l’exception de quelques ousiders. Sofiane Djilali président du parti Jil Jadid, Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement, et candidat déclaré à la présidence, Mohamed Mechati, figure historique de la guerre de libération nationale tiennent meeting contre le quatrième mandat. El Watan y va fort en annonçant sur huit colonnes à la une : « Un front pour faire barrage à un 4ème mandat de Bouteflika »

Reste évidemment la grande inconnue : le peuple algérien restera-t-il cantonné, comme depuis la sortie de la paralysante décennie noire, dans un rôle de spectateur face à ces guerres de succession cantonnées à l’intérieur du régime et de ses dépendances?

 Le climat a changé selon Abed Charef qui concluait ainsi son analyse sur ce thème dans la Nation, mercredi dernier : « D’un autre côté, le climat politique et psychologique actuel, en Algérie, ne permet pas au président Bouteflika de briguer un quatrième mandat. Il y a trop de cadavres dans les placards, trop de casseroles, pour envisager de maintenir M. Bouteflika au pouvoir dans les circonstances actuelles. Ce serait ressenti comme une provocation, un affront, face à une population écrasée, mais jamais résignée. Il y a trop de risques. Et M. Bouteflika en saisit pleinement le poids. Ce qui l’oblige à envisager un départ. Sauf si le peuple réclame son maintien, par de grandioses manifestations spontanées, une grande spécialité algérienne ».

 Regardant aussi du côté des citoyens ordinaires, Antar Daoud s’interroge ce matin : « Alors, mis à part deux cents clients, mille nostalgies et deux cents mille tarifés, qui veut que Bouteflika reste ? Première réponse : la peur. Les gens ont peur, alors ils se serrent autour de Bouteflika. Jusqu'à ce qu'il meure. Le peuple a peur du peuple, grande énigme de l'Algérie que les autres pays n'arrivent pas à comprendre comme ressort psychologique fondamental. Ensuite, il y a des gens qui n'hésitent pas devant le paradoxe : ils détestent le système, mais n'ont rien contre Bouteflika. Le lien entre les deux n'est pas visible à leur yeux et il n'y pas de lien entre la cause et l'effet. Ces gens ne se disent pas qu'en reconduisant Bouteflika, le système se reconduit. Ils ne voient pas de lien entre leurs misères et colères et le manque de démocratie. Les Présidents algériens ont cet étrange avantage d'être perçu comme étant eux-mêmes victime du Système, du Frère, du Cercle, de l'Entourage, des « Services » ou de l'Armée. Et le peuple aime à être du côté des victimes ».

Synthèse blog, 31 mars 2013

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