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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Saoudi Abdelaziz, 19 novembre 2011

 Abed Charef écrivait il y a quelques jours dans La Nation : « C’est donc vers la guerre des clans qu’il faut se retourner pour trouver une explication à ces révélations selon lesquelles M. Amar Ghoul aurait touché des commissions dans le contrat sur l’autoroute Est-Ouest, alors que M. Abdelaziz Belkhadem, patron du premier parti du pays, ancien premier ministre, considéré comme proche du président Abdelaziz Bouteflika, serait intervenu pour qu’un contrat soit accordé à une entreprise qui n’aurait pas dû l’obtenir. M. Ghoul a affiché son ambition pour la présidentielle de 2014 ».

 Le quotidien Djazaïr News « sort » avant hier un entretien enregistré « à l’insu de M. Ghoul », repris dans Maghreb Emergent et qui semble conforter  cette grille d’analyse. A moins que M. Ghoul, acculé dans ses derniers retranchement, ne se soit inspiré de la grille de Abed Charef pour élaborer une ligne offensive de défense : « Pour comprendre le pourquoi de tout cela, et le moment qu'ils ont choisi pour s'en prendre à moi, c'est qu'ils ont déjà cassé Belkhadem et Ouyahia. Il leur reste Ghoul qu'ils doivent casser ».

 A propos du contrat pour la réalisation de 1.000 kilomètres d’autoroute, avec 12 milliards de dollars à la clé, il révèle : « Je peux te dire que ni les Français et encore moins les Américains n'ont pu avaler d’avoir perdu le marché ». Les ennemis intérieurs de M. Ghoul ont donc des fils à la patte : « Parmi les soumissionnaires, il y avait l'américain Bechtel, dont l'actionnaire n'est autre que l'ex-vice-président Dick Chenney. L'échec de Bechtel n'est autre que l'échec de George Walker Bush lui-même. Idem pour le groupe français Vinci, dont les dirigeants sont connus pour être proches » de l’ancien président Nicolas Sarkozy, ajoute M. Ghoul. « Je peux même te dire que les Américains et les Français ne l'ont pas supporté », dit-il, ajoutant que « la France avait considéré à l'époque qu'elle « méritait » le projet du fait de sa présence historique dans la région ». Quant aux Américains, « ils voulaient prendre le projet de force, l'ambassadeur ne quittait pas le siège de mon ministère au début du projet».

 Un "anti-impérialisme" bon teint qui ne déplairait pas à Mme Hanoune. Mais, va savoir… 

 Les guerres de clans, dans la perspective des élections présidentielles de 2014 pourraient contribuer « malgré elles et à leur insu », à la mise à nu des racines profondes communes de la corruption. Elle est possible, de manière systémique, lorsque les choix touchant aux marchés publics restent cantonnés dans le cercle restreint des coupoles, mettant à l’écart l’intervention des citoyens sur les choix nationaux.

 Il faut travailler à la convergence ouverte entre la presse d’investigation, le mouvement associatif citoyen, les forces politiques patriotiques, les cadres honnêtes de l’Etat, ceux des institutions de contrôle de l’utilisation des deniers publics. Les conditions peuvent être réunies pour que la lutte contre la corruption sorte du terrain des « dossiers » fabriqués par les clans les uns contre les autres. Ce sera sans doute la ligne de clivage principale dans la prochaine période.

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