Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Par Saoudi Abdelaziz, 15 août 2011

El Watan a réussi à faire parler un spécialiste militaire des questions de terrorisme. Benameur Bendjana, « l’ancien patron du secteur militaire d’Alger »  se réfère aux années 90 : « Nous vivons le même scénario aujourd’hui. Aujourd’hui, les terroristes n’ont plus besoin de descendre en ville pour s’approvisionner. Ils ont tout dans les montagnes : l’eau, la nourriture, les grottes, les arbres, etc. ». La Kabylie serait donc selon M. Bendjana de nouveau un fief terroriste.

Pour étayer cette affirmation péremptoire, il précise que le retrait de la gendarmerie « lors des évènements de 2001, a été pour beaucoup dans l’implantation des terroristes dans cette zone ».

Pour faire bon poids, il ajoute : « Des informations font état d’infiltration d’éléments du groupe salafiste libyen en Algérie pour aider militairement ce qui est appelé Al Qaîda au Maghreb islamique, une organisation qui a internationalisé son champ d’action. Les quantités d’armes et d’explosifs qui circulent en toute impunité à quelques kilomètres de nos frontières font craindre une recrudescence importante de l’activité terroriste ».

En dehors de cette « analyse » d’un ancien responsable militaire, aucune voix officielle ne s’est exprimée jusqu’ici, en particulier de l’Etat-major de l’ANP, chargé de coordonner la lutte anti-terroriste.

La grenade de Bouzeguene

Les seules autres interventions sont celles des « sources policières» anonymes. Ces sources ont permis aux journaux de répercuter largement deux informations, non encore vérifiée par des témoignages indépendants. Ainsi Le Soir d’Algérie rapporte en substance une tentative d’attentat rocambolesque à Bouzeguene, concomitant avec celui de Tizi-Ouzou : Une grenade cachée dans la poche, un suspect est interpelé par les policiers à cause de ses rangers suspects. Il est interrogé, apparemment sans être fouillé, profite de la cohue pour déguerpir, non sans avoir lancé une grenade … non dégoupillée, avant de disparaître dans la nuit. Le journal précise avec étonnement : « Notons que c’est la première fois qu’un terroriste se manifeste dans la ville de Bouzeguene ».

Le Temps d’Algerie donne une autre version toujours « selon une source sécuritaire » : « Un terroriste en civil qui s'y est introduit vers 23 h dans la soirée de samedi a tenté de jeter deux grenades en direction du siège de la sûreté de daïra. Repéré par des policiers en civil, le terroriste, âgé d'une trentaine d'années, a été maîtrisé et arrêté »

 

 

Sur les circonstances de l’attentat kamikase de Tizi-Ouzou, des sources sécuritaires utilisent le site internet Tout sur L’Algérie : « Revenant sur les circonstances de l'attentat, une source sécuritaire qui a requis l'anonymat a expliqué que tout a commencé à minuit. Un citoyen a été délesté de son véhicule de marque Toyota Hilux par des individus armés, sur la route de Béni Douala, à 15 kilomètres au sud de la ville de Tizi-Ouzou. Il a été séquestré jusqu’à l’aube et son véhicule a été conduit vers un endroit, qui demeure inconnu, où il a été chargé d'explosifs. La quantité d’explosifs utilisée n’a pas été précisée.

A 4 h 15, le véhicule arrive en ville, conduit par le kamikaze qui a emprunté la route de l'hôpital. Selon la même source, arrivé près du commissariat, le kamikaze a immobilisé le véhicule à proximité du mur du commissariat. La scène n'a pas échappé aux policiers en faction. Ceux-ci ont tenté de réagir mais en vain. Le kamikaze s’est fait exploser rapidement ».

 

 En dehors de l’ « analyse » d’un ancien responsable militaire, présentant le Kabylie comme un fief terroriste, en dehors sources policières mal « harmonisées» aucune communication officielle ne s’est exprimée jusqu’ici, en particulier de l’Etat-major de l’ANP, chargé récemment de coordonner la lutte anti-terroriste.

Du côté des partis politiques locaux, on peut lire dans Liberté quelques réactions des partis politique. Les réflexes du sénateur, Mohamed Ikherbane restent bien huilés «C’est un lâche attentat qui est à condamner énergiquement. Cet acte veut nous rappeler que l’islamisme politique est toujours actif. Malheureusement, il a pu se régénérer après toutes les compromissions faites par le pouvoir en faveur de l’islamisme ». Le bureau régional de Tizi Ouzou du RND “dénonce avec la plus grande fermeté ce énième acte ignoble », et “rend hommage à l’ensemble des corps de sécurité et à tous les Patriotes”.

Le premier secrétaire fédéral du FFS, Farid Bouaziz, reste prudent : «On ne peut pas exprimer maintenant de réaction à chaud.»

 


 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article