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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Un rapport de la Banque mondial réalisé l’été dernier par des chercheur Algériens donnait une idée de l’ampleur de la précarité de l’emploi dans le secteur privé, avec notamment la généralisation des contrats à durée déterminée. Pour créer un climat favorable à cette honteuse politique salariale, le patronat empêche les travailleurs de s’organiser en sections syndicales. L’exemple est donné d’en haut par les puissants conglomérats, comme celui de M. Rebrab, « capitaine d’industrie » récemment mis à l’honneur par une biographie louangeuse tressée par Tayeb Hafsi, un professeur d’économie politique à Montréal?  Le patronat profite de la faiblesse du corps des inspecteurs du travail, dont l’impuissance ne semble pas gêner le gouvernement. Maghreb Emergent met les pieds dans le plat.

 

 

 

 La grève de CEVITAL révèle la précarité du droit syndical chez le privé

 

 

 

Le premier groupe privé algérien, Cevital, n’a pas de représentation syndicale sur son premier site de production à Bejaïa. Plus de 20 ans après l’instauration du multi-syndicalisme, accompagné d’une activité intense des syndicats autonomes, le secteur privé reste largement fermé à ce droit que la loi accorde à l’ensemble des travailleurs. La dernière tripartite a pointé cet archaïsme social. Peu de patrons sont à l’aise pour en parler. Quelques uns ont accepté.

 

 

La grève générale, du 19 janvier dernier, dans les usines de Bejaïa du Groupe de Cevital, a eu pour objet des revendications salariales mais également, à la surprise de l’opinion nationale, la revendication de l’exerce du droit syndical. Ce conflit de travail qui a frappé le premier site de production du premier groupe privé algérien a été l’occasion de mesurer, l’immense retard de la syndicalisation en contexte d’entreprises privées en Algérie.

 

De plus en plus de tensions internes à ses entreprises, ont pour revendication première l’instauration d’un syndicat au même titre que les revendications traditionnelles de la hausse des salaires et de l’amélioration des conditions de travail. L’absence d’activité syndicale touche des grands acteurs de l’agro-alimentaire, de la boisson, de la distribution automobile, de la téléphonie mobile, des matériaux de construction et de l’électronique grand public.

 

C’est déjà au sein du groupe Cevital – prime au leader - qu’en mai 2011, l’opinion était alertée sur les contraintes que subit l’exercice du droit syndical au sein du secteur privé. Une grève de plusieurs jours avait été observée par les travailleurs du concessionnaire automobile, Hyundai Motor Algérie (HMA), filiale du Groupe Cevital. Au chapitre revendications, des hausses de salaires, la participation au bénéfice de l’entrepris, la médecine du travail, mais également, et tout autant, la mise à disposition des représentants des travailleurs d’un bureau pour l’exercice de leur droit syndical. Portée devant la justice, le syndicat de HMA a été débouté pour « grève illégale » mais le mouvement a permis une avancée du droit syndical. Selon les syndicalistes de l’entreprise, un local leur a été attribué pour les réunions des représentants des différents délégués des travailleurs, et une « convention a été signée avec une clinique » pour assurer la revendication de médecine du travail. D’autres revendications, de revenus notamment, demeurent pendantes, mais le dialogue social a fini par se mettre en place avec l’émergence d’un partenaire syndical chez Hyundai Algérie. Beaucoup trop de grands employeurs privés en sont toujours à la traque de toutes velléités de syndicalisation de leur collectif des travailleurs. (...)

 

 

 

Abdelkader Zahar, 6 février 2012. Texte intégral : Maghrebemergent.com

 

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