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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’article de Allia A. dans Liberté.Com en date du 29 octobre apporte des précisions sur la grève et la manifestation des travailleurs de Batimetal et sur la repression policière et judiciaire qu’ils ont subie (voir nos articles précédents).

 

 

Un sit-in des travailleurs de Bâtimetal réprimé à Annaba

 

8 manifestants blessés et 15 autres arrêtés par les gendarmes

 

 

Les éléments du Groupe d’intervention rapide (GIR) de la Gendarmerie nationale ont mis fin de manière brutale au sit-in qu’avaient observé les travailleurs de l’entreprise publique Bâtimetal sur la route menant de Sidi-Amar à Hjar-Eddis, jeudi matin.

Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants, qui bloquaient la circulation automobile sur cet axe routier pour attirer l’attention des autorités locales sur leur situation professionnelle.
Ces heurts ont eu lieu à la mi-journée et se sont soldés par l’arrestation de 15 manifestants, dont trois syndicalistes et ont occasionné des blessures plus ou moins graves à 8 autres, qui ont été admis aux urgences du CHU Ibn-Rochd d’Annaba, apprend-on de sources sécuritaires.
Ces dernières indiquent, par ailleurs, que les personnes interpellées ont été immédiatement relâchées après avoir été auditionnées par les gendarmes de la brigade d’Aïn Berda. Des témoins rapportent que l’intervention des forces de l’ordre a été plutôt musclée et que les éléments du GIR mobilisés lors de l’opération étaient très nombreux (une vingtaine de camions anti-émeutes, selon certains) et qu’ils n’avaient pas fait de quartiers, bastonnant les manifestants et leur lançant des grenades lacrymogènes, ce qui expliquerait le nombre élevé de blessés.
Les travailleurs de l’entreprise Bâtimetal, une filiale du groupe Transolb, qui sont en grève depuis le 19 octobre dernier, entendaient exiger de leur direction la régularisation d’un certains nombre de problèmes d’ordre socioprofessionnel, et notamment le bénéfice de contrats à durée indéterminée. Selon leurs représentants, ils demanderaient à la tutelle de dépêcher une commission d'enquête pour s’enquérir de la situation qui prévaut au sein des unités de Bâtimetal (Annaba, Skikda, Tébessa), depuis la privatisation de l’entreprise, en 2008.
Les protestataires évoquent tout particulièrement le recours dans des conditions plus que douteuses selon eux à la sous-traitance. Un syndicaliste rappelle que suite à l'échec d’une première séance des négociations, tenues à la base de Bargouga/Hjar-Eddis, que les travailleurs ont décidé d’observer leur mouvement de grève illimitée.
Qualifiant d’illégal l’arrêt de travail des salariés, le groupe Transolb a déposé une plainte en référé devant le tribunal d'El-Hadjar, à l'encontre de trois syndicalistes accusés de provocation de troubles. Ceux-ci n’ont pu se présenter devant le parquet parce qu’ils devaient répondre entre-temps à une convocation de la fédération Fntmmee, à Alger, où ils devaient assister à une deuxième séance de négociations, qui était prévue au siège de la direction générale à Oued-Smar, qui s'est soldée également par un échec, explique-t-on encore. Devant l’échec des négociations d'Alger, les 600 salariés regroupés en assemblée générale, le 24 octobre courant, ont voté à l'unanimité et à main levée, la poursuite du mouvement de grève, et ce, jusqu'à satisfaction de toutes leurs revendications.
Signalons enfin que les syndicalistes du site d’ArcelorMittal, qui ont encadré le mouvement social de Bâtimetal depuis sa naissance, ont adressé un communiqué à la Fntmmee et ont rendu publique une déclaration signée par Smaïl Kouadria en sa qualité de membre de la CEF de ladite fédération, pour dénoncer les dépassements observés et les méthodes “d’un autre âge” utilisées par la direction de leur entreprise en réponse aux attentes légitimes de centaines de pères de famille.
Ils accusent, en outre, les responsables de l’entreprise d’avoir rompu le cours du dialogue social en promettant qu’ils feront tout ce qui est possible de leur côté
pour que les revendications des travailleurs de Bâtimetal aboutissent.

A. Allia. 29 octobre 2011. Liberté.com.

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